Les eaux de surface de la ville de Ha Long sont de plus en plus polluées par le déversement des eaux usées de la Centrale thermique de Quang Ninh (au Nord-Est). En revanche, les eaux souterraines sont intactes. Telles sont les conclusions d’une étude réalisée par le Centre pour le Développement durable des ressources en eau et l’adaptation au changement climatique (CEWAREC).

Dans le cadre du projet «Contribuer à la recherche de mesures de promotion des énergies durables et s’orienter vers le remplacement de l’énergie thermique au charbon au Vietnam», le centre CEWAREC a mené une étude intitulée «Évaluer les effets des centrales à charbon sur les ressources en eau de la ville de Ha Long, province de Quang Ninh)».

La centrale thermique de Quang Ninh (Nord). Photo : EVN/CVN

«Les eaux de surface à Ha Long sont polluées par le déversement des eaux usées de la centrale thermique de Quang Ninh. C’est la rivière Diên Vong qui est la plus impactée», a indiqué Dang Ngoc Vinh, directeur adjoint du Centre pour le développement durable des ressources en eau et l’adaptation au changement climatique (CEWAREC), lors d’une conférence organisée fin septembre à Hanoi.

D'après lui, dans la rivière Diên Vong, la température des eaux utilisées par le circuit de refroidissement des centrales à charbon est «assez élevée». Le changement brusque de la température de l’eau «nuit aux espèces aquatiques».

Heureusement, l’étude estime que la qualité des eaux souterraines reste correcte, mais il faudrait agir avant que cela ne change.

Quang Ninh est le plus grand site de centrales thermiques à charbon du Vietnam. Cette province en comprend cinq complexes, d’une puissance totale de 4.570 MW, lesquels produisent 26,78 milliards de KWh chaque année. Plusieurs de ces centrales sont une nuisance pour la ville de Ha Long. Le développement de l’énergie thermique au charbon est très risqué. En réalité, ce secteur a été gravement affecté par les catastrophes naturelles. «Les pluies torrentielles début août dernier ont inondé les mines, faisant s’effondrer plusieurs étages de mines à ciel ouvert, et entraînant la rupture du réservoir de mâchefer de la centrale thermique de Quang Ninh», précise l’étude.

Le réseau de puits et de galeries des mines a été fermé jusqu’à plusieurs mois. Des milliers de mineurs se sont retrouvés en chômage technique. Le réseau de transport entre les mines et les ports a été perturbé, ce qui a réduit l’approvisionnement en charbon des centrales thermiques. Le secteur a subi des pertes estimées à 1.000 milliards de dôngs.

Des propositions pour réduire l’importance des centrales thermiques

L’énergie thermique au charbon est considérée comme une énergie convenable pour répondre au développement socio-économique du Vietnam. Le pays a de l’expérience dans la conception, la construction et l’exploitation de telles centrales. Toutefois, diminuer le taux d’emploi de combustibles fossiles dans la production d’électricité et augmenter celui des énergies renouvelables doivent faire l’objet de mesures prioritaires dont plusieurs ont été avancées par les participants à cette conférence.

Quang Ninh est une région riche en charbon, et la plupart de ses mines se trouvent à une vingtaine de kilomètres de la ville de Ha Long. Photo : Trong Dat/VNA/CVN

Selon le directeur adjoint du CEWAREC, il est impératif que les autorités «perfectionnent les infrastructures de traitement des eaux usées rejetées par la centrale thermique de Quang Ninh». De plus, il faut implanter les futures centrales thermiques à une distance dite de sécurité par rapport aux zones habitées afin de ne pas faire courir de risques de santé à la population.

«Le pays doit élaborer une planification nationale du secteur de l’énergie pour équilibrer les moyens de production d’électricité, et il faut calculer exactement les besoins en électricité», a proposé Nguyên Thi Khanh, directrice du Centre de développement et d’innovation verte (GreenID).

Par ailleurs, il est nécessaire d’appliquer des mesures d’économie d‘énergies et d’employer des technologies convenables pour diminuer les émissions des centrales thermiques à charbon.

Réviser et supprimer les centrales thermiques à charbon de faible efficacité économique et trop polluantes pour l’environnement sont des mesures qui ont également été avancées. Mme Khanh a proposé un objectif de réduire d'au moins de 30.000 à 35.000 MW le volume d’énergie thermique au charbon d’ici 2030.

«Nous devons agir le plus tôt possible afin d’éviter des investissements inutiles dans la construction d’infrastructures dans le secteur du charbon», a-t-elle conclu. -VNA