Hanoï (VNA) - Hanoï met en œuvre une stratégie ambitieuse visant à transformer les villages de métiers traditionnels en véritables écosystèmes verts et durables. Cette orientation s’inscrit dans l’objectif de restructurer ces espaces productifs afin d’en faire des « villages dans la ville – villes dans le village », contribuant directement à la croissance économique à deux chiffres de la capitale.
Avec 1 350 villages exerçant des activités artisanales ou traditionnelles, dont 337 officiellement reconnus, Hanoï se positionne comme la première localité du pays en matière de villages de métiers. Ces activités génèrent chaque année plus de 25 000 milliards de dôngs (948,58 millions de dollars) de chiffre d’affaires et créent des emplois pour environ 800 000 travailleurs ruraux.
Dans le cadre de la planification générale de la capitale, pensée avec une vision à cent ans, la ville encourage la transition d’une agriculture traditionnelle vers une économie agricole écologique, de haute technologie et à forte valeur ajoutée, tout en préservant l’identité culturelle des villages artisanaux. Au cœur de cette transformation figure le développement d’espaces verts, considérés comme un levier essentiel d’un urbanisme durable et harmonieux.
Selon le vice-directeur du Service de l’Agriculture et de l’Environnement de Hanoï, Nguyen Manh Phuong, la ville met en œuvre un projet global de développement des villages de métiers pour la période 2025-2030, avec une vision à l’horizon 2050. Ce projet repose sur la préservation de la structure villageoise traditionnelle et le développement du modèle « village dans la ville – ville dans le village », qui ne se limite pas à une transformation architecturale mais vise une mutation économique vers des écosystèmes de production propre, associés au tourisme et à la culture.
Hanoï compte aujourd’hui 55 sites et zones touristiques reconnus, dont 27 liés au tourisme rural, écologique et aux villages artisanaux. L’intégration des espaces verts ne se limite pas à l’aménagement paysager, mais s’étend également aux infrastructures techniques, notamment à travers la création de centres multifonctionnels de traitement des déchets.
L’agriculture pratiquée dans ces zones évolue également vers des modèles biologiques et écologiques, avec l’application des normes de bonnes pratiques agricoles (GAP) afin d’accroître la qualité et la valeur des produits. Le programme OCOP (« Chaque commune, un produit ») a déjà permis de faire reconnaître 929 produits artisanaux classés à partir de trois étoiles.
Par ailleurs, quatre villages artisanaux emblématiques - Bat Trang (céramique), Van Phuc (soie), Son Dong (sculpture) et Chuon My (incrustation de nacre et laque) - ont été intégrés au Réseau des villes créatives mondiales, illustrant la transition d’une production artisanale traditionnelle vers une économie créative à portée internationale.
Pour assurer un développement durable, la ville identifie la résolution des problèmes environnementaux comme une priorité majeure. Dans le cadre de la mise en œuvre de la Loi sur la capitale (révisée), Hanoï élabore des réglementations environnementales plus strictes que celles du niveau central, applicables dans toute la région capitale.
La ville accélère aussi la décentralisation vers les autorités locales en transférant 54 missions aux communes et arrondissements, dont 27 liées à la gestion foncière et 16 à la protection de l’environnement, afin de renforcer la supervision de proximité et la gestion durable des zones rurales.
Parallèlement, Hanoï applique de plus en plus l’intelligence artificielle dans la surveillance environnementale, l’analyse des risques et l’adaptation au changement climatique. Les données relatives aux installations de traitement des déchets et aux points de collecte sont intégrées dans des plateformes cartographiques numériques afin d’assurer une gestion transparente et efficace.
Selon le Service de l’Agriculture et de l’Environnement de Hanoï, l’objectif pour la période 2025-2030 est d’atteindre une croissance annuelle moyenne d’environ 10 % de la valeur de production des villages de métiers. Pour y parvenir, ces espaces doivent devenir de véritables « espaces verts habitables », où le patrimoine culturel est préservé et intégré dans un environnement écologique.
À travers cette stratégie, Hanoï ambitionne de faire de ses villages artisanaux des modèles de développement intégrant à la fois croissance économique, préservation des savoir-faire traditionnels et transition écologique. -VNA