Hanoi (VNA) – Peuple agriculteur s’il en est, les Vietnamiens honorent de nombreuses divinités liées à l’agriculture ou plus précisément à la riziculture. Les fêtes villageoises traditionnelles ont lieu essentiellement au début de l’année, après le Nouvel An lunaire. Si chacune est dédiée à un ou plusieurs génies différents, elles comportent toutes à peu près les mêmes éléments : des rites cérémoniaux, une procession, des jeux et des spectacles populaires.

La fête Chu Dông Tu -Tiên Dung. Photo: VOV

Direction Da Trach, une commune rattachée à la province septentrionale de Hung Yên. Ce nom est connu de tout Vietnamien qui se respecte. Il est en effet lié à la légende de Chu Dông Tu et Tiên Dung, le premier étant paysan et la seconde, princesse. 

Leur histoire d’amour fait rêver depuis des générations, tant et si bien que la fête dédiée au couple mythique attire des foules, chaque année, du 10e au 12e jour du deuxième mois lunaire. La ferveur populaire est d’autant plus grande que Chu Dông Tu a été «canonisé» par la population pour avoir transformé un marécage en terre fertile, cultivable et habitable. 

La fête commence donc au matin du 10e jour du deuxième mois lunaire avec une procession qui part du temple de Da Trach et qui va jusqu’au bord du fleuve Rouge. Le cortège est conduit par une troupe de danse au dragon, suivie d’une chaise à porteurs où trône l’effigie du génie à côté d’un vase destiné à contenir l’eau qui sera prise dans le fleuve. Une deuxième chaise à porteurs transporte la statue en bois doré d’une carpe transformée en dragon qui traduit les aspirations à domestiquer la nature des pêcheurs locaux. La cérémonie de prise de l’eau s’effectue dans le cours du fleuve. Selon la croyance populaire, c’est là que l’eau est la plus pure. Cette eau sera ensuite présentée en offrande sur l’autel dédié au génie au temple de Da Trach, précise Nguyên Huu Bôn, un villageois.

«Cette fête traduit l’aspiration de la population à domestiquer la nature et sa gratitude envers le génie qui lui a appris à cultiver le riz aquatique et le mûrier ainsi qu’à élever des vers à soie», dit-il.

Au quatrième mois lunaire, du 12e au 14e jour exactement, a lieu la fête de lutte libre de Vân, qui est un village rattaché à la province septentrionale de Bac Giang. Seize jeunes hommes costauds ayant pour seul habit un cache-sexe, divisés en deux équipes, se disputent une balle dans une mare boueuse.

«La balle représente le soleil», explique Nguyên Thi Huyên, une villageoise. « Les deux équipes se disputent la balle qui est jetée dans la direction Est-Ouest, la même direction que la trajectoire du soleil par rapport à la terre. L’équipe qui parvient à attraper la balle est censée s’emparer du soleil indispensable à la culture du riz et de la pomme de terre», détaille-t-elle. 

La troisième fête liée à l’agriculture que nous vous présentons aujourd’hui est celle du village de Côc, dans la province côtière de Quang Ninh, au nord. En fait, il faudrait plutôt parler de fêtes au pluriel, car ce même village en organise au moins deux, comme nous l’explique Dao Duc Tuê, l’un de ses aînés.

«Nous sommes ici dans une zone de forte salinisation où l’agriculture dépend beaucoup du climat. Nous croyons en un génie de l’agriculture auquel nous dédions chaque année une fête, mais nous avons aussi une autre fête marquant le début de la saison du repiquage du riz», précise-t-il.

Toutes ces fêtes sont l’occasion pour les villageois de prier pour s’attirer un climat clément et des récoltes abondantes, mais aussi de resserrer les liens d’amitié et de solidarité entre les habitants d’une même contrée. Elles reflètent les pratiques culturelles et religieuses des temps anciens que la communauté tient à préserver pour les générations futures. – VOV/VNA