Hanoi, 25 février (VNA) –  L’Accord de libre-échange Vietnam-Union européenne qui entrera en vigueur en 2018, impose d’informer de l’origine géographique de 39 produits vietnamiens. S’ils portent une indication géographique protégée (IGP), ils pourront pénétrer ce grand marché qu’est l’union. 
 
Selon le vice-ministre des Sciences et des Technologies Trân Viêt Thành qui est par ailleurs le directeur du Département de la propriété intellectuelle, le Vietnam a délivré à ce jour 47 indications géographiques protégées de fruits et d’autres denrées alimentaires. Toutefois, le «Nuoc mam de Phu Quôc» est l’unique produit à être protégé en Union européenne (UE) par une indication géographique, parmi les 7.000 IGP reconnues par cette dernière.
 
Si 47 produits alimentaires vietnamiens sont protégés par une indication géographique au Vietnam, seul le «Nuoc mam Phu Quôc» l’est par l’Union européenne. Photo: CVN
Introduite dans la loi vietnamienne en 1992, l’IGP couvre un produit aux caractéristiques spécifiques liées à l’emplacement géographique de sa production, mais aussi de sa transformation selon des conditions précises. Cette institution juridique de l’UE protège le nom du produit sur tout son territoire.

D’après Jana Herceg, vice-directrice de la section économique de la Délégation européenne au Vietnam, plusieurs produits agricoles vietnamiens ont une réputation internationale, comme certains thés, le fruit du dragon, laquelle est une des conditions pour bénéficier d’une IGP, avec la satisfaction des normes de qualité requises qui sont essentielles également.

Nécessité d’une procédure de contrôle plus stricte

Si, en 2018, l’indication géographique de produits vietnamiens tels que café, thé et fruits sera protégée par l’UE, le Vietnam doit dès aujourd’hui se doter d’une procédure de contrôle plus stricte, afin de pouvoir exploiter pleinement l’Accord de libre-échange Vietnam-UE. Parmi les 39 produits vietnamiens devant recevoir une indication géographique sur ce marché, il s’agit, pour l’essentiel, de fruits et légumes (49%), de produits aquatiques (13%) et de plantes industrielles (15%).

Trân Van Tùng, vice-ministre des Sciences et des Technologies, a estimé que la mise en place d’une IGP doit faire l’objet d’un cadre réglementaire approprié et de procédures de contrôle strictes, en particulier en ce qui concerne la qualité des produits. Selon lui, il serait nécessaire de créer un groupe de travail indépendant chargé de contrôler la qualité des produits protégés avant leur exportation. 

«Ses membres se rendront sur place pour vérifier la régularité de la qualité et l’absence de toute contrefaçon ou fraude. Le stade de l’emballage sera également contrôlé. Et pour mieux lutter contre les contrefaçons, il serait souhaitable que les professionnels d’un même segment se placent sous une même IGP», a-t-il précisé.

Une place méritante aux produits vietnamiens

Si l’IGP n’empêche certes pas les contrefaçons, elle permet toutefois de sécuriser les produits couverts. Or, peu d’entreprises vietnamiennes connaissent les intérêts de protéger leurs produits par une origine géographique. L’idéal serait donc que les producteurs d’une même filière se réunissent pour déposer une demande auprès de l’Office national de propriété intellectuelle du Vietnam.

Il est clair que, sur le plan des formalités et de leur administration, quelques difficultés persistent, mais la principale, c’est que les entreprises n’ont pas le réflexe de protéger comme de valoriser leurs produits. Conséquence, à l’étranger, les produits vietnamiens n’ont pas la place qu’ils méritent. Mais ceci ne suffit pas, comme le montre le cas du Nuoc mam de Phu Quôc qui a subi et subit de nombreuses fraudes et usurpations, bien que protégé par une IG au Vietnam comme à l’étranger. En d’autres termes, une surveillance constante des possibles imitations en tous lieux s’impose.

«De nombreuses entreprises ont utilisé frauduleusement l’appellation Nuoc mam Phu Quôc pour commercialiser leurs produits en trompant le consommateur sur l’origine de ces derniers. Ces fraudes, qui se font au détriment du consommateur qui croit acheter un produit authentique, sont une atteinte à l’image du vrai produit, avec de lourdes conséquences économiques à la clé», a expliqué Pham Ngoc Thanh, directeur de la société Phuc Lam, qui distribue le vrai «Nuoc mam de Phu Quôc». – CVN/VNA