Hanoï (VNA) - «Pour améliorer la position des femmes dans la société, on doit relever leur position dans le monde du travail, dans celui des affaires entre autres», a affirmé Mai Thi Thùy, présidente de l’Association des PME féminines de Hanoï.

Mai Thi Thùy, présidente de l’Association des PME féminines de Hanoï.

«Autrefois, le rôle des femmes était de s’occuper de la famille et des enfants. De nos jours, elles s’investissent de plus en plus dans la vie économique du pays, notamment via la création d’entreprises», a partagé Mai Thi Thùy, présidente de l’Association des PME féminines de Hanoï.

Selon la Chambre de Commerce et d’Industrie du Vietnam (VCCI), plus de 100.000 entreprises vietnamiennes, soit environ 25% du nombre total d'entreprises du pays, sont actuellement dirigées par les femmes. Elles ont créé plus de 1,63 million d’emplois, soit 14,5% du nombre total d’emplois créés dans les petites entreprises.

Nguyên Thi Tuyêt Minh, présidente du Conseil des femmes entrepreneurs du Vietnam (VWEC), a estimé aussi que «les entreprises féminines jouent un rôle important dans le développement socio-économique du pays». Chaque année, elles reversent près de 33.000 milliards de dôngs au budget de l’État, soit environ 3,9% des recettes budgétaires. Elles emploient aussi plus de femmes que celles dirigées par les hommes (43,4% contre 36%).

Mais à côté des défis communs que toutes les entreprises rencontrent, les entrepreneures doivent faire face encore à d’autres difficultés, particulièrement les préjugés sexistes et la conciliation travail-famille.

«Le gouvernement devrait avoir des politiques et programmes de soutien afin de plus encourager la participation des femmes dans la création d’entreprises», a proposé Nguyên Thi Tuyêt Minh.

Nécessité d’aides concrètes

L’Union des femmes vietnamiennes est en train d’établir le projet «Soutenir l’entrepreneuriat féminin pour la période 2017-2027», qui fixe l’objectif pour 2020 que 35% des entreprises du pays soient dirigées par des femmes. Cela implique des politiques concrètes.

Selon le Dr Lê Quang Canh, conseiller à la Mékong Business Initiative (MBI), à l’heure actuelle, il n’y a que l’arrêté gouvernemental N°56, promulgué le 30 juin 2009, qui "aborde" le soutien aux entreprises dirigées par des femmes. Mais la plupart des entreprises ne le connaissent pas, et si elles le connaissent peu, elles ne savent pas comment elles peuvent en bénéficier.

«On doit informer largement que les PME de femmes bénéficient de la Loi de soutien aux PME, qui prévoit des mesures de soutien à l’accès aux informations sur les politiques, aux ressources financières, à des formations...», a ajouté Lê Quang Canh.

«Pour mettre en vigueur les politiques d’égalité des sexes et assurer vraiment les droits des femmes dans la période actuelle, les efforts des femmes ne suffisent pas», a jugé Nguyên Dinh Cung, directeur de l’Institut central de recherche et de gestion de l’économie (CIEM). Et de souligner la nécessité d’avoir des politiques de soutien.

«Le règlement des barrières sexuelles pour les entrepreneures contribuera fortement au développement des PME», a affirmé Ngô Hông Diêp, spécialiste à la Mékong Business Initiative (MBI).

«Depuis longtemps, les PME féminines ne bénéficient d’aucune politique de soutien pour les aider à surmonter les barrières de genre. Il est nécessaire d’avoir un programme spécifique pour plus encourager les contributions des entrepreneures vietnamiennes», a estimé Hoàng Quang Phong, vice-président de la VCCI.

La place des femmes dans le monde du travail est un enjeu primordial puisque c’est par le travail qu'elles gagnent leur autonomie financière, l’un des piliers de l’égalité. -CVN/VNA