Hanoi (VNA) - Cette année marque le 10e anniversaire de l’élargissement des limites administratives de la capitale. Bilan avec Nguyên Viêt Chuc, directeur de l’Institut d’étude culturelle Thang Long.
 
Nguyên Viêt Chuc, directeur de l’Institut d’étude culturelle Thang Long. Photo: CVN

- Pourriez-vous nous parler du processus d’élargissement des limites administratives de Hanoi?

Le 1er août marque les dix ans de la mise en œuvre de la Résolution N°15/2008/QH12 de l’Assemblée nationale (XIIe législature) sur l’élar-gissement des limites admi-nistratives de la capitale.

Cette résolution a été d’importance historique et a contribué à faire de Hanoi une capitale moderne. L’extension de ses limites administratives permet d’assurer suffisamment d’espace pour son développement futur et de créer des conditions optimales pour faire de la capitale un pôle culturel, scientifique, éducatif et économique du pays.

En 2008, la ville a enregistré une extension inédite dans son histoire. Elle a absorbé la province limitrophe de Hà Tây, quatre communes du district de Luong Son de la province de Hoà Binh et le district de Mê Linh de celle de Vinh Phuc.

"L’annexion" de ces territoires a triplé la superficie de la ville (3.300 km² contre 900 km²) et a augmenté de 80% sa population (6,2 millions contre 3,4 millions auparavant).

- D’après vous, quelles sont les réalisations de la capitale dix ans après cet élargissement?

Ces dix dernières années, Hanoi a poursuivi à un rythme soutenu sa croissance socio-économique. De 2008 à 2017, le PIB régional a atteint en moyenne 7,4%/an, le revenu par habitant en 2017 était de 86 millions de dôngs (plus de 3.700 dollars), soit 2,3 fois plus qu’en 2008.

En ce qui concerne les infrastructures, une série de projets de taille a été achevée, notamment l’aérogare T2 de l’aéroport international de Nôi Bài, le 3e  périphérique, l’autoroute Vo Nguyên Giap, sans compter de nouveaux ponts: Nhât Tân, Vinh Tuy, Vinh Thinh et Dông Trù, contribuant à réduire considérablement les embouteillages.

Parallèlement à l’édification d’une capitale civilisée et moderne, l’instauration de la Nouvelle ruralité a aussi été prise en haute considération avec des résultats encourageants, notamment la réduction de l’écart de développement entre zones rurales et urbaines. En dix ans, la ville a mobilisé chaque année 1.800 milliards de dôngs pour ce programme. Le revenu par habitant en zone rurale a continuellement augmenté pour atteindre 38 millions de dôngs (près de 1.636 dollars)/personne en 2017, soit le triple de 2008.
 
Hanoi compte de nombreuses fêtes culturelles dont celle du génie Giong. Photo: VNA
 
- La  banlieue abrite de nombreux patrimoines culturels matériels et immatériels. Quel est le bilan en matière culturelle?

Avec l’élargissement de ses limites administratives, Hanoi a connu une interférence entre deux régions à forte identité culturelle: Thang Long ("Terre du dragon prenant son envol") et Xu Doài, ancien nom de Son Tây (à l’ouest de Hanoi), riches d’une culture ancienne et d’une variété de formes culturelles typiques.
 
Une des problématiques qui se posait pour Hanoi était de savoir comment maintenir la culture de Thang Long, pour qu’elle puisse toujours rayonner, tout en héritant et valorisant la beauté de la culture de Xu Doài. En dix ans, la capitale a résolu ce problème, en dépit de difficultés. La culture de Thang Long illustre toujours la valeur de cette région à la civilisation millénaire, avec des formes caractéristiques de la culture de Xu Doài.

Auparavant, Hanoi était connue pour sa citadelle, le Vieux quartier, la pagode au pilier unique, la zone des vestiges du Président Hô Chi Minh, le Temple de la Littérature, ses arts tels que ca trù (chant des courtisanes), danse ancienne "danh bông", marionnettes sur l’eau, fête du génie Giong, etc.

Lorsque Hanoi a été élargie, se sont ajoutés nombre de patrimoines comme l’ancien village de Duong Lâm, la pagode des Parfums, celle de Tây Phuong, le temple dédié aux sœurs Trung, et plusieurs fêtes culturelles... Parmi elles, celle de la pagode des Parfums est la plus connue. Elle est la plus grande du pays aussi bien en termes de participants que de durée. Elle  débute le 6e jour du 1er mois lunaire pour finir à la fin du 3e.

L’interférence entre ces deux régions culturelles a donné une dimension supplémentaire à la richesse culturelle de Hanoi.

En outre, la ville est connue comme "la terre aux cent métiers" avec notamment les villages de Bat Tràng (céramiques), Van Phuc (soieries), Duyên Thai (produits laqués), Quât Dông (broderies)… Beaucoup de ces villages sont déjà devenus des destinations très prisées des touristes étrangers.
 
La danse ancienne "danh bông", un trait distingué de Hanoi. Photo: ST/CVN

- Ces prochaines années, que fera Hanoi pour promouvoir ses atouts?

Avec un aussi grand nombre de patrimoines culturels matériels et immatériels, la ville devra proposer une stratégie adéquate et à long terme pour les préserver.

Plus concrètement, déléguer la gestion s’avère indispensable, afin de mettre en valeur cette diversité culturelle.

De plus, la municipalité s’intéressera davantage à réduire les écarts de développement entre zones rurales et urbaines.

Dix ans après son extension, avec de nombreux changements, Hanoi s’affirme toujours en tant que noyau politique et administratif du Vietnam, tout en étant aussi un pôle culturel, scientifique, technique, éducatif, économique et commercial international du pays.

Particulièrement, l’approbation par l’Assemblée nationale de la Loi sur la capitale a posé les conditions favorables à un accroissement rapide, intégral et durable. – CVN/VNA