dimanche 20 août 2017 - 22:37:37

Mer Orientale : la “souveraineté territoriale” infondée de la Chine

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Les constructions d’îles semi-artificielles à grande échelle dans l’archipel de Truong Sa (Spratly), le déploiement d’armes et de munitions sur ces îles artificielles… violent arrogamment la souveraineté du Vietnam, provoquent de profondes inquiétudes dans les pays avoisinant cette zone comme ceux de la communauté internationale, sur leurs conséquences pour la liberté, la sécurité et la sûreté de la navigation maritime et aérienne en Mer Orientale. Il s’agissait de l’un des points ayant suscité une attention soutenue et ayant été le plus discuté lors du 14e Dialogue de Shangri-La à Singapour.

Selon le colonel Vu Khanh, expert d'études internationales, lors du Dialogue de Shangri-La 2015, de nombreux experts et chercheurs ont posé des questions en relation avec la construction à grande échelle par la Chine d’îles semi-artificielles dans l’archipel de Truong Sa, le déploiement d'armes et de munitions sur les îles artificielles, ainsi que la nature des explications de la Chine pour justifier ses actes envers les avions et navires de guerre américains qui effectuaient des patrouilles dans des eaux internationales à proximité de la zone où elle a construit ces îles artificielles.

Le représentant chinois a donné pour toute raison manquer de temps pour pouvoir répondre précisément à chaque question, mais il a prononcé un discours bien préparé afin d'adoucir les tensions en Mer Orientale. Il s'est efforcé de calmer les autres pays, et a avancé des engagements à prendre avec les pays voisins en soulignant que Pékin est prêt à discuter de l'instabilité en Mer Orientale. Ses réponses détournées ont parfaitement exaspéré les experts ayant posé ces questions comme les autres participants à ce dialogue.

Le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter a prononcé un discours dans lequel il a estimé que "par ces actions en mer de Chine méridionale (Mer Orientale), la Chine n'est pas en conformité avec les règles et normes internationales, et la transformation de récifs en aéroports n'aidera pas la Chine à étendre son territoire".

Selon un rapport d'explication présenté devant la Commission des Relations extérieures du Sénat américain, ces derniers mois, la Chine s'active fébrilement à empiéter sur la mer et à effectuer des constructions à grande échelle sur toutes les structures qu'elle occupe illégalement dans l'archipel vietnamien de Truong Sa (Spratly). A l'heure actuelle, ces activités sont poursuivies sans trèves sur cinq sites, les récifs Gaven, d'environ 15 ha, Gac Ma, de 13,2 ha, Chau Vien, de 24 ha, Huy Go, de 9,2 ha, et Chu Thap, de 180 ha, le plus grand site de tous.

Depuis 2014, la Chine a construit environ 800 ha, soit une superficie plus vaste que le total des superficies revendiquées par l'ensemble des autres parties en présence. Ces actes, avec toutes les autres activités de la Chine ces derniers temps comme la déclaration de revendication territoriale dite de "ligne des neuf tronçons", l'implantation profonde et illégale de la plate-forme de forage "Haiyan Shiyou - 981" dans la zone économique exclusive et le plateau continental du Vietnam, la promulgation unilatérale d'interdictions de pêche en haute saison, l'entrave des activités de secours des forces philippines stationnées sur le récif Bai Co May, constitue un comportement qui provoque des inquiétudes au sein de la communauté internationale, laquelle estime que la Chine transforme obstinément des zones maritimes qui ne sont pas en litige en des zones maritimes litigieuses tout en renforçant sa présence militaire en Mer Orientale.


Le 9 avril 2015, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a estimé que les constructions menées par la Chine en Mer Orientale visaient à "mieux répondre à sa responsabilité et à ses obligations internationales en matière de recherche et de sauvetage en mer, de prévention et de lutte contre les catastrophes naturelles et de règlement des conséquences de celles-ci, ainsi que pour mener des recherches et autres activités scientifiques", mais aussi, et c'est là le plus révélateur, à lui permettre de mieux protéger "sa souveraineté territoriale, ses droits et ses intérêts maritimes, et pour le service des activités d'auto-défense militaire nécessaires".

Les récifs tels que Chau Vien, Chu Thap, Gaven, Gac Ma, Tu Nghia et Su Bi ne relèvent pas de la souveraineté chinoise. Il s'agit des récifs de l'archipel de Truong Sa du Vietnam et la Chine a recouru à la force pour les occuper en 1988. C'est pourquoi le prétexte selon lequel la Chine construit des îles semi-artificielles à Truong Sa afin de mieux protéger "sa souveraineté territoriale, ses droits et intérêts maritimes...", est injustifié.

Or, le représentant de la Chine a souligné que les opérations de remblaiement et la construction d'îles semi-artificielles ou la protection de "mers ouvertes" relevaient du "besoin de développement national" de son pays ? Ne sait-il pas que le "besoin de développement national" de la Chine est réalisé sur le territoire d'un autre pays ?

Au 14e Dialogue de Shangri-La, le représentant de la Chine a admis que "son pays construisait plusieurs ouvrages sur des récifs en Mer Orientale", mais que "ces constructions visaient principalement à améliorer les conditions de vie et de travail des gens qui y vivent". Toutefois, le déploiement par la Chine de canons automoteurs sur différentes îles va totalement à l'encontre de ses affirmations selon lesquelles les constructions chinoises sur ces récifs n'ont que des fins civiles !

Dans le long terme, l'intrigue de la Chine est de faire de ces îles semi-artificielles des bases militaires pour établir une ligne de défense avancée et contrôler les lignes maritimes et aériennes dans la région. Ce sera une grande menace pour la sécurité régionale.

Bien qu'il ait cherché des prétextes pour "rassurer" les pays voisins et régionaux, le représentant de la Chine au Dialogue de Shangri-La cette année a désespéré nombre de gens. Il semble que plus il s'efforçait d'expliquer les dernières actions de la Chine en Mer Orientale, plus il perdait de crédit auprès des gens en tant que "puissance" et membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU.

Le Vietnam est un pays côtier avec un littoral long de 3.260 km. La Mer Orientale est depuis longtemps rattachée à la vie des Vietnamiens. Hoang Sa et Truong Sa sont deux archipels d'avant-poste de la Patrie, une partie inséparable du territoire vietnamien. Depuis les dynasties souveraines au retrait français d'Indochine et jusqu'à la libération du Sud, les Etats vietnamiens de différentes époques ont effectué des activités pour exercer réellement et continûment la souveraineté sur Hoang Sa et Truong Sa.

Dès que la Chine a commencé à construire des îles semi-artificielles à Truong Sa, le Vietnam a déclaré à plusieurs reprises sa position. Il a affirmé sa position constante de rejeter vigoureusement les réclamations de la Chine pour les archipels de Hoang Sa et Truong Sa, les eaux alentours, ainsi que les revendications basées sur de soi-disant "droits historiques" de la Chine pour les eaux, les fonds marins et le sous-sol au sein de la "ligne des neuf tronçons" proposée unilatéralement par ce pays. Le Vietnam demande à la Chine d'arrêter immédiatement les opérations de remblaiement et les constructions illégales d'îles semi-artificielles, ainsi que le déploiement d'armes et d'équipements militaires en Mer Orientale, et de s'asseoir à la table des négociations pour parvenir à un Code de conduite (COC). -VNA
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