Hanoï (VNA) – Le 3e Sommet de la Commission du Mékong (MRC), sur le thème "Renforcer les efforts communs et élargir les relations de partenariat pour parvenir aux Objectif du Développement Durable (ODD) dans le bassin du Mékong" aura lieu les 4 et 5 avril à Siem Reap au Cambodge.  

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Depuis la deuxième édition, tenue à Ho Chi Minh-Ville, portant sur ​"La sécurité des ressources en eau, d'énergie et alimentaire face au changement climatique dans le bassin du Mékong", la MRC continue d’être le seul mécanisme capable d’édifier le cadre juridique et les règlements techniques précis qui stipule la responsabilité des pays membres dans l’exploitation, la protection et la gestion durable des ressources ​en eau du Mékong. Le 3e sommet à Siem Reap va faire le bilan des activités de la MRC durant ces quatre dernières années et discuter des secteurs de coopération pour réaliser les ODD.

- Coopération au sein de la MRC

Le Comité du Mékong a été créé en 1956 sous le patronage de l’ONU pour disperser les ressources financières et gérer les ressources naturelles du Mékong. En 1995, le Cambodge, le Laos, la Thaïlande et le Vietnam ont signé l'Accord de coopération pour un développement durable du bassin du Mékong 1995 et créé la MRC pour remplacer le Comité du Mékong.

Cet accord stipule ​des règlements concernant les ressources ​en eau comme la garantie du courant pendant la saison sèche, la qualité de l’eau, les consultations obligatoires avant la construction d​'ouvrages sur le Mékong. En 2010, la MRC a décidé d’organiser le sommet tous les quatre ans. Le premier s'est tenu en Thaïlande en avril 2010, le deuxième au Vietnam en avril 2014.

- Contributions importantes du Vietnam à la MRC

Le Vietnam a organisé en avril 2014 le deuxième sommet. Un an après, le pays a présidé un débat sur la sécurité des ressources ​en eau dans le cadre de la 132e Assemblée générale de l’Union interparlementaire, tenue en mars 2015 à Hanoï, et un séminaire international dans le cadre de l’ASEM sur la coordination d’action dans la gestion des ressources en eau pour former l’Agenda après 2015.

Le Vietnam a activement participé aux activités de protection des ressources en eau dans le cadre des mécanismes comme la sous-région du Grand Mékong, l’Initiative du bas-Mékong, la Coopération Mékong-Japon, Mékong-République de Corée, la Coopération Mékong-Lancang.

Dans le cadre de la Coopération Mékong-Lancang, le Vietnam a privilégié la coopération dans les ressources en eau, accéléré les activités du Groupe de travail  ​sur les ressources ​en eau et la création du Centre de coopération des ressources ​en eau Mékong-Lancang  en Chine. Les ministères vietnamiens concernés coopère activement avec ce groupe pour favoriser les dialogues avec la Chine sur ce thème.

- Projets hydrauliques sur le bras principal du fleuve Mékong

Aux termes de l'Accord de coopération pour un développement durable du bassin du Mékong 1995, des procédures de notification, de consultation préalable et d’accord (PNPCA en anglais) de la Commission du Mékong (MRC), les pays proposant une utilisation des cours d'eaux devr​ont tenir compte des préoccupations des pays touchés. Les ouvrages hydrauliques doivent respecter les procédures de consultation préalable, conformément aux procédures PNPCA. Etant un pays en aval du Mékong, le Vietnam a demandé aux pays situés en amont de respecter des règlements de l'Accord de coopération pour un développement durable du bassin du Mékong 1995 et les autres textes concernés.

Dans le cadre de la MRC, le Vietnam a collaboré avec les autres pays membres pour adopter pour la première fois la déclaration sur la procédure de consultation préalable relative au projet de central hydraulique Pak Beng.

Cette déclaration vise à appeler le gouvernement laotien à traiter des impacts transfrontaliers de ce projet et à établir un plan d’action commun. Elle a demandé au Laos et au maître d’ouvrage du projet Pak Beng de collecter les données supplémentaires, d'ajuster la conception de leur ouvrage hydraulique, d'appliquer des mesures d'atténuation des impacts, de renforcer la responsabilité de partage et de mise à jour des informations, d’évaluer des impacts cumulatifs du projet Park Beng et d’autres projets hydrauliques en cours de construction (y compris des barrages hydrauliques sur la fleuve Lancang) et aussi d’élargir la surveillance commune des impacts transfrontières de ce projet.

- Participation à la Convention des Nations Unies sur le droit relatif aux utilisations des cours d'eau internationaux à des fins autres que la navigation 1997

En avril 2014, le Vietnam a participé officiellement à la Convention des Nations Unies sur le droit relatif aux utilisations des cours d'eau internationaux à des fins autres que la navigation 1997,  devenant son 35e membre et contribuant à l’entrée en vigueur de cette convention. La participation du Vietnam a été bien appréciée par l’ONU

A ce jour, la convention compte 36 membres, et  le Vietnam est le premier au sein de la MRC. Le Vietnam appelle les autres pays et membres de l’ASEAN à participer à cette convention, contribuant à l’intensification des mécanismes juridiques favorisant la gestion et le développement durable des ressources en eau du Mékong.

-Renforcement de la coopération ​inter-riveraine

Recensant 14 partenaires de développement, la MRC cherche à élargir la coopération avec des pays en aval des fleuves Bengale (qui traverse l’Inde, la Chine, le Népal, Bhoutan et le Bangladesh), Danube (l’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie, la Slovaquie, la Croatie, la Serbie, la Bulgarie, la Moldavie, l’Ukraine, la Roumanie), Nil (l’Ouganda, l’Ethiopie, l’Égypte, le Soudan), Amazone (la Bolivie, le Brésil, la Colombie, l’Equateur, le Guyana, le Pérou, le Suriname, la Venezuela) et Mississippi (le Canada, les Etats-Unis). Le Vietnam est aussi dynamique dans la promotion de sa coopération avec ces pays.

Selon les 26 accords signés, la somme injectée annuellement dans 13 programmes et projets relatifs au fleuve Mékong s’élève de 12 à 15 millions de dollars. Mais ces fonds seront réduits progressivement en fonction du processus d’alignement pour que quatre pays en aval (le Cambodge, le Laos, la Thaïlande, le Vietnam) puissent être entièrement autonome en matière de finances pour participer ​aux activités de la MRC à partir de 2030.-VNA