Dà Nang (VNA) – Quelles que soient les conditions météorologiques, les médecins sauveteurs du Centre de secours 115 de Dà Nang portent assistance aux marins en détresse. Rencontre avec ces anges gardiens des mers.

Opérations de sauvetage d’un pêcheur au large. Photo : TT/CVN

Matinée habituelle au Centre de secours 115 de Dà Nang. Comme chaque jour, les médecins sont en réunion. Soudain, le téléphone sonne. Information du MRCC-2 : un accident a eu lieu au large de Dà Nang, il faut d’urgence aller sur zone. Quand la mer devient dangereuse, démontée par les coups de vent, agitée de vagues menaçantes, chacun gagne prudemment un abri pour attendre des heures meilleures. Sauf ceux dont le métier est de sauver les autres.

MRCC-2 est l’abréviation du Centre de coordination dans le sauvetage maritime de la zone 2 (au Centre). Ces dernières années, il s’est coordonné avec le Centre de secours 115 de Dà Nang dans des opérations de sauvetage de pêcheurs et de membres d’équipage de cargos étrangers en détresse dans les eaux du Centre Vietnam.

Cette fois, la victime est Huynh Van Linh, 45 ans, membre d’un bateau de pêche opérant au large de l’archipel de Hoàng Sa (Paracel). Tombé du mât, il est dans le coma. Son pronostic vital est engagé, selon un pré-diagnostic établi à distance par les médecins 115.

Faire fi du mal de mer

Le MRCC-2 décide d’envoyer immédiatement le bateau de sauvetage SAR-412 sur place, avec des médecins à bord. Le docteur Dao Duc Hung est présent. Quittant la presqu’île de Son Trà, il envoie un message téléphonique à sa femme, avale une pilule antiémétique (médicament qui agit contre les vomissements et les nausées) puis s’allonge sur un lit.

"Je souffre du mal de mer. À chaque sortie, je suis malade et je vomis souvent", confie-t-il. "Mais dès que le bateau en détresse est en vue, ajoute un marin, le docteur se lève rapidement, descend dans le canot avec les autres pour porter assistance aux victimes !"

La tâche des médecins est de donner des premiers secours aux personnes en détresse avant de les amener sur le bateau de sauvetage. Tout doit être fait rapidement. Cette fois, quand le SAR-412 s’approche du bateau de Huynh Van Linh, il fait déjà nuit. En un court laps de temps, le pêcheur comateux est sur le bateau de sauvetage. 

À peine a-t-il pris en charge Huynh Van Linh que le docteur Hung reçoit un autre coup de téléphone annonçant que Dang Ngoc Vu, 41 ans, demande de l’aide dans les eaux de Hoàng Sa. Immédiatement, le bateau SAR-412 change de cap. Et il ne rentrera qu’au petit matin avec ses deux victimes à bord.

Depuis sa sortie de la Faculté de médecine il y a dix ans, le docteur Hung enchaîne les missions en haute mer. Parfois, il est tellement épuisé qu’il vomit du sang. Mais il n’abandonnerait son poste pour aucun autre. "Ma plus grande récompense, c’est de pouvoir admirer le soleil couchant sur la mer. Quelle splendeur !", avoue-t-il.

Une aventure constamment renouvelée

Le bateau de sauvetage SAR-412 (gauche) sur place, avec des médecins à bord. Photo : TT/CVN

Constamment sur le qui-vive, prêts à embarquer à la moindre alerte, les 20  médecins du Centre de secours 115 Da Nang fendent les flots tout au long de l’année, de jour comme de nuit, pour venir en aide aux marins en détresse. 

Parmi eux, dix docteurs expérimentés forment l’"équipe spéciale de Hoàng Sa". Le docteur Nguyên Cu, chef adjoint de l’équipe, précise: "Le MRCC-2 a été créé à Dà Nang en 2007. La même année, j’ai effectué mon premier sauvetage en mer. Une expérience inoubliable où j’ai dû emprunter une échelle de corde pour me hisser sur le bateau haut de 20 m. Une sacrée épreuve pour le médecin débutant que j’étais !".

Ce jour-là, l’équipe spéciale de Hoàng Sa avait été envoyée à la rencontre d’un cargo indien dont le capitaine souffrait d’un infarctus du myocarde. L’accident avait eu lieu à 75 milles nautiques de Dà Nang. Le capitaine indien a été transporté en ville et a pu être sauvé. Le médecin Nguyên Cu a réalisé une vingtaine de sauvetages.

Pour le médecin Huynh Duc Thanh, c’est  une mission dans les eaux de l’île de Tri Tôn, distante de 350 milles nautiques de la côte, qui lui a laissé un souvenir impérissable. "Nous avons dû traverser une zone occupée par la Chine. Nombre de bateaux militaires chinois nous ont approchés en exerçant des actes d’intimidation, et ce malgré le drapeau de la Croix-Rouge. La mission la plus longue et le plus dure que j’ai connue, pendant laquelle je n’ai pu avaler que du lait".

Malgré le danger et les conditions extrêmes, aucun de ces braves médecins ne souhaiterait un autre poste, plus rangé, dans un hôpital sur le continent par exemple. Car à chaque nouveau départ du port, c’est comme une nouvelle aventure qui commence. Et cela n’a pas de prix. 

* Des héros ordinaires
 
Durant les dix ans de mission confiée par MRCC-2, les médecins du Centre 115 ont mené au total une centaine de sauvetages en mer. «Plus la mer est démontée, plus l’épreuve est rude. Mais pas d’autre choix que d’y aller! Nos sauveteurs sont ceux qui sortent quand les autres rentrent, effrayés par le vent et les vagues», observe avec admiration Bùi Tân Nguyên, directeur du MRCC-2. – CVN/VNA