Lào Cai (VNA) – Si les Français ont l’heureuse coutume de célébrer le Beaujolais nouveau, certaines ethnies vietnamiennes célèbrent quant à elles… le riz nouveau. Chez les Tày, ceux d’entre eux, en tout cas, qui ont élu domicile dans les montagnes du Nord-Ouest, la fête a lieu vers le 9e ou le 10e mois lunaire.

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Cette fête du riz nouveau des Tày intervient deux ou trois semaines avant la récolte du 10e mois lunaire. C’est le chaman le plus respecté de la région qui choisit un jour faste, et son choix ne souffre aucune discussion.

Quant à la fête elle-même, elle est l’occasion de faire le bilan d’une année de production agricole, d’invoquer les divinités et les ancêtres et de prier pour s’attirer une bonne santé, un climat clément et de bonnes récoltes.

«C’est une fête traditionnelle. Nos parents nous ont donné cette vie et nous leur en sommes à jamais reconnaissants. Nous ne devons jamais oublier ni nos ancêtres ni l’histoire de notre communauté», indique Ma Van Khanh, un Tày de la province de Lào Cai.

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Le jour J, chaque famille va cueillir les plus beaux épis de riz. On fait bouillir de l’eau, on y trempe les épis et on présente ainsi le bol contenant l’eau et les épis en offrande sur l’autel des ancêtres. Mais il y a aussi des plats à base de riz et de chair animale, comme du poulet, du canard, du porc et du poisson. C’est le chaman qui lit la prière au nom des membres de la famille.

Dans sa prière accompagnée du tinh, l’instrument de musique traditionnel des Tày, le chaman raconte comment l’univers a été créé, comment le riz est né et combien sa culture a été pénible. Son chant regorge d’expériences agricoles et de leçons morales transmises de génération en génération.

Une fois les bâtonnets d’encens consumés, le plateau d’offrandes sera descendu et partagé entre les membres de la famille et les invités. – VOV/VNA