Hanoi (VNA) - Les recruteurs francophones éprouvent toutes les peines du monde à trouver des candidats qui répondent à leurs attentes, la faute à l’inadéquation entre la formation universitaire/professionnelle et la réalité du marché du travail. Pourtant, des solutions existent, à commencer par le rapprochement entre les écoles et les entreprises.
 
Cérémonie de signature de l'accord-cadre de partenariat entre l’AUF en Asie-Pacifique et la Chambre de commerce et d’industrie française au Cambodge (CCIFC). Photo : CTV/CVN
 
Le Salon de l’emploi France-Vietnam 2017 a été organisé en mai dernier à Hô Chi Minh-Ville par l’ambassade de France au Vietnam, la Chambre de commerce et d’industrie française au Vietnam (CCIFV) et France Alumni Vietnam. Plus de 200 postes créés par 33 entreprises comme Total, Jolie Siam, Erai Asia, IPSIP Vietnam, ElCa, CAPGEMINI ou encore Vietnam Airlines cherchent preneurs. Un chiffre qui illustre le besoin important en ressources humaines francophones au Vietnam.

Si la demande en personnel est forte, les entreprises rencontrent néanmoins des difficultés à recruter des personnes ayant le bon profil, avec le risque, pour les jeunes diplômés, de se retrouver au chômage. Cette réalité souligne l’importance de l’adéquation entre enseignement supérieur et monde de l’emploi.
  
Dans cette optique, l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) en Asie-Pacifique a signé des accords-cadres de partenariat avec la Chambre de commerce et d’industrie française au Vietnam (CCIFV), la Chambre de commerce européenne au Cambodge (EuroCham Cambodge) et la Chambre de commerce et d’industrie française au Cambodge (CCIFC). Plusieurs actions communes sont envisagées dans le cadre de ces accords, notamment la préparation à l’insertion professionnelle et à la recherche d’emploi des diplômés francophones, la participation du secteur socio-économique à l’analyse et à l’élaboration des programmes de formation, l’accueil de stagiaires ou l’offre de recrutement francophone.

«Dans la première phase, nous souhaitons identifier les besoins mutuels. En tant que Chambre de commerce, nous pourrions identifier les besoins des secteurs académiques, des universités qui souhaitent rejoindre nos actions dans le cadre de cet accord», a informé Djamel El Akra, représentant de la CCIFC. Et d’ajouter que dans la seconde phase, les stratégies de développement et d’accompagnement en matière d’insertion professionnelle des diplômés seront mises en place.  
 
Des bourses pour mobilité de stage professionnel
 
L’AUF a également lancé des bourses pour mobilité de stage professionnel, qui s’adressent aux étudiants des masters francophones des établissements membres de l’AUF en Asie-Pacifique. Elles ont pour objectif de favoriser l’insertion professionnelle et de faciliter le rapprochement entre le boursier et l’entreprise. Ces mobilités permettent aux étudiants francophones de découvrir le monde de l’entreprise et d’acquérir une première expérience professionnelle utile pour leur future recherche d’emploi.
 
De plus, l’AUF accompagne ses universités membres dans l’organisation des manifestations en vue d’un meilleur rapprochement université-entreprise. La table ronde «Préparer aujourd’hui pour réussir demain» en mars dernier, tenue au Département de français de l’Université de Hanoï, a fourni aux étudiants participants les clés de la réussite dans leur prochaine vie active. Les échanges entre les experts ont porté sur les attentes, les qualités recherchées par une entreprise, l’importance des «soft-skills», l’utilité des stages, les bourses de stage professionnel et les conseils concrets liés à la recherche d’emploi ou aux entretiens d’embauche.
 
Encourager la pratique de l’entrepreneuriat 
 
Un colloque pour soutenir l'esprit d'entrepreneuriat chez les étudiants francophones. Photo : CVN
 
L’auto-entrepreneuriat ou la création d’entreprise se présente aussi comme l’un des moyens de favoriser l’employabilité des diplômés francophones. Toutefois, même avec une très bonne idée de départ, créer une entreprise est difficile pour les étudiants-entrepreneurs, car ils manquent d’expérience et de réseau. Et selon les statistiques, la négligence de l’étape de préparation constitue la principale cause d’échec de 90% des jeunes entreprises.
 
Pour soutenir davantage la culture et la pratique de l’entrepreneuriat chez les étudiants, l’AUF a ouvert des formations sur ce sujet. Celles-ci, animées par des experts internationaux, ont fourni aux jeunes les connaissances nécessaires sur la définition et la réalisation d’un business-plan susceptible de donner aux investisseurs l’envie de participer à ce projet. À l’issue de ces formations, les étudiants pourront ainsi consolider et mettre directement en pratique leurs connaissances en marketing, en gestion, en comptabilité et en management.
 
Toujours dans cette optique, l’AUF et l’École supérieure de commerce extérieur de Hanoï ont organisé un concours de start-up destiné aux jeunes francophones de moins de 30 ans. La compétition a permis aux candidats de se faire connaître, de rencontrer des entrepreneurs et d’acquérir de précieux conseils pour bien établir leur plan d'affaires. «Les universités ont besoin de travailler avec des partenaires pour résoudre certaines questions. Par exemple, la question de l’avenir professionnel, de l’employabilité des étudiants-diplômés, nécessite des partenariats avec le monde économique», a souligné Jean-Paul de Gaudemar, recteur de l’AUF. Il a aussi insisté que l’AUF était toujours prête à aider pour que «ce partenariat naisse, se développe et enrichisse notre partie collective».
 
Les efforts conjugués de l’AUF, des universités, des acteurs économiques et sociaux contribueront à élargir le marché de l’emploi des diplômés francophones. Ils devraient également asseoir la conviction des jeunes sur le choix des formations en et du français. – CVN/VNA