Hanoï promet un bel avenir au ca trù

Douze ans après son inscription sur la Liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente de l’UNESCO, le ca trù fait un retour en force.
Hanoï promet un bel avenir au ca trù ảnh 1Représentation de la chanteuse Dang Thi Lua lors du 2e concours de jeunes talents de "ca trù" à Hanoï, en 2019. Photo : VNA/CVN
Hanoï (VNA) - Douze ans après son inscription sur la Liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente de l’UNESCO, le ca trù fait un retour en force. Les efforts sont multipliés pour transmettre cet ancien art vocal aux jeunes générations et assurer sa viabilité.

Hanoï est l’un des plus grands berceaux du ca trù (chant des courtisanes). De nombreux clubs en ont ouvert leurs portes pour jeter des bases solides à la préservation de cette forme complexe de poésie chantée. 

L'"Artiste Émérite" Bùi Thê Tiên, chef adjoint du Club de ca trù Ngai Câu dans le district de Hoài Duc, a exprimé sa conviction et son optimisme quant au développement du club ainsi qu’à la préservation de ce patrimoine local malgré le report de nombreux spectacles et programmes de formation en raison de l’épidémie de COVID-19.

Préserver et transmettre le patrimoine

Ces dernières années, des jeunes se sont mobilisés et ont formé une force qui a permis au ca trù du village de Ngai Câu de parcourir un "long chemin". "Tout en évitant les foules pour prévenir la propagation du virus, nous avons demandé aux membres du club de s’entraîner, de revoir et de rechercher les mélodies de ca trù qui risquent d'être perdues", a partagé l’artisan Bùi Thê Tiên.

L’interruption des représentations en raison du COVID-19 n’a pas beaucoup affecté les praticiens. Pour Nguyên Kim Ngoc, chanteuse du Club de ca trù Phú Thi du district de Gia Lâm, le chant des courtisanes semble s’être gravé dans le cœur et l’esprit. "Je m’efforce toujours d’améliorer mes compétences et de faire des recherches concernant les mélodies anciennes", a-t-elle partagé.
Hanoï promet un bel avenir au ca trù ảnh 2Des chanteuses expérimentées transmettent leur expérience et leur amour pour le "ca trù" aux jeunes. Photo : VNA/CVN

Comme Ngai Câu et Phú Thi, de nombreux autres clubs de ca trù dans la capitale n’ont pas rencontré de difficultés dans la préservation et la valorisation du patrimoine dans le contexte de crise sanitaire. Cela confirme en partie les résultats positifs de nombreuses années d’efforts pour éloigner le ca trù du bord du gouffre de la disparition.

En 2009, année où l’UNESCO a inscrit cet art sur la Liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente, Hanoï ne comptait que quelques clubs. Aujourd’hui, on en dénombre environ 20 qui organisent régulièrement des représentations et attirent de nombreux participants. Parmi leurs membres, 50 sont capables de transmettre leur savoir. Les clubs ont réussi à conserver plus de 30 mélodies anciennes tout en développant 20 nouvelles. Tous les clubs fonctionnent grâce aux cotisations de leurs membres.

"Terrains de jeu" pour les passionnés

Hanoï est également la localité qui dispose le plus grand nombre d’artistes de ca trù (dont 26 Artistes Émérite), passionnés de cet art ancien. "Les espaces de représentation du ca trù sont non seulement un point attrayant pour les touristes dans le Vieux quartier de Hanoï, mais ils offrent également l’opportunité aux artistes et aux visiteurs d'échanger sur leurs expériences en matière de préservation de ce patrimoine", a informé Trân Thi Thuy Lan, chef adjointe chargée de la gestion du lac Hoàn Kiêm et du Vieux quartier de Hanoï.

Selon le chercheur en musique Dang Hoành Loan, afin de préserver et de promouvoir le ca trù de manière durable, il faut qu’il reçoive les contributions de la communauté ainsi que le soutien des organismes compétents et des autorités locales pour obtenir les fonds nécessaires à son fonctionnement et des politiques préférentielles en faveur des artistes. Ainsi ces derniers auront toutes les clés pour transmettre cet art aux générations suivantes dans les meilleures conditions.

D’après le Pr-Dr. Tô Ngoc Thanh, président de l’Association des arts populaires du Vietnam, il est nécessaire de mettre en place les conditions favorables aux représentations et à la pratique du ca trù, pour favoriser sa durabilité. En outre, cet art devrait être enseigné en tant qu’activité extrascolaire, a-t-il ajouté.

Selon le chef du Bureau de gestion du patrimoine du Service municipal de la culture et des sports de Hanoï, Pham Thi Lan Anh, ces dernières années, les autorités municipales ont déployé de grands efforts pour relancer et développer cet art traditionnel. En plus des séminaires sur la préservation et la promotion du patrimoine, le secteur culturel de Hanoï a renforcé ses recherches et enrichit sa documentation sur les chants et mélodies que les artistes aguerris conservaient. La ville a également organisé nombre de spectacles dans des espaces publics.

Il a aussi organisé de nombreux festivals et concours pour créer des "terrains de jeu" pour les passionnés et pratiquants de cet art ancien ainsi que pour découvrir de jeunes talents.

Selon Nguyên Thê Manh, chef du Bureau de la culture et de l’information du district de Dông Anh, celui-ci maintiendra ses investissements financiers pour soutenir l’ouverture de classes et transmettre ce patrimoine aux plus jeunes.       
 
Le chant ca trù est une forme complexe de poésie chantée que l’on trouve dans le Nord du Vietnam et qui utilise des paroles écrites selon des formes poétiques vietnamiennes traditionnelles. Il est transmis aujourd’hui par des musiciens et des passionnés qui s’attachent à exécuter, enseigner et développer la tradition, rendant à cet art ses lettres de noblesse. - CVN/VNA     
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