Kiên Giang (VNA) - La vie des habitants des régions littorales du Sud, notamment de la province de Kiên Giang, est menacée par l’érosion du littoral. En cause le recul des mangroves. Constat et solutions.

Les mangroves sont le meilleur rempart contre l’érosion côtière.

Depuis quelques années, l’érosion s’est accélérée sur les 191 ha et 9 km  de mangroves des communes littorales de Thô Son, Linh Huynh et Binh Giang, district de Hon Dât,  province de Kiên Giang.

Les hameaux de Hon Queo, commune de Thô Son, et de Binh Hoà, commune de Bình Giang, sont les plus touchés. Les mangroves ont totalement disparu dans certains lieux. Sans leur  protection, la houle grignote inexorablement le littoral et détruit les digues protectrices.

«Il y a 13 ans, j’ai été chargé de protéger 6 ha de mangroves. Il n’en reste plus que 1,5 ha», a confié Trân Trong Nhân, un habitant du hameau de Hon Me, commune de Thô Son, district de Hon Dât.

Même son de cloche du côté de Nguyên Van Thu, domicilié dans le hameau de Binh Hoà, commune de Binh Giang, district de Hon Dât, qui a informé que ces deux dernières années, sa famille a perdu une grande superficie de mangroves. La mangrove est une forêt spécifique des zones de marée des littoraux tropicaux, constituée de palétuviers qui poussent les pieds dans l’eau. C’est une protection contre la houle, première cause d’érosion. La mangrove protège donc la côte, mais elle est menacée par la montée du niveau de la mer et l’action anthropique.

Deux ceintures de protection

Les mangroves des districts d’An Biên et d’An Minh,  qui s’étendent sur 60 km, couvrent 4.000 ha dans dix communes. Elles sont divisées en deux ceintures de protection. La première est une zone de 1.120 ha dite de mangrove blanche (composée d’Avicennia marina), et la deuxième de 3.000 ha de mangrove rouge (Rhizophora).

La mangrove a été affaiblie dans de nombreuses sections où la mer a pénétré plusieurs kilomètres à l’intérieur des terres et sur 25 kilomètres de côte. La protection, la gestion ainsi que l’exploitation économique dans les limites prescrites de la plupart des zones de mangrove rouge ont été attribuées à des familles. Ces deux dernières années, l’érosion côtière a endommagé des centaines d’hectares de fermes aquacoles et près de 60% de la superficie de mangroves.

Solutions à long terme

La houle grignote inexorablement le littoral et détruit les digues protectrices de la commune de Binh Giang, district de Hon Dât, province de Kiên Giang (Sud).

Selon Nguyên Thanh Linh, directeur adjoint du Comité de gestion des forêts d’An Biên-An Minh, «pour protéger les digues maritimes et assurer la vie des habitants du littoral, il faut protéger ces forêts humides par des mesures énergiques».

La plupart des habitants vivant à proximité des mangroves sont conscients de leur importance. Cependant, de nombreuses personnes les ont fragilisées en collectant du bois de chauffage, avec le résultat que l’on connaît. Dans les zones côtières de la province de Kiên Giang, les responsables cherchent des solutions pour les régénérer.

D’après Truong Van Thuoc, chef de la station de gestion des mangroves de Vàm Rây, du comité de gestion des forêts de Hon Dât, «parallèlement aux mesures actuellement en place pour protéger et étendre les mangroves existantes, le comité de gestion des forêts de Hon Dat a choisi des plantes adaptées aux conditions pédologiques de chaque région afin d’améliorer le taux de survie. Cela contribuera à créer des forêts durables et de qualité, en particulier dans les zones soumises à une forte érosion».

Pham Van Hùng, directeur du Comité de gestion des forêts de Hon Dât-Kiên Hà, a informé qu’une pépinière de cinq hectares a été créée, au service du développement des mangroves pour la période 2015-2020 dans le hameau de Giông Kè, commune de Binh Giang, district de Hon Dât. Dans les temps à venir, le Comité de gestion poursuivra ses efforts avec la participation des habitants. Il envisage aussi de promouvoir  des modèles de culture efficace et de choisir des plantes résistantes à la montée du niveau de la mer. En outre, il va accélérer le reboisement.

Les autorités locales sont en train de clarifier les droits et devoirs de foyers chargés de la gestion des mangroves et encouragent le développement de celles-ci. Véritables boucliers contre les tempêtes, les inondations et les tsunamis, les mangroves sont riches en biodiversité, elles abritent de nombreuses espèces animales et végétales. Ce sont des zones dynamiques, riches en nourriture. Feuilles et racines fournissent des nutriments au plancton, algues, poissons et crustacés. Autant de bonnes raisons de les protéger ! -CVN/VNA