Nguyên Truong Son, un pionnier de la médecine maritime vietnamienne

Passion, engagement et dévouement total à la recherche et aux soins de santé des populations côtières et des travailleurs de la mer : voilà ce qui définit le parcours du professeur, docteur et médecin du peuple Nguyên Truong Son.

Le médecin du peuple Nguyên Truong Son, président du Conseil scientifique et technique, ancien directeur et fondateur de l’Institut de médecine maritime du Vietnam, président de l’Association vietnamienne de médecine maritime. Photo : VOV
Le médecin du peuple Nguyên Truong Son, président du Conseil scientifique et technique, ancien directeur et fondateur de l’Institut de médecine maritime du Vietnam, président de l’Association vietnamienne de médecine maritime. Photo : VOV

Hanoi (VNA) – Passion, engagement et dévouement total à la recherche et aux soins de santé des populations côtières et des travailleurs de la mer : voilà ce qui définit le parcours du professeur, docteur et médecin du peuple Nguyên Truong Son. Il n’est pas seulement un fondateur de la médecine maritime au Vietnam, mais aussi celui qui l’a portée sur la scène internationale.

Un choix de carrière hors des sentiers battus

Beaucoup se sont interrogés : pourquoi avoir choisi la médecine maritime, un domaine aussi exigeant et méconnu, plutôt qu’une spécialité plus prestigieuse ? Après 45 ans de carrière, aux côtés des pêcheurs, des marins et des plongeurs, le professeur Nguyên Truong Son répond avec un sourire serein :
« Si tout le monde se tourne vers les disciplines médicales les plus en vogue, alors qui prendra soin des populations vivant sur nos îles et nos côtes ? »

En 1979, après avoir obtenu son diplôme de la Faculté de médecine de Hanoï, Nguyên Truong Son s’installe à Hai Phong, où il rejoint ce qui deviendra plus tard l’Université de médecine et de pharmacie de Hai Phong. Inspiré par l’un de ses professeurs, il découvre une spécialité encore inexistante au Vietnam, mais déjà développée dans plusieurs pays : la médecine maritime.

Convaincu de l’urgence de doter le Vietnam d’une médecine adaptée aux conditions extrêmes des travailleurs de la mer, il passe des années à sillonner les zones côtières, soignant pêcheurs, plongeurs et marins, et menant des recherches sur la santé maritime.

« Les pêcheurs sont les véritables bornes vivantes de notre souveraineté maritime. Nous devons protéger leur santé et leur offrir des conditions de soins équivalentes à celles des populations de l’intérieur du pays. »

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Le Centre de médecine sous-marine et d’oxygénothérapie hyperbare de l’Institut de médecine maritime du Vietnam a traité avec succès de nombreux cas graves, tels que les accidents de plongée, les intoxications aux gaz toxiques et les complications liées à la pression dans les ouvrages souterrains. Photo : VOV

En 1988, il est envoyé en Pologne pour se spécialiser en médecine maritime, dans l’un des centres les plus avancés d’Europe. À son retour, il milite activement pour la création d’une structure dédiée à cette discipline.
En 1995, grâce à son expertise et à son influence, il obtient la fondation du Centre de recherche sur la médecine maritime, qui deviendra plus tard l’Institut de médecine maritime du Vietnam.

L’un des axes majeurs de ses recherches concerne l’application de l’oxygénothérapie hyperbare dans les soins d’urgence et la réanimation. Ses travaux pionniers ont permis de sauver de nombreuses vies, concernant notamment : les accidents de plongée ; les intoxications aux gaz toxiques ; les complications dues aux variations de pression dans les travaux sous-marins et souterrains.

Lors du passage du typhon Yagi en 2024, l’Institut de médecine maritime a pris en charge avec succès sept patients intoxiqués au monoxyde de carbone, dont certains en état critique, souffrant d’insuffisance cardiaque et pulmonaire sévère. Grâce à l’oxygénothérapie hyperbare, tous ont pu être sauvés sans nécessiter de dialyse et ont retrouvé une vie normale.

Avec son équipe, Nguyên Truong Son a élaboré 48 protocoles médicaux et 5 directives thérapeutiques pour l’utilisation de l’oxygénothérapie hyperbare, désormais adoptées par l’ensemble du système de santé vietnamien.

Une avancée majeure dans le traitement des AVC

Un de ses apports les plus significatifs concerne le traitement des accidents vasculaires cérébraux (AVC). Traditionnellement, les techniques actuelles de prise en charge, telles que la thrombolyse ou les interventions mécaniques, ne sont efficaces que dans les 4 heures suivant l’AVC. En revanche, l’oxygénothérapie hyperbare peut être utilisée à n’importe quel stade, y compris pour la rééducation des séquelles.

« Nous avons sauvé de nombreux patients qui, autrement, auraient perdu toute autonomie. »

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Entre 2019 et 2023, près de 3.700 patients victimes d’AVC ont été pris en charge par l’Institut, avec un temps de récupération plus court que par les méthodes traditionnelles. Photo : VOV

Entre 2019 et 2023, près de 3.700 patients victimes d’AVC ont été pris en charge par l’Institut, avec un temps de récupération plus court que par les méthodes traditionnelles.

Nguyên Ngoc Hà, un patient ayant survécu à un AVC, raconte : « Je souffrais de vertiges sévères. Après 10 jours de traitement combinant médicaments et oxygénothérapie hyperbare, je vais beaucoup mieux. Aujourd’hui, je peux marcher presque normalement. Avant de venir ici, ma famille savait que la médecine maritime proposait cette thérapie, alors nous avons décidé de tenter notre chance. »

« La douleur était insoutenable, je ne pouvais plus bouger. En une journée de traitement hyperbare, j’ai senti une nette amélioration. J’ai déjà été soignée ici en 2013, après une opération pour une tumeur cérébrale, et cela m’a aidée à récupérer rapidement », confie Dinh Thi Sinh, victime de brûlures graves.
Pour ses contributions exceptionnelles à la médecine vietnamienne, Nguyên Truong Son a reçu de nombreuses distinctions prestigieuses, dont le titre honorifique de Médecin du peuple.

Son engagement sans faille et sa volonté de démocratiser l’accès aux soins pour les populations côtières restent une source d’inspiration pour les générations futures.

Grâce à lui, la médecine maritime vietnamienne est désormais reconnue au niveau international, contribuant non seulement à la santé des travailleurs de la mer, mais aussi au développement de l’économie maritime du pays.
L’héritage du professeur Nguyên Truong Son continuera à vivre dans chaque pêcheur, marin ou plongeur bénéficiant des avancées médicales qu’il a initiées. – NDEL/VNA

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