Outre les soins médicaux, les enfants victimes de l’agent orange/dioxine reçoivent souvent des dons et des aides des individuels et des organisations. Photo : VNA

L’ouverture de nouveaux centres de soins médicaux, de patronage ou de formation professionnelle pour les victimes de l’agent orange se poursuit cette année. Précisions de Nguyên Thê Luc, vice-président et secrétaire général de l’Association des victimes de l’agent orange du Vietnam (VAVA).

Pourriez-vous donner un aperçu des activités de l’Association des victimes de l’agent orange du Vietnam (VAVA) en 2014 ?

Fin 2014, la VAVA avait établi des antennes dans 61 des 63 villes et provinces du pays, avec au total près de 340.000 membres. Nous avons fait de gros efforts dans la mobilisation de ressources matérielles et financières. Ainsi, l’an passé, 240 milliards de dôngs ont été collectés pour financer la construction de centres de soin, de patronage, de réhabilitation fonctionnelle ou de formation professionnelle. Autre activité importante, sur le plan juridique cette fois. La VAVA continue de rechercher le soutien d’individus et organisations, dans le pays et à l’étranger, dans la lutte pour la justice des victimes vietnamiennes. Concrètement, nous avons des séances de travail avec l’Association internationale des juristes démocrates ainsi que des rencontres avec des délégations étrangères en visite au Vietnam.

Et les programmes de la VAVA cette année ?

Nous avons visité, pendant les premiers jours du Nouvel An lunaire, des familles de victimes dans une trentaine de villes et provinces ainsi que de grands centres de patronage. Plus de 945 millions de dôngs et 1.210  cadeaux, d’une valeur de 500.000 dôngs chacun, ont été remis. En outre, nous avons aidé beaucoup de familles à construire de nouveaux logements. Cette année, nous continuons l’ouverture de nouveaux centres de soins médicaux, de patronage et ou formation professionnelle pour les victimes dans le Nord. Nous sommes en train d’étudier des modèles qui permettent, pour les cas graves, d’associer à la fois les soins aux centres de patronage et à domicile. La VAVA continue aussi de collaborer avec le ministère de la Santé pour mettre en œuvre les programmes de réhabilitation fonctionnelle.

La famille du combattant Vu Xuân Hang, domicilié dans la commune de Kiên Thiêt, district de Tiên Lang, ville de Hai Phong (Nord), a trois enfants victimes de l’agent orange. Photo: VNA

Quels sont les points positifs et négatifs dans ces activités de soins aux victimes ?

D’abord les points positifs. Le regard de la société vis-à-vis de la question des victimes de l’agent orange a changé énormément en une décennie. On s’occupe de plus en plus d’elles via des  programmes philanthropiques, des collectes de fonds. Par ailleurs, nous avons plus d’expériences dans l’application de différents modèles de soin. Nous avons aussi reçu beaucoup de soutiens internationaux, sous diverses formes. Concernant les points négatifs, je ne vous cacherai pas que l’argent est le nerf de la guerre. Dans la conjoncture économique difficile, la construction de nouveaux centres de patronage ou la modernisation de ceux existants rencontrent des difficultés. La VAVA a dû suspendre les travaux de plusieurs d’entre eux, faute de fonds.

Autre problème, qui concerne la mentalité des Vietnamiens. La plupart des familles ayant des enfants victimes ne veulent pas les envoyer dans des centres de patronage où ils peuvent bénéficier de soins complets, mais préfèrent les  garder à domicile en dépit de conditions souvent précaires.

Un bilan de la mise en œuvre des politiques préférentielles en faveur des personnes méritantes, dont les victimes de l’agent orange, sera publié prochainement. Avez-vous des remarques particulières sur ces politiques ? 

Nous avons noté certains problèmes, en premier lieu la difficulté pour délivrer l’attestation de victime de l’agent orange. En effet, pour cela, il faut prouver avoir vécu dans une région connue pour avoir subi des épandages d’agent orange avant le 30 avril 1975. Mais dans nombre de cas, les victimes ont perdu tous leurs papiers ou documents justificatifs. Si l’on se base sur la maladie, 17 ont été répertoriées comme directement imputables à cet herbicide. Mais durant l’examen médical, beaucoup d’établissements de santé locaux peinent à les identifier clairement en raison d’un manque de connaissances. Résoudre ce problème figure parmi nos priorités. -CVN/VNA