Bangkok (VNA) – La Ligue nationale pour la démocratie (NLD) a soumis jeudi une proposition visant à nommer sa présidente Aung San Suu Kyi "conseillère d’État", fonction qui lui permettrait de briguer la magistrature suprême au Myanmar.

Aung San Suu Kyi partage un moment de joie avec des généraux lors de la cérémonie de passation des pouvoirs le 30 mars 2016 à Naypyidaw au Myanmar. Photo : AFP

Il s’agit du premier texte soumis au Parlement par le gouvernement birman au lendemain de la prise de fonctions officielle du président et des ministres dans le premier gouvernement civil en place au pays depuis plus d’un demi-siècle.

Cette proposition dissipe également les tourments sur le vrai rôle de la Dame de Rangoun dans le nouveau gouvernement, après qu’elle est empêchée de devenir cheffe de l’État en raison d’un article de la Constitution héritée des militaires.

La Constitution de 2008 exclut de la présidence les personnes ayant des conjoints ou des enfants de nationalité étrangère, ce qui est le cas de la lauréate du prix Nobel de la paix, qui a deux fils britanniques.

Mercredi, le nouveau président et le gouvernement birmans ont prêté serment, après une longue transition politique qui aura duré cinq mois depuis la très large victoire de la NLD aux législatives de novembre 2015.

Seule femme de l’équipe gouvernementale, Aung San Suu Kyi, déjà nommée ministre des Affaires étrangères, occupe rien moins que trois autres portefeuilles : l’Éducation, l’Électricité et l’Énergie, et le poste de ministre du bureau présidentiel.

Cette proposition “vise à satisfaire les souhaits et les intérêts des personnes qui ont voté le 8 novembre”, a estimé Aung Kyi Nyunt, député de la NLD à la chambre haute, après la session parlementaire.

Une fois ce texte validé, la Dame de Rangoun sera en mesure de faire la liaison entre le Parlement, le gouvernement et le président, alors qu’elle a été contrainte de renoncer à son siège parlementaire pour intégrer le gouvernement.

Selon le sénateur Khin Maung Myint de la NLD, cette proposition, qui mentionne Aung San Suu Kyi nommément, lui donnerait le pouvoir de tenir cette position “au-dessus” du président comme elle en a manifesté le désir à plusieurs reprises.

Il a souligné que le président Htin Kyaw a le pouvoir de proposer un projet de loi sur la nomination d’un conseiller d’État, celui qui pourrait diriger le président et tous les membres du cabinet. Il a aussi affirmé que ce texte sera approuvé dans les jours à venir vu la domination de la NLD au sein du Parlement. – VNA