La lutte libre, une particularité du Têt à Hanoi

La lutte libre fait partie des activités festives indispensables du Têt dans divers villages de Hà Tây (une partie de Hanoi actuellement). Un sport de combat qui fait la fierté des habitants locaux.
Hanoi (VNA) – La lutte libre fait partie des activités festives indispensables du Têt dans divers villages de l’ancienne province de Hà Tây (une partie de Hanoi actuellement). Un sport de combat qui fait la fierté des habitants locaux, car chacun d’eux peut se retrouver dans l’arène s’il le souhaite.
La lutte libre, une particularité du Têt à Hanoi ảnh 1Le village de Hông Hà, une arène de lutte réputée en banlieue de Hanoi. Photo: CVN
Une animation particulière règne dans l’arène de lutte de Hông Hà, dans le district de Dan Phuong, située à proximité de la digue droite du fleuve Rouge. C’est un espace sablé, ceinturé de drapeaux et banderoles, où des milliers de spectateurs se pressent en attendant les combats. Il est l’heure. Deux lutteurs torses nus apparaissent dans l’arène, se saluent d’un geste de main. Au signal de l’arbitre, ils se jettent l’un sur l’autre, la tête baissée, au milieu des sons trépidants des tambours et des acclamations du public.

Les combats se succèdent jusqu’à midi, puis reprennent le lendemain matin, et ce durant plusieurs jours du Têt. L’occasion pour les lutteurs non professionnels de rivaliser de force et de talent.

Sportifs nationaux

Située dans la plaine du Nord, Hà Tây (en banlieue d’ouest de Hanoi) est un des hauts lieux de la lutte libre. Là, nombreuses sont les communes ayant un club de lutteurs dont les membres ont de 7 à 77 ans. Plusieurs  centres de formation de lutteurs fonctionnent, et les arènes font partie du paysage local.

Dans ce terroir de la lutte libre, une tradition séculaire veut qu’un peu partout dans les communes ou les villages, des combats soient organisés lors de la Fête du Têt (Nouvel An lunaire). "Sans ces combats, le Nouvel An lunaire n’a pas la même saveur", dit-on. 

Aux dires des personnes âgées, cela fait une centaine d’années que la lutte libre est  un sport populaire dans cette contrée du delta du fleuve Rouge. Depuis, elle fait la fierté des habitants locaux. Dès les décennies 1960, 1970, 1980 et 1990, nombreux furent les "lutteurs paysans" de Hà Tây qui décrochèrent des prix lors de championnats et tournois nationaux. Plusieurs d’entre eux intégrèrent même la sélection nationale de lutte, à l’image de Nguyên Thi Lua. Née en 1991 à Hà Tây, elle fit honneur au pays en remportant, en 2010, cinq médailles de bronze lors de compétitions internationales, une d’argent au tournoi junior d’Asie et une autre aux 16es SEA Games (Jeux d’Asie du Sud-Est). Elle participa même aux JO de Londres en 2012.
 
La pratique d’une activité physique se développe dans tous les coins de Hà Tây, avec comme devise: "Soyez bien portant pour contribuer dignement à l’œuvre d’édification et de défense nationale!"

Comme d’autres localités de Hà Tây, la commune de Hông Hà se prépare activement en fin d’année au tournoi de lutte libre. "C’est un événement sportif important, une élément indispensable des activités festives du Têt chez nous. Cet art martial nous ensorcelle tous, les hommes surtout", confie Pham Van Quê, vice-président du Club des lutteurs de Hông Hà.

Pépinière de lutteurs

Traditionnellement, le tournoi est préparé activement des semaines avant le Têt. Les lutteurs sont des villageois eux-mêmes, de tous les âges. On y voit des adolescents, des hommes d’âge mûrs, des paysans... tous partageant la même passion pour ce sport exigeant. "Cette année, le tournoi de Hông Hà durera du 4e au 7e jour du 1er mois lunaire. Une centaine de compétiteurs venus de nombreuses localités de la région s’y disputeront 30 médailles et bon nombre de prix", informe Pham Van Quê. Et de préciser que deux catégories sont prévues: junior des deux sexes (12 -15 ans) et senior (16 ans et plus).

La commune de Hông Hà est fière de sa grande arène entourée de gradins, construite il y a une soixantaine d’années. "Parmi les dizaines de clubs de lutteurs de Hà Tây, celui de Hông Hà doit être l’un des meilleurs", vante son vice-président. Agé de 60 ans, Pham Van Quê se passionne depuis son enfance pour ce sport de combat. Créé en 2012 pour répondre à l’aspiration des pratiquants, le club de Hông Hà rassemble plusieurs dizaines d’athlètes non professionnels, de 10 à 60 ans.

"Tous les ans, en coordination avec le collège de la commune de Hông Hà, le club recrute des élèves doués", raconte-t-il. Ils suivent un entraînement le soir, guidés par des lutteurs professionnels venus du Centre des sports et de l’éducation physique du district. "C’est vraiment une pépinière de lutteurs, qui a formé nombre de jeunes talents qui ont réalisé de belles performances lors de championnats nationaux et régionaux", insiste-t-il avec fierté.

Et de citer le cas de Pham Nhu Kiên, 15 ans, champion du tournoi junior de Hanoi, et titulaire de la médaille d’argent du tournoi junior d’Asie du Sud-Est. D’autres encore comme  Dô Van Thành, Lê Quang Lâm, Pham Quang Hà… ont plus d’une fois décroché l’or ou l’argent lors des tournois nationaux organisés dans diver-ses villes et provinces du pays. 

La fierté des "lutteurs paysans" est partagée par les autorités locales. Selon Nguyên Manh Hà, vice-président du Comité populaire de la commune de Hông Hà, ces 60 dernières années, l’arène de ce village a eu l’honneur d’accueillir de nombreux championnats et tournois nationaux et même internationaux. Par exemple, le championnat international 1986, le tournoi national 1997, les tournois élargis de Hanoi 2014 et 2018… Lors de ces événements sportifs, les lutteurs de la commune ont décroché dix médailles d’or, six d’argent et trois de bronze.

"Le printemps arrive. La saison des réjouissances va commencer. Et, l’arène de Hông Hà est prête à accueillir ses fans", conclut avec un large sourire le vice-président du club de Hông Hà. À voir absolument! – CVN/VNA

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