Le coq et la poule de la tradition

Le coq et la poule sont très populaires dans les campagnes vietnamiennes. En figurant dans les images du Têt, ils évoquent la richesse paysanne. Ils sont aussi entrés dans plusieurs expressions, proverbes.

Hanoi (VNA) - Le coq et la poule sont très populaires dans les campagnes vietnamiennes. En figurant dans les images du Têt, ils évoquent la richesse paysanne. Ils sont aussi entrés dans plusieurs expressions et proverbes vietnamiens.

Le coq et la poule de la tradition ảnh 1Le coq et la poule font partie des animaux de compagnie préférés des petits campagnards. Photo : CVN

Une vieille chanson paysanne ironise :

«La poule glousse pour réclamer les feuilles de citronnier,
Le cochon grogne pour demander : +Que quelqu’un m’achète des oignons !+»

C’est une recette culinaire qui rappelle qu’un plat de poulet doit être assaisonné de feuilles de citronnier et que la viande de porc doit être accompagné d’oignons. Elle montre combien ces deux animaux sont populaires dans les campagnes vietnamiennes. Ils le sont, pas seulement au plan culinaire.

Le coq, victime des cérémonies rituelles

Le coq bouilli mis dans une assiette et un plat rempli de riz gluant cuit sont posés sur l’autel à l’occasion des cérémonies rituelles plus ou moins solennelles. Après l’espace de temps que dure la consommation d’une baguette d’encens, ces offrandes cultuelles sont partagées entre les vivants. Point étonnant que le peuple tourne en ridicule la gourmandise du sorcier officiant qui suggère :

«Ding ding ! Ding ding ! (sons des cymbales)
Offrez au Maître un coq castré.
Que l’assiette de riz gluant soit bien remplie.
Sinon les Saints du Maître n’interviennent pas en votre faveur».

La volaille du culte doit être un coq (principe mâle Yang) et non un canard (principe femelle Yin). Les pattes séchées du gallinacé servent à l’art divinatoire. En certaines occasions, on observe le côté où se tourne le pouce d’une patte du coq cultuel bouilli pour prédire les affaires de la famille. Dans le calendrier sino-vietnamien, l’heure du Coq (Dâu) se situe entre 5 heures et 7 heures de l’après-midi, au crépuscule, quand cet oiseau voit mal et se conduit de manière peu sensée. Celui qui est né sous le signe du Coq (Année Dâu) est souvent affecté par des désordres visuels et mentaux. Il vit probablement de petits moyens comme la poule qui picore. Il était conseillé aux étudiants en caractères chinois de s’abstenir de manger des pattes de poule pour que la main ne tremble pas quand ils calligraphiaient. Quand quelqu’un a une mauvaise écriture (romanisée), on dit qu’il écrit comme une poule qui picore (viêt nhu gà boi).

Le coq, la poule et le poussin qui figurent dans les images du Têt évoquent la richesse paysanne. En général, on mange du poulet bouilli, surtout du chapon ; le gourmet goûte la saveur pure de la viande, sans autre condiment que quelques brins de feuilles de citronnier hachées, un peu de sel relevé par du citron. Les meilleurs morceaux sont le sot-l’y-laisse et les extrémités des ailes.

Pour juger si un village est prospère ou non, le voyageur n’a qu’à :

«Regarder les bambous si c’est le jour,
Écouter le chant des coqs si c’est la nuit».

Selon ce proverbe, la densité des bambous et les chants de coq sont signes de prospérité.

De multiples messages

Nombre de locutions et de proverbes sont inspirés par les gallinacés. Quáng gà, gà mat, gà mo signifient : ne plus y voir le soir, comme les poules (héméralopie). Pour parler des dissensions intestines, on dit : Gà cùng chuông da lân nhau (Poules d’un même poulailler qui se donnent des coups d’ergot).

On critique les personnes dénuées de talent qui cherchent à exploiter autrui en citant : «Gà què an quân côi xay» (La poule boîteuse qui mange aux alentours du mortier à riz). Me gà con vit (mère poule, enfant canard) désigne la femme qui élève les enfants d’un autre lit, tandis que Gà trông nuôi con (Coq qui élève des poussins) fait allusion à un veuf qui élève ses enfants. Pour parler de la rivalité, on dit : Gà tuc nhau tiêng gáy (Les coqs se piquent au sujet de leurs cocoricos). On compare un blanc-bec à un poussin duveté (Gà moc lông mang). Le coq qui pousse un cocorico à une heure indue (Gà gáy go) est de mauvais augure. Une femme qui se mêle des affaires des hommes est une «poule qui pousse un cocorico de mauvais augure» (Gà mái gay go).  

Notons pour terminer que les combats de coqs (choi gà) sont un jeu répandu depuis longtemps. L’Appel aux officiers et soldats du général Trân Hung Dao, vainqueur des Mongols (XIIIe siècle), y a fait allusion. Les fameux centres d’entraînement se trouvent dans la banlieue de Hanoï (Nghia Dô, Sinh Tu, Nghi Tàm) et dans de nombreux endroits au Sud.

Le Kê Kinh (Canon concernant les coqs) rassemble les expériences d’élevage et d’entraînement. Il y a plusieurs sortes de coqs de combat. Les coqs privés d’ergot ou Gà dòn (coqs pour encaisser les coups) ont le corps gros et les poils clairsemés. Ils sont destinés aux matches d’exhibition qui ne connaissent pas de limite de temps. Les coqs à ergot ou Gà cua, plus petits, ont leurs ergots aiguisés ou enveloppés de métal. Les matches très brefs donnent lieu à des paris parfois très importants. –CVN/VNA


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