Le tourisme communautaire fait son nid au village de Gié Triêng à Kon Tum

Dak Rang, où habitent 110 familles de l’ethnie Gié Triêng, soit 348 habitants, a été récemment reconnu "Village de tourisme communautaire" suite à une récente décision du Comité populaire de la province de Kon Tum, dans les Hauts Plateaux du Centre.

Un spectacle de danse des femmes Gié Triêng à Dak Rang. Photo: VNA
Un spectacle de danse des femmes Gié Triêng à Dak Rang. Photo: VNA

Hanoi (VNA) – Dak Rang, où habitent 110 familles de l’ethnie Gié Triêng, soit 348 habitants, a été récemment reconnu "Village de tourisme communautaire" suite à une récente décision du Comité populaire de la province de Kon Tum, dans les Hauts Plateaux du Centre.

Cette reconnaissance revêt une importance particulière pour le développement du tourisme communautaire dans cette région montagneuse. Le patriarche du village, Blong Ve, s’est réjoui en déclarant que les Gié Triêng étaient “très enthousiastes” de voir leur village reconnu site de tourisme communautaire. L’opportunité pour eux d’augmenter leurs revenus en mettant en valeur les atouts, les mœurs et les traditions de leur ethnie.

Dak Rang conserve encore aujourd’hui l’architecture singulière d’un village Gié Triêng d’autrefois. Les Gié Triêng préservent leurs caractéristiques culturelles au quotidien. Cela passe par l’organisation des fêtes traditionnelles, la fabrication du ruou cân (alcool à siroter avec des tiges de bambou en guise de pailles), le tissage de brocatelle, la fabrication d’instruments de musique, le tressage d’outils, etc.

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Un coin du Village de tourisme communautaire de Dak Rang. Photo: VNA

Quant à la nature, Dak Rang, fort de ses rivières et ruisseaux, de ses montagnes, forêts et rizières, offre un paysage harmonieux et typique des Hauts Plateaux du Centre. Pour développer le tourisme, certaines familles ont déjà construit des hébergements sous forme de homestay (séjour chez l’habitant).

Les autorités locales encouragent les villageois à développer des circuits axés sur la découverte des activités agricoles et rurales, des métiers d’artisanat tels que le tressage, la sculpture sur bois, le tissage de brocatelle, etc.

Riche histoire et culture vibrante

Avec une population de 63.322 personnes, selon les données du recensement de 2019, les Gié-Triêng ont une riche histoire et une culture vibrante qui les distinguent. Autrefois, le village était l’unique unité sociale des Gié Triêng, une unité dont la direction était confiée à un patriarche. A l’instar des autres peuples des Hauts-Plateaux, les Gié Triêng sont polythéistes. Ils sont en outre convaincus que chaque chose a une âme. Yang - le ciel, en français - est leur divinité suprême.

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Un stand de spécialités locales au Village de tourisme communautaire de Dak Rang. Photo: VNA

Les Gié Triêng ont réussi à préserver bien des traditions anciennes. Dans la musique par exemple, ils conservent leur orchestre original baptisé Dinh Tut, qui est un ensemble composé de six hommes, tous habillés comme des femmes. Pour ce qui est des fêtes traditionnelles, les plus importantes visent à célébrer le riz nouveau, la maison communautaire nouvelle…

Depuis 1991, date à laquelle la province de Kon Tum a été séparée de la province de Gia Lai-Kon Tum, la vie des Gié Triêng s’améliore à vue d’oeil. Il faut dire que la présence de la route Ho Chi Minh a permis à cette ethnie de commercer avec d’autres peuples. Outre la culture du manioc et du riz de montagne, les Gié Triêng savent désormais pratiquer la riziculture inondée, planter des hévéas et des caféiers.

Mais modernisation ne rime pas obligatoirement avec perte des traditions. Les Gié Triêng utilisent toujours leur langue mon-khmère dont l’écriture a été latinisée. Certains habitent dans des maisons modernes mais d’autres tiennent toujours à leurs maisons sur pilotis, à leurs foyers, à leurs couvertures ou à leurs hottes traditionnelles…- CVN/VNA

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