Le Vietnam il y a 150 ans vu par un médecin militaire français

Récemment, de nombreux ouvrages sous forme de compte-rendu personnel ou de récit de voyage d’Occidentaux ayant vécu au Vietnam ont suscité une grande attention auprès des sociétés d’édition.
Le Vietnam il y a 150 ans vu par un médecin militaire français ảnh 1Les versions imprimées du livre "Une campagne au Tonkin" de l’auteur français Hocquard, publié par Dông A Books.

Photo : Vietnamnet/CVN

Hanoi (VNA) - Récemment, de nombreux ouvrages sous forme de compte-rendu personnel ou de récit de voyage d’Occidentaux ayant vécu au Vietnam ont suscité une grande attention auprès des sociétés d’édition. Une campagne au Tonkin, écrit par le français Hocquard fait partie d’un de ces livres et son écho résonne à l’heure actuelle dans la communauté des amoureux de lecture.

Une campagne au Tonkin est un ouvrage publié par la Société par actions de la culture de Dông A Books. Il s’agit d’un compte-rendu personnel du médecin militaire et photographe français Charles-Édouard Hocquard. Fin du XIXe siècle, la France a mené une grande campagne dans le but d'établir un protectorat sur le Tonkin (région septentrionale du Vietnam). Hocquard a vécu deux ans en Indochine (1884-1886) au service de l’expédition française.

Une campagne au Tonkin est apparu pour la première fois en 1881 en France. Il s’agit d’un récit relatant l’aventure de découverte de la région annamite qui restait inconnu pour les Français à cette époque-là. Tout ce parcours a été élaboré de manière détaillée et vivante sous les yeux du médecin militaire Hocquard, qui a joué le rôle à la fois d’observateur, de conteur et d’analyste.

Source d’archives précieuses

Le livre, qui se compose de 23 chapitres, emmène les lecteurs sur tous les chemins de Hanoï, Bac Ninh, Hung Hoa (actuellement Diên Biên, Lai Châu, Lào Cai, Yên Bai, Son La, Hòa Bình, Phú Thọ), Nam Dinh, Tuyên Quang, Lang Son, Dà Nang et Huê.

Doté d’un esprit aventurier, Hocquard a renconré de nombreux habitants de la colonie issus de toutes couches sociales, tels que marchands, travailleurs, mandarins, familles et enfants, et même le roi Dông Khanh. Il a observé les paysages, architectures et gens avec leurs coutumes…, le tout en notant et photographiant. Ses centaines d’images précieuses sur l’homme et les paysages du Tonkin lui ont valu la médaille d’or à l’Exposition universelle d’Anvers en 1885.

Ce grand ouvrage a été traduit en vietnamien par Dinh Khac Phach. Disposant d’une richesse de savoir-vivre et notamment d’expériences d’un guerrier participant à la lutte contre les colons français, ce traducteur nonagénaire, passionné par la culture et l’histoire du pays, a travaillé avec acharnement sur ce livre pendant deux ans. Sa version traduite a été manuscrite d’une façon cohérente et minutieuse sur des dizaines de cahiers.

"L’auteur a effectivement réalisé un travail grandiose. Pendant deux ans, en plus de ses missions en tant que médecin militaire, il a essayé de collecter toutes sortes d’informations et noter ce qu’il observe", a remarqué M. Phach, en ajoutant néanmoins un point limité du livre "Hocquard porte une vision encore superficielle d’un Occidental à l’idéologie coloniale à l’approche d’une culture lointaine comme le Vietnam".

"Ses ressources abondantes de photos m’ont immédiatement impressionnées. Les lieux anciens, les coutumes, les habitants, tout est nouveau pour moi. J’aime aussi la façon de description de l’auteur en parlant de la vie quotidienne des Vietnamiens d’autrefois", a constaté Hoài An, une lectrice venue de Hanoï.

Dông A Books a réalisé quatre versions : version standard, version haute qualité ainsi que deux autres versions limitées. L’ouvrage a été mis en page selon la première version publiée en 1892 avec 230 gravures dont 200 sur bois ainsi que quatre cartes. En particulier, Dông A Books a ajouté deux gravures, avec une annexe de 45 photos prises par l’auteur, qui n’apparaissent pas dans l’original, pour que les lecteurs puissent avoir une vision complète sur le Vietnam à l’époque de l’Indochine française. -CVN/VNA

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