Hanoi compte près de 1.600 anciennes villas coloniales datées de 60 à 100 ans dont de nombreuses sont déclassées. Le récent effondrement de l’une d’entre elle dans la rue Trân Hung Dao est symptomatique de la mauvaise gestion de ce patrimoine.

Une ancienne villa française dans la rue Trân Hung Dao (Hanoi) s’est effondrée le 22 septembre faisant 2 morts, et 6 blessés. Photo : VNA

Selon le Service de la construction de Hanoi, la ville compte près de 1.600 anciennes villas construites pendant la domination française. Parmi elles, 562 sont privées et 1.024 appartiennent à l’État. Les arrondissements de Hoàn Kiêm, Hai Bà Trung ou Ba Dinh sont les mieux pourvues.

Une gestion déficiente

Ces villas ont été divisées en trois groupes : primo, celles protégées en tant que patrimoine, et dont l’architecture originale doit être préservée «dans son jus». Secundo,  celles dont l’intérieur peut être aménagé ou amélioré. Tertio, celles considérées comme sans valeur particulière et qui peuvent donc être détruites.

Depuis des années, les habitants d’anciennes villas les aménagent comme ils le souhaitent. La municipalité n’intervient pas, même pas pour conseiller. La ville a cependant un projet de relogement des propriétaires d’anciennes villas à valeur patrimoniale en vue d’une restauration. Un projet resté jusqu’à maintenant dans les tiroirs.

Cette négligence de Hanoi dans la gestion de ce patrimoine inquiète les experts. Même les chiffres de la ville sur le nombre d’anciennes villas demeurent incertains. De plus, les autorités ne connaissent pas ce qui se fait dans ces villas (travaux de réparation, d’élargissement…). Beaucoup sont classées dans une catégorie qui n’est pas la leur.

Selon l’architecte Dào Ngoc Nghiêm, si l’on ne trouve pas une solution efficace, ce patrimoine disparaîtra. En juillet 2013, la ville a publié une résolution sur  les mesures de restauration des anciennes maisons et villas et des ouvrages construits avant 1994. Il en ressort que les habitants et organisations vivant ou travaillant dans d’anciennes villas à valeur spéciale ou ouvrages construits avant 1954 doivent être déplacés pour procéder à une restauration. Se pose le problème de la zone de relogement, pas encore résolu. En dehors des anciennes villas, Hanoi compte 1.100 immeubles de quatre à six étages dont 460 de plus de 30 ans.

Des solutions proposées

Selon Trân Ngoc Chinh, président de l’Association d’aménagement et de développement urbain du Vietnam, «il faut faire un état des lieux de toutes les anciennes villas françaises et élaborer des plans d’usage».

Hanoi dipose de quelque 1.600 anciennes villas françaises âgées de 60 à 100 ans. Photo : VNA

Pour sa part, Nguyên Truc Luyên, ex-président de l’Association des architectes du Vietnam, estime que ces villas doivent être gérées de façon à assurer l’harmonie entre préservation et développement. «Il faut créer un organisme spécialisé chargé de délivrer des permis de construction ou de réparation», propose-t-il.

«Pour les villas privées, il faut des règlements de préservation rigoureux. En plus, les propriétaires devraient pouvoir bénéficier d’aides pour leur restauration, qui est souvent très couteuse», ajoute-t-il. -CVN/VNA