Hanoï œuvre à la promotion des patrimoines culturels nationaux

Hanoi dispose de 18 patrimoines culturels immatériels nationaux. Les autorités municipales travaillent à la préservation et la mise en valeur de ces richesses pour en faire des attractions touristiques.

Hanoi, 28 avril (VNA) - La capitale dispose de 18 patrimoines culturels immatériels nationaux. Les autorités municipales travaillent à la préservation et la mise en valeur de ces richesses pour en faire des attractions touristiques.
Hanoï œuvre à la promotion des patrimoines culturels nationaux ảnh 1Un spectacle de chant et danse folkloriques d’Ai Lao.


En février dernier, la fête du village de Triêu Khúc dans la commune de Tân Triêu, district de Thanh Tri, et le côm (grains de jeune riz gluant) du village de Mê Tri, dans l’arrondissement de Nam Tu Liêm, ont été ajoutés à la liste des patrimoines culturels immatériels nationaux, reconnus par le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme.

Avec un total de 18, Hanoï est la localité du pays qui en compte le plus. Parmi eux, on dénombre 11 fêtes traditionnelles et autres formes de rituels et pratiques traditionnelles, le culte de Saint Tan Viên à Ba Vi, des arts folkloriques tels que ca trù ou chant des courtisanes, chant et danse d’Ai Lao du quartier de Phúc Loi, arrondissement de Long Biên, ou encore le village de métier traditionnel de fabrication du côm de Mê Tri, entre autres.

En tant que ville millénaire, Hanoï est le berceau de près de 1.800 patrimoines culturels immatériels répartis dans ses 30 arrondissements et districts.

Le fait que la capitale compte un aussi grand nombre de patrimoines culturels immatériels représente à la fois une fierté mais aussi un défi. Car la vitesse à laquelle l’urbanisation se développe est exponentielle et entraîne peu à peu un rétrécissement de l’espace des villages et de celui réservé à la pratique de ces héritages, tels que le kéo co (tir à la corde) au temple Trân Vu (arrondissement de Long Biên) par exemple. En effet, l’endroit a longtemps été occupé pour cause de construction jusqu’à ce que les habitants et autorités locales interviennent.
Hanoï œuvre à la promotion des patrimoines culturels nationaux ảnh 2La fête annuelle du village de Triêu Khúc est organisée du 9e au 12e jours du 1er mois lunaire. Photo: VNA


Le rôle primordial de la communauté

Selon la Dr Pham Thi Lan Anh, chef du Bureau de la gestion du patrimoine du Service de la culture et des sports de Hanoï, la ville recèle encore de nombreux autres héritages répondant aux critères pour devenir patrimoine national. Les 18 qui ont été sélectionnés dans la liste l’ont été en raison de leurs valeurs uniques et des efforts considérables déployés pour leur préservation.

Après reconnaissance de leur statut, les localités se coordonnent avec les organismes compétents du Service de la culture et des sports dans la mise en place de mesures de conservation et de promotion de leurs valeurs. Chaque patrimoine devrait alors avoir son propre programme de préservation basé sur ses caractéristiques. C’est ainsi que certains ont été promus en attraction touristique, contribuant de manière considérable à l’essor économique de la capitale.

De grands efforts ont été déployés pour préserver ces patrimoines, à l’image de l’Ai Lao du quartier de Phuc Loi. Il s’agit d’un spectacle rituel alliant chant et danse, qui ne se produit qu’à l’occasion de la fête du Génie Gióng (Thánh Gióng) dans le village de Phù Dông. Le Saint Gióng est un héros vietnamien légendaire qui s’est battu contre les envahisseurs du Nord. On raconte qu’après avoir repoussé triomphalement l’ennemi, il se dirigea vers le mont Sóc (dans le district de Sóc Son) sur le dos d’un cheval de fer et s’envola vers le ciel, laissant sa mère dans une profonde tristesse. C’est pour consoler celle-ci que le roi ordonna alors aux enfants de Hôi Xá de lui donner un spectacle de chant et danse. De ce conte est né l’art de l’Ai Lao.

Cependant, au fil du temps, de nombreux textes sont tombés dans l’oubli, obligeant le Service municipal de la culture et des sports à collaborer étroitement avec des experts et autorités locales pour rechercher des documents historiques et sonder la mémoire des personnes concernées afin de restaurer au mieux la version originale de cette forme d’art.

Nécessité encore des efforts
Hanoï œuvre à la promotion des patrimoines culturels nationaux ảnh 3Une représentation de "ca trù" au club de Thang Long. Photo: VNA


Le ca trù, quant à lui, est une forme complexe d’art chanté que l’on trouve dans le Nord et qui utilise des paroles écrites selon les canons traditionnels de la poésie vietnamienne. Il a été inscrit en 2009 par l’UNESCO sur la liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente. Les autorités locales ont pris les mesures nécessaires pour soutenir clubs et troupes d’art dans l’enregistrement et la numérisation des documents de cette forme artistique.

Hanoï dispose à présent de nombreux ateliers et troupes de ca trù opérant activement et comptant plusieurs centaines de pratiquants, les plus réputés étant les clubs Thang Long, Hanoï, Lo Khe, Thái Hà et Chanh Thôn. Actuellement, les clubs Thang Long et Hanoï sont des adresses très fréquentées des passionnés de cet art traditionnel. Le club Hanoï donne ses représentations tous les mercredis, vendredis et dimanches dans la Maison commune de  Kim Ngân (42-44, rue Hàng Bac), alors que les artistes de Thang Long se produisent tous les mardis, jeudis et samedis dans la Maison des patrimoines (87, rue Ma Mây).

Lors du Festival national du ca trù 2018 qui s’est tenu dans la province centrale de Hà Tinh, l’équipe de Hanoï a remporté sept prix individuels et s’est classée à la 1re place du classement des médailles. La liste s’agrandit et de nombreuses autres fêtes traditionnelles attirent de plus en plus l’attention du public. Parmi elles, certaines attirent chaque année plusieurs dizaines de milliers de visiteurs.

Les patrimoines culturels immatériels sont intrinsèquement liés avec la communauté et ses praticiens, et c’est bien ce qui les rend aussi versatiles et sensibles aux changements au fil du temps. Ainsi, selon le Service de la culture et des sports de Hanoï, des efforts supplémentaires sont essentiels pour conserver pleinement la valeur de ces patrimoines et les rendre encore plus accueillants pour les visiteurs. - CVN/VNA 

Voir plus

L’ambassadrice Nguyên Thi Vân Anh, cheffe de la délégation permanente du Vietnam auprès de l’UNESCO lors de la 19e session du Comité intergouvernemental pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Photo diffusée par la VNA

Le Vietnam défend la mise en œuvre du traitement préférentiel pour les pays en développement

L’ambassadrice Nguyên Thi Vân Anh, cheffe de la délégation permanente du Vietnam auprès de l’UNESCO, a proposé de mettre l’accent sur le renforcement des capacités, le partage d’expériences, le renforcement de la coopération internationale et la mise en œuvre des recommandations adoptées en ce qui concerne l’article 16 de la Convention sur le «traitement préférentiel pour les pays en développement».

Quand une enveloppe rouge dit bien plus que de l’argent

Quand une enveloppe rouge dit bien plus que de l’argent

Coutume ancienne apparue en Asie, les étrennes du Têt incarnent des vœux de paix, de chance et de prospérité pour la nouvelle année. Si les formes ont évolué avec le temps et le numérique, cette tradition demeure un symbole indissociable du Têt traditionnel vietnamien.

Des femmes khmères de la commune d’An Cư, province d’An Giang, s’emploient à préserver et à valoriser le métier traditionnel de tissage de brocart de leur communauté. Photo : VNA

An Giang : le brocart khmer, un patrimoine vivant au service du tourisme culturel

Au pied de la chaîne des Sept Monts, le village de tissage de brocart khmer de Van Giao, province d’An Giang, illustre une dynamique réussie de valorisation du patrimoine culturel associée au développement du tourisme communautaire, contribuant à créer des moyens de subsistance durables et à promouvoir l’identité culturelle des minorités ethniques du Vietnam.

Le Têt traditionnel – Identité culturelle des Vietnamiens

Le Têt traditionnel – Identité culturelle des Vietnamiens

Le « Têt Nguyên Dan », également connu sous le nom de fête du Nouvel An lunaire ou plus simplement « Têt », est la célébration la plus significative et la plus attendue du calendrier vietnamien. Il s’agit de la fête à ne pas manquer, où chaque détail des préparatifs est soigneusement exécuté selon des rituels transmis de génération en génération.
Le Têt symbolise le début d’une nouvelle année, et les événements qui se produisent ce jour-là sont traditionnellement considérés comme annonciateurs des fortunes et des défis pour les mois à venir.

Les us et coutumes du Têt vietnamien

Les us et coutumes du Têt vietnamien

Pour les Vietnamiens, le Nouvel An lunaire est la plus grande et la plus attrayante de toutes les fêtes. De nombreux us et coutumes sont transmis de génération en génération.

Huynh Công Ly (chemise blanche) et sa famille perpétuent la tradition d’ériger le mât rituel depuis plus de 50 ans. Photo : CVN

Le gardien du cây nêu dans le Delta du Mékong

Dans le Delta du Mékong, la famille de Huynh Công Ly perpétue depuis plus d’un demi-siècle la tradition d’ériger le cây nêu, perche rituelle du Têt, symbole ancestral chargé de sens spirituel et culturel.