Les capitaux que le Vietnam emprunte sont employés utilement, plus de 98% étant consacrés à la construction d’infrastructures. Photo : Kim Phuong/VNA/CVN

Hanoi (VNA) - Le gouvernement prévoit d’emprunter 342.000 milliards de dôngs en 2017, dont 98.760 milliards de dôngs à l’étranger, sous forme d’aides publiques au développement et de prêts à taux préférentiel.

Le Premier ministre Nguyên Xuân Phuc a adopté de nouveaux emprunts totalisant 342.000 milliards de dôngs. Sur ce total, 172.300 milliards de dôngs sont destinés à compenser des dépenses budgétaires, 144.000, au règlement de la dette structurelle, et 25.760 milliards de dôngs, à financer des localités.

Concernant le service de la dette - c’est-à-dire le seul paiement des intérêts courants - en 2017, le Premier ministre Nguyên Xuân Phuc a fixé une dotation de 260.150 milliards de dôngs, dont 242.900 milliards de dettes gouvernementales, et 17.250, de dettes de collectivités locales. Enfin, point notable, le gouvernement suspend sine die sa garantie des emprunts domestiques et étrangers.

À propos des projets financés par les APD

Depuis 2016, le gouvernement est plus sélectif concernant les projets financés par des aides publiques au développement (APD). Si, auparavant, tous les projets d’APD étaient gérés par les ministères et les organismes de ressort central, ces dernières années, le gouvernement a décidé de confier plusieurs projets importants aux villes et provinces.

Les APD non remboursables sont réservées prioritairement aux programmes et projets concernant la création ou le développement d’institutions, le renforcement des capacités humaines, l’amélioration de la vie socioculturelle et de l’environnement de vie de la population, notamment des plus démunis en zones montagneuses ou rurales pauvres et des ethnies minoritaires, ainsi que le développement de systèmes de santé et d’éducation.

Les APD sous forme de crédit à taux d’intérêt préférentiel reviennent désormais aux seuls projets présentant de fortes capacités de remboursement à raison de leur rentabilité comme, par exemple, de métro, de tramway, d’autoroutes, de centrales électriques...

L’État s’endette à bon escient

Les économistes estiment que le Vietnam est capable de faire face à l’intégralité de ses dettes. Selon la Banque mondiale, l’endettement public représente 62,5% du PIB et devrait atteindre 63,8% cette année, puis 64,7% en 2018. Il s’agit pour l’essentiel d’emprunts à court terme.

Le gouvernement a enjoint le ministère des Finances de restructurer la dette publique dans le sens d’une priorité aux emprunts de long terme, moins coûteux, de contrôler étroitement le remboursement des emprunts à l’étranger bénéficiant de la garantie de l’État - notamment ceux des villes, provinces et groupes économiques publics, ainsi que du recouvrement des prêts accordés par l’État et financés par des emprunts de ce dernier.

Pour un pays en voie de développement, l’endettement public, qui dope la croissance socioéconomique, est non seulement nécessaire, mais aussi inévitable. Ce qui importe, c’est que les capitaux soient employés avec efficience car, pour le reste, les rentrées budgétaires sont toujours suffisantes, tout comme les exportations nationales qui croissent toujours, afin d’assurer leur remboursement aux échéances convenues... Le Vietnam respecte strictement le remboursement de sa dette, aucun débiteur, à commencer étranger, n’ayant déploré de retard ou émis préalablement de doutes sur la solvabilité du pays.

La gestion et la supervision des finances publiques se posent comme un impératif pour toutes les économies. La gestion de la dette et des risques financiers a un rôle important pour maintenir une croissance économique régulière. L’une des principales préoccupations du secteur vietnamien des finances publiques est de définir des politiques et des mesures adéquates, ainsi que d’acquérir les technologies nécessaires à leur mise en œuvre, afin d’améliorer les capacités de contrôle des finances de l’État qui sont l’un des facteurs conditionnant le développement de l’économie nationale.

Selon le ministre des Finances, Dinh Tiên Dung, le Vietnam poursuivra la mise en oeuvre de ses mesures de développement de son marché financier, dont la bourse, tout en restructurant la dette publique dans le sens d’une réduction des emprunts de court terme au profit de ceux de moyen et long terme. De même, le contrôle rigoureux de l’endettement au niveau local, comme des ministères et des services, est en cours de renforcement. -CVN/VNA