Le ministère de la Construction a proposé aux banques, dans un premier temps, un total de 30 projets de construction de logements sociaux dont le financement sera assuré par des crédits particulièrement préférentiels, accordés sur l’enveloppe gouvernementale de 30.000 milliards de dôngs.

L'un des plus grands problèmes du secteur immobilier d’aujourd'hui est un net déséquilibre entre gammes de produits. En effet, l’immobilier haut de gamme - appartements de luxe ou villas - prédomine sur le marché, alors que trop peu de gens ont les capacités financières de l’acquérir ou de le louer.
De fait, le pays a un besoin criant de logement social : il compte actuellement près de 10.000 foyers vivant dans des HLM (habitation à loyer modéré), mais ils seraient de près de 700.000 à nécessiter un tel logement.

Segment par nature peu rentable, peu de constructeurs et d’investisseurs s’y engagent et, de fait, près de 80% des logements pour étudiants ou pour ouvriers de zones industrielles ont été construits par des particuliers...

Pour remédier à cette situation, le gouvernement a décidé le 1 er juin 2013 de définir une enveloppe de 30.000 milliards de dôngs destinée à l’octroi de crédits à taux particulièremen préférentiels de 6% par an. Les entreprises n’en seront pas les seules bénéficiaires, ces crédits pouvant être accordés à des personnes à revenus modestes afin de pouvoir accéder à la propriété de leur logement. Prévu pour trois années, l’emploi de cette enveloppe a été confié à cinq banques commerciales publiques, sous la supervision de la Banque d'État du Vietnam.

Dans un premier temps, le ministère de la Construction a proposé aux banques 30 projets de construction de logements sociaux. Parmi ceux-ci, quatre sont publics, les autres relevant du secteur privé - purement privé ou de compagnies dans lesquelles l’État est actionnaire minoritaire, a annoncé le ministre Trinh Dinh Dung.

Cette enveloppe de 30.000 milliards de dôngs n’est que l’une des mesures prises par le gouvernement pour loger la population en zone urbaine, mais parvenir à cet objectif implique, en tout état de cause, une mobilisation des ressources globales de l’État, des entreprises comme de la population.

157 projets de logement social en chantier 

Une quarantaine de projets à Hanoi et à Hô Chi Minh-Ville ont demandé une autorisation de conversion pour un parc total de 20.000 appartements.

À ce titre justement, l’ouverture de la possibilité de convertir un projet d’appartements haut de gamme en logement social participe pleinement du règlement du problème de logement actuel, comme d’ailleurs de soutien au marché immobilier en vue de sa relance. Il s’agit d’une mesure équitable puisqu’elle permet aux sociétés immobilières de régler en partie leurs difficultés, notamment de commercialisation, comme aux familles modestes de pouvoir enfin accéder à la propriété dans de meilleures conditions. Une faculté de conversion qui a été accélérée après l’entrée en vigueur de la décision de la Banque d’État du Vietnam réglementant l’emploi de cette enveloppe gouvernementale.

Désormais, une quarantaine de projets à Hanoi et à Hô Chi Minh-Ville ont demandé une autorisation de conversion pour un parc total de 20.000 appartements. Les autorités de Hô Chi Minh-Ville vont l’autoriser pour plusieurs de ces projets d’ailleurs, largement en raison du fait que fin 2012, elle comptait près de 14.500 appartements et 300.000 m² de terrains invendus représentant 30.000 milliards de dôngs de capitaux immobilisés...

Selon les statistiques du ministère de la Construction, 157 projets de logement social sont en chantier dans le pays, ce qui représente un parc de 68.500 appartements pour un investissement total de 19.900 milliards de dôngs. 58 d’entre eux sont destinés aux personnes de faible revenu et 99 autres pour les ouvriers. – VNA