Au cours des années 1980, les baguettes de Tan Son (district Ninh Son, province Ninh Thuan) étaient prisées pour leur qualité. Plus on les utilisait plus elles devenaient chatoyantes. A cette époque, ces baguettes d'ébène étaient considérées comme un cadeau précieux. Aujourd’hui, les forêts d’ébène ayant disparu, les villageois produisent des baguettes en bois laquées.

Des baguettes de Tan Son sont de bonne qualité. Après avoir été recouverte de laque, elles sont chatoyantes. Les producteurs utilisent cette peinture parce qu’elle permet de garder la couleur sans nuire à la santé des consommateurs.

Pour obtenir des baguettes, les fabricants doivent suivre 12 étapes. Tout d’abord on découpe des ébauches puis on les met dans une machine de tournage afin de créer des baguettes brutes. Les baguettes sont rabotées, teintées, séchées et incrustées de nacre…Tout est fait à la main, de façon minutieuse. Pour les artisans, ces baguettes ne sont pas qu’un ustensile de table, elles reflètent les valeurs culturelles de la région de Tan Son. 

Découpage d’ébauches puis tournage pour obtenir des baguettes brutes.

Tran Loc, propriétaire de l’atelier Hoa Thuan dans le 3e quartier, chef-lieu de Tan Son, partage : ''Notre atelier compte huit ouvriers. Nous produisons 20.000 paires de baguettes par jour. Nous mettons l’accent sur la qualité et sélectionnons bien les matières premières. Si nous n’assurons pas la qualité, nous perdrons la confiance des clients. Cela nuira au prestige des baguettes de Tan Son''.

En fait les baguettes ne sont pas produites seulement à Tan Son mais aussi à Phan Rang - Thap Cham. Prenons l’exemple de l’atelier Que Huong. Ses produits sont actuellement présents dans des supermarchés du Nord au Sud.

La fabrication des baguettes se développe et elle devient une source de revenu de nombre de foyers à Tan Son. M. Nguyen Van Ho, directeur de comité des finances et du plan du district Tan Son, a fait savoir : «Actuellement, on compte environ de 500 ateliers dans la région avec 900 ouvriers locaux. Avec un revenu de 3,6 à 5 millions de dongs par mois, les ouvriers peuvent bien vivre de ce métier». 

Malgré son développement, cet artisanat doit faire face à des difficultés. Tran Loc partage : « Le prix du bois est toujours élevé et le bois est de plus en plus rare. Nous ne pouvons pas utiliser du bois jeune parce que la qualité n’est pas assurée. Il s’agit d’un défi pour nous, les producteurs ».

Pour assurer un développement durable, les autorités du district de Ninh Son s’efforcent de créer un label pour les baguettes de Tan Son. Beaucoup de politiques ont été prises telles que : assistance financière aux ateliers, normes de qualité, création de zones de matières premières,…