lundi 21 août 2017 - 02:19:12

Des pistes pour réconcilier croissance économique et environnement

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Hanoi, 4 décembre (VNA) - Faire évoluer l’économie vietnamienne vers une économie verte et durable qui favoriserait croissance et emplois tout en préservant l’environnement nécessitera une détermination soutenue et constante, une industrie métallurgique respectueuse de l’environnement et la création d’un environnement concurrentiel sain. Avis de spécialistes.

Nécessité d’une industrie métallurgique respectueuse de l’environnement

- Truong Thanh Hoài, chef du Département de l’industrie lourde, ministère de l’Industrie et du Commerce

Truong Thanh Hoài, chef du Département de l’industrie lourde, ministère de l’Industrie et du Commerce. Photo: CVN
Pour la branche de l’industrie, il n’est pas aisé de se développer sans incidence sur l’environnement. Actuellement, les technologies avancées sont en mesure de remédier à cette problématique. En effet, le désastre écologique de Formosa (une aciérie taïwanaise qui a rejeté des eaux non traitées dans la mer, entraînant le décès massif de poissons le long de la côte du Centre) est un incident rare, même à un niveau mondial. Ce désastre montre qu’il y a des problèmes dans l’application de la réglementation sur l’environnement, notamment dans le contrôle des entreprises et des autorités locales par les administrations publiques.

Le Vietnam envisage de construire vers 2030 de grandes aciéries. Pour développer une industrie métallurgique sans porter atteinte à l’environnement, il est nécessaire de bénéficier d’abord d’une coordination étroite entre les diverses administrations publiques concernées par les projets. Pour ce, le ministère de l’Industrie et du Commerce a reçu encore une nouvelle compétence, celle d’étudier les projets sur le plan de technique (outre le plan d’économie), conjointement avec son homologue des Ressources naturelles et de l’Environnement, en vue de la délivrance de la licence d’investissement et d’activité commerciale.

Mise en application du principe «pollueur-payeur»

- Nguyên Thê Chinh, directeur de l’Institut des stratégies et politiques sur les ressources naturelles et l’environnement (ISPRNE)

​Nguyên Thê Chinh directeur de l'ISPRNE. Photo: CVN
La Loi sur l’environnement existe depuis 1993. Auparavant, le concept de «développement durable» a été étudié en détail, avant d’être plus spécifiquement envisagé sur le plan des «relations entre l’économie et l’environnement». Des politiques précises ont été définies ensuite. Toutefois, ces dernières n’ont pas pu être mises en oeuvre pleinement à cause de ce qu’Adam Smith nomme la «main invisible» (1).

À mon avis, l’important, c’est que l’ensemble des administrations de ressort central comme local applique avec responsabilité la réglementation. Dans une économie de marché, il existe deux principes fondamentaux : le pollueur paie, et celui qui tire profit d’un environnement sain paie. Le problème, c’est d’en déterminer les critères. Actuellement, l’ISPRNE étudie un mécanisme de gestion dans la défense de l’environnement.

Création d’un environnement concurrentiel sain

- Trân Du Lich, économiste

​Trân Du Lich, économiste. Photo: CVN
Dans l’actuel processus de «développement économique durable» du Vietnam, le résultat réside d’abord dans le rôle dirigeant de l’État qui doit savoir exploiter les expériences du pays, mais aussi des pays plus avancés ou développés. Il doit aussi mener une tâche difficile qui est de limiter les inconvénients de la «main invisible». La survenance de la pollution de l’aciérie Formosa est à l’origine de multiples effets néfastes pour l’environnement, notamment le milieu marin et la santé humaine, mais aussi pour notre économie, car elle pourrait remettre en cause la branche de la métallurgie en son entier. Elle révèle aussi et surtout qu’il y a encore des carences en matière de gestion administrative...

En effet, le Vietnam a défini un modèle «trois en un» exigeant en même temps croissance économique, équité sociale et environnement. Un objectif difficile à atteindre et il est nécessaire de prendre des mesures efficaces pour obliger les acteurs économiques à respecter strictement la législation en vue de mettre fin à la concurrence déloyale, à la contrefaçon sous toutes ses formes, et l’état dit de «corrosion de l’environnement»... En tout en état de cause, il est absolument nécessaire de créer un environnement concurrentiel sain sur la base du système législatif. C’est, pour l’heure, une tâche urgente.

Devoir de protéger l’environnement

- Lê Dang Doanh, économiste

​Lê Dang Doanh, économiste.  Photo: VN
Le Vietnam doit étudier en détail les conséquences des pollutions de l’environnement survenues dans le monde, car il est essentiel de lier étroitement le développement économique à la protection de l’environnement. C’est le devoir de tous, de l’industrie, de l’agriculture, du tourisme... jusqu’au secteur des services et la population même. Tous doivent défendre l’environnement.

Dans le mécanisme d’économie de marché actuel, la «main invisible» présente trois défauts principaux : les acteurs économiques agissent dans leur intérêt personnel sans tenir compte de l’intérêt général, ils «corrodent l’environnement», et s’enrichissent selon le modèle dit de «groupe minoritaire». Je suis d’accord avec le point de vue selon lequel le mécanisme d’économie de marché ne peut pas régler la problématique que pose l’environnement. Cela nécessite une intervention régalienne. Aujourd’hui, la Loi sur l’environnement comporte plusieurs lacunes qui peuvent être exploitées.

De fait, ce qui est anormal, c’est que ceux qui ne respectent pas la loi profitent des avantages liés à son application, laquelle est financée par le contribuable. Si l’État ne fait rien, il est sûr que la situation dite de «corrosion de l’environnement» se perpétuera.

(1) La "main invisible", un concept formulé par l’économiste Adam Smith dans son livre "The Wealth of the Nations" (La Richesse des Nations, 1776), est l’ensemble des actions individuelles des acteurs économiques qui, guidés uniquement par leur intérêt personnel, contribuent à la richesse et au bien commun. L’Etat n’a donc pas à intervenir sur le marché puisque celui-ci se régule naturellement. – CVN/VNA

 

 


 

 

 
 
 
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