Le cinéma, un levier pour le rayonnement du Vietnam

À l’heure de la mondialisation, les succès culturels rejaillissent sur la réputation des pays. Dans ce cadre, le cinéma peut jouer un rôle important pour façonner l’image du Vietnam à l’international.

Hanoi (VNA) – À l’heure de la mondialisation, les succès culturels rejaillissent sur la réputation des pays. Dans ce cadre, le cinéma peut jouer un rôle important pour façonner l’image du Vietnam à l’international.

Le cinéma, un levier pour le rayonnement du Vietnam ảnh 1Ces dix dernières années, le marché cinématographique du Vietnam s’est fortement développé. Photo : DA


L’industrie du cinéma est aujourd’hui considérée comme la "pierre angulaire" du rayonnement culturel national. Dans le cadre de la Stratégie de développement des industries culturelles à l’horizon 2030, le septième art est perçu comme un secteur à fort potentiel.

Naissance officielle de l’"industrie du cinéma"

Cette Stratégie fixe que le secteur culturel devrait peser 7% du Produit intérieur brut (PIB) d’ici 2030. Et le cinéma compterait pour beaucoup dans le succès du secteur. Selon Dâu Anh Tuân, chef du Département juridique relevant de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Vietnam (VCCI), "le développement du cinéma sera un moteur de l’essor économique du pays en créant de nombreux emplois, dans le secteur cinématographique bien sûr mais aussi dans d’autres comme le tourisme. Qui plus est, le cinéma est un vecteur privilégié pour propager les valeurs culturelles nationales à travers le monde".

Pourtant, "l’industrie du cinéma" reste encore un concept nouveau au Vietnam où l’œuvre cinématographique n’était pas envisagée comme un produit. Mais à l’heure de la mondialisation et de la marchandisation, il est intéressant de voir tout le potentiel qu’il y a à développer ce genre de nouvelle industrie. C’est dans ce sens que le gouvernement a voulu amender la Loi sur le cinéma en soulignant la nécessité de développer cette industrie à des fins économique, culturelle, artistique mais aussi de prestige national.

Pour ce faire, l’une des principales priorités du gouvernement est d’assurer un environnement d’investissement favorable, de développer le marché du cinéma national en faisant intégrer les œuvres cinématographiques nationales aux circuits régionaux et internationaux.

"Pour édifier une marque puissante attachée au 7e art vietnamien, nous devons nous efforcer d’atteindre une qualité de production supérieure afin d’améliorer le chiffre d’affaires de ce secteur et de créer un cercle qualitatif capable de hisser le cinéma vietnamien à la hauteur des pays leaders du cinéma moderne", a affirmé Ngô Phuong Lan, ancienne directrice du Département du cinéma.

Un chiffre d’affaires en constante augmentation

Les cinéastes et producteurs vietnamiens ont essayé ces dernières années d’atteindre le marché mondial en participant à des festivals internationaux. Aujourd’hui, de nombreux films sont projetés à l’étranger et les résultats sont encourageants.

Ces dix dernières années, le marché cinématographique du Vietnam s’est fortement développé. En 2000, les revenus des projections de films dans le pays ne se sont élevés qu’à 47 milliards de dôngs (environ 2 millions d’USD). En 2019, les films étaient projetés dans 1.063 salles de 204 cinémas en activité dans tout le pays, générant un chiffre d’affaires total de plus de 4.064 milliards de dôngs (environ 176 millions d’USD).

L’industrie cinématographique nationale se développe aujourd’hui à pas de géant. Selon les statistiques du Département du cinéma (ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme), de 2009 à 2014, le Vietnam a produit 15 à 25 films chaque année, représentant environ 15% du nombre total de films projetés dans les cinémas nationaux.

Depuis 2015, ce sont une quarantaine de longs métrages qui sont produits chaque année. Le marché cinématographique national se développe plus rapidement que dans bien d’autres pays de la région et même du monde. Mettre en œuvre des politiques gouvernementales appropriées sont ainsi essentielles pour que le secteur puisse avoir les moyens de ses ambitions et atteindre de nouveaux sommets. 
 
Selon Box-Office Vietnam (compté en septembre dernier), le chiffre d’affaires total des dix œuvres les plus vendues en 2021 a été d’environ 1.800 milliards de dôngs, ce qui est assez remarquable compte tenu du fait que les salles de cinéma sont restées fermées une grande partie de l’année à cause de la crise sanitaire. Le film ayant le chiffre d’affaires le plus élevé est "Bô gia" (Dad, I’m Sorry en anglais - Papa, je suis désolé)  avec 420 milliards de dôngs.

Les autres du Top 10 ont tous généré des revenus de plus de 100 milliards de dôngs, dont "Em là bà nôi cua anh" (Sweet 20 - Tu es ma grande-mère paternelle), "Tiêc trang mau" (Blood Moon Party - Le banquet de la lune de sang) et "Cua lai vo bâu" (Win My Baby Back - Retrouver mon bébé d’amour).

Trouver une identité propre

Quelles sont les tendances du cinéma national aujourd’hui ? Certains experts estiment que les films vietnamiens manquent encore d’originalité, de touche personnelle, et qu’ils se basent souvent sur des œuvres classiques ou venant de l’étranger. Pour pénétrer les marchés étrangers, ils doivent avoir une identité nationale forte. Les films étrangers les plus vendus et les films primés aux festivals internationaux reflètent tous les caractéristiques d’une société et d’un pays. On peut citer par exemple le film sud-coréen Parasite, qui a remporté l’Oscar du meilleur film en 2020.

Les analystes soulignent également qu’à l’ère de l’intégration internationale, les cinéastes devraient améliorer la qualité et accorder une plus grande attention à l’histoire et au peuple vietnamiens. Bô già est une belle preuve de réussite, à la fois économique et culturelle, puisqu’il a réussi à transmettre des émotions au Vietnam mais aussi à l’étranger à travers une histoire typiquement vietnamienne.

"Le cinéma doit préserver et valoriser la culture vietnamienne en présentant des images de paysages, habitants et traditions du pays", a souligné le président de la République, Nguyên Xuân Phuc, lors de la séance de débat de l’Assemblée nationale sur le projet d’amendement de la Loi sur le cinéma. Il a demandé que celle-ci doive tirer parti des avancées technologiques et tirer les leçons des expériences d’autres pays.

Le mot d’ordre du gouvernement est clair : produire un cinéma typiquement vietnamien dont le succès rejaillira positivement sur le pays tout entier.  – VNA

Voir plus

La Résolution 80 définit une nouvelle vision pour une stratégie de développement culturel durable

La Résolution 80 définit une nouvelle vision pour une stratégie de développement culturel durable

« La Résolution n°80 a été adoptée à un moment particulièrement opportun, alors que le pays entre dans une nouvelle étape de son développement national. À l’ère de l’essor de la nation, cette résolution a posé un nouveau cadre idéologique, au sein duquel la culture est appelée à jouer de toute urgence un rôle transversal, en soutien à la science et à la technologie, à l’intégration internationale, à l’innovation, à la réforme institutionnelle, au développement de l’économie privée, ainsi qu’aux secteurs de l’éducation et de la santé.

L’ambassadrice Nguyên Thi Vân Anh, cheffe de la délégation permanente du Vietnam auprès de l’UNESCO lors de la 19e session du Comité intergouvernemental pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Photo diffusée par la VNA

Le Vietnam défend la mise en œuvre du traitement préférentiel pour les pays en développement

L’ambassadrice Nguyên Thi Vân Anh, cheffe de la délégation permanente du Vietnam auprès de l’UNESCO, a proposé de mettre l’accent sur le renforcement des capacités, le partage d’expériences, le renforcement de la coopération internationale et la mise en œuvre des recommandations adoptées en ce qui concerne l’article 16 de la Convention sur le «traitement préférentiel pour les pays en développement».

Quand une enveloppe rouge dit bien plus que de l’argent

Quand une enveloppe rouge dit bien plus que de l’argent

Coutume ancienne apparue en Asie, les étrennes du Têt incarnent des vœux de paix, de chance et de prospérité pour la nouvelle année. Si les formes ont évolué avec le temps et le numérique, cette tradition demeure un symbole indissociable du Têt traditionnel vietnamien.

Des femmes khmères de la commune d’An Cư, province d’An Giang, s’emploient à préserver et à valoriser le métier traditionnel de tissage de brocart de leur communauté. Photo : VNA

An Giang : le brocart khmer, un patrimoine vivant au service du tourisme culturel

Au pied de la chaîne des Sept Monts, le village de tissage de brocart khmer de Van Giao, province d’An Giang, illustre une dynamique réussie de valorisation du patrimoine culturel associée au développement du tourisme communautaire, contribuant à créer des moyens de subsistance durables et à promouvoir l’identité culturelle des minorités ethniques du Vietnam.

Le Têt traditionnel – Identité culturelle des Vietnamiens

Le Têt traditionnel – Identité culturelle des Vietnamiens

Le « Têt Nguyên Dan », également connu sous le nom de fête du Nouvel An lunaire ou plus simplement « Têt », est la célébration la plus significative et la plus attendue du calendrier vietnamien. Il s’agit de la fête à ne pas manquer, où chaque détail des préparatifs est soigneusement exécuté selon des rituels transmis de génération en génération.
Le Têt symbolise le début d’une nouvelle année, et les événements qui se produisent ce jour-là sont traditionnellement considérés comme annonciateurs des fortunes et des défis pour les mois à venir.

Les us et coutumes du Têt vietnamien

Les us et coutumes du Têt vietnamien

Pour les Vietnamiens, le Nouvel An lunaire est la plus grande et la plus attrayante de toutes les fêtes. De nombreux us et coutumes sont transmis de génération en génération.

Huynh Công Ly (chemise blanche) et sa famille perpétuent la tradition d’ériger le mât rituel depuis plus de 50 ans. Photo : CVN

Le gardien du cây nêu dans le Delta du Mékong

Dans le Delta du Mékong, la famille de Huynh Công Ly perpétue depuis plus d’un demi-siècle la tradition d’ériger le cây nêu, perche rituelle du Têt, symbole ancestral chargé de sens spirituel et culturel.