Thua Thiên-Huê (VNA) - Les textes littéraires gravés sur les palais royaux de Huê, province de Thua Thiên-Huê, et les tablettes de bois de l’école Phuc Giang, à Hà Tinh ont été récemment reconnus par l’UNESCO au patrimoine documentaire inscrit au registre «Mémoire du monde, région Asie-Pacifique».

Textes littéraires gravés sur les palais royauxde Huê. Photo :Thuy Hà/CVN
Lors de la 7e conférence du Comité régional pour l’Asie et le Pacifique du registre Mémoire du monde (MOWCAP), tenue les 18 et 19 mai dans la ville de Huê, province de Thua Thiên-Huê (Centre), les textes littéraires gravés sur les palais royaux de Huê et les tablettes de bois de l’école Phuc Giang - connues aussi sous le nom de «tablettes de Truong Luu» -, à Hà Tinh (Centre), ont été classées au patrimoine documentaire inscrit au registre «Mémoire du monde, région Asie-Pacifique».

Ils ont été choisis aux côtés de 12 autres candidatures venant de huit autres pays asiatiques : Chine, République de Corée, Malaisie, Ouzbékistan, Japon, Iran, Myanmar et Mongolie.

Selon le directeur du Centre de conservation des monuments de Huê, Phan Thanh Hai, les textes littéraires gravés sur les palais royaux de Huê montrent la pensée des rois de la dynastie des Nguyên (1802-1945) sur l’histoire, l’indépendance et la gouvernance nationales, ainsi que la culture. Rédigés dans un style poétique respectant les règles classiques de versification (ngu ngôn ou thât ngôn, c’est-à-dire vers de cinq ou sept pieds), ils ont été sculptés sur le bois, puis laqués et dorés. Ils apparaissent également sur des objets en céramique. Chacun est accompagné d’une peinture. On  compte plus de  31.000 textes dans l’ancienne capitale Huê.


On compte plus de 31.000 textes littérairessculptés sur le bois, puis laqués et dorésdans l’ancienne capitale Huê. Photo : Thuy Hà/CVN

La valeur des tablettes de bois de l’école Phuc Giang a été aussi vivement appréciée. Selon Nguyên  Ba Hanh, vice-directeur du musée provincial de Hà Tinh, «ce patrimoine est transmis dans la famille Nguyên Huy depuis plus de 200 ans. Ces tablettes uniques reflètent la culture et l’éducation au village de Truong Luu, il y a plus de cinq siècles».

Des tablettes xylographiques

La famille Nguyên Huy a en effet hérité de ses ancêtres un trésor : 2.000 tablettes en bois de plaqueminier, gravées de caractères chinois. Ces tablettes ont servi à l’impression de livres et de documents destinés aux concours mandarinaux sous le règne des Lê postérieurs (1428-1788).

Elles ont été gravées entre 1758 et 1788 à Truong Luu, c’est pourquoi elles sont aussi appelées «tablettes de Truong Luu». Il s’agit essentiellement de copies de livres classiques chinois, complétés et mis à jour par cinq figures éminentes de la famille Nguyên Huy : Nguyên Huy Tuu, Nguyên Huy Oanh, Nguyên Huy Cu, Nguyên Huy Quynh et Nguyên Huy Tu.  Les tablettes sont gravées sur les deux faces, chacune face compte 18-20 lignes.  Une planche mesure 30 cm de long, 20 cm de large et 2 cm d’épaisseur. Ces tablettes sont très précieuses pour l’étude des techniques d’impression et du style calligraphique de l’époque, mais aussi du système éducatif et de la façon dont nos ancêtres assimilaient les classiques du confucianisme. «Il s’agit des tablettes les plus anciennes dans l’histoire de l’éducation au Vietnam», a souligné M. Hanh.


Une tablettede bois de l’école Phuc Giang. Photo :TN/CVN
Actuellement, il n’existe plus que 375 tablettes de l’école Phuc Giang, conservées par la famille du Professeur académicien Nguyên Huy My, descendant de la lignée Nguyên Huy.  Elles ont été numérisées et imprimées en 12 tomes, qui ont été envoyés aux centres d’archives, aux bibliothèques et aux instituts de recherche sur les caractères chinois et sino-vietnamiens (nôm).

Si les tablettes de la pagode Vinh Nghiêm dans la province de Bac Giang (Nord) sont des archives sur le bouddhisme zen Truc Lâm Yên Tu, celles de Dà Lat  des documents sur la cour de Huê sous la dynastie des Nguyên, les tablettes xylographiques de l’école Phuc Giang sont une encyclopédie sur le système éducatif et, notamment, sur les concours mandarinaux de l’époque féodale. Elles méritent d’être valorisées et présentées au grand public.

Les patrimoines documentaires vietnamiens inscrits au registre «Mémoire du monde» comprennent, outre les deux dont l’on vient de parler, les tablettes de bois de la dynastie des Nguyên, les 82 stèles des lauréats des concours mandarinaux sous les dynasties des Lê et Mac (1442-1779) sises au Van Miêu-Quôc Tu Giam (Temple de la Littérature, à Hanoi), les tablettes de bois liturgiques de la secte bouddhique Truc Lâm dans la pagode Vinh Nghiêm et les Châu ban (ensemble de documents administratifs de niveau étatique sous la dynastie des Nguyên).  -CVN/VNA