En 2000, le secteur de la santé vietnamienne a obtenu des réalisations exceptionnelles dans son programme élargi de vaccination (PEV), reconnues dans le monde. Il a en effet permis, entre autres, l'éradication de la polio. L'homme qui a apporté la plus grande contribution à cette réalisation est le Professeur Nguyên Van Mân.

Le nombre et la qualité des vaccins fabriqués par le Vietnam ne cessent de croître. Le fruit des efforts constants des médecins qui ont ouvert la voie à la campagne de vaccination élargi au Vietnam dans les années 1980.

Peu de gens savent que la fierté des médecins n'était pas la liste des réalisations dans le PEV, mais leur succès dans la sensibilisation de la population sur la nécessité de se faire vacciner. Ils ont aidé les gens qui n'étaient pas au courant de la PEV à comprendre la nécessité de la vaccination et à volontairement envoyer leurs enfants.

«Nous avons rencontré de nombreuses difficultés dans la période initiale, a confié le Professeur Nguyên Van Mân, parce que personne ne savait ce qu’était le PEV. Nous avons dû tout expliquer aux gens ». À cette époque, la médecine préventive était presque inconnue au Vietnam et les activités de prévention des maladies était très peu développées.


Le professeur Nguyên Van Mân dans un laboratoire pour la recherche sur les vaccins.

Nous avons rendu visite au Professeur Nguyên Van Mân, l'un des pionniers dans le PEV, peu de temps après une seconde intervention chirurgicale cardiaque. Bien qu'il n'ait pas complètement récupéré, il nous a accueilli avec enthousiasme et nous a présenté une grande collection de photos du «temps où l’on prenait les aiguilles et les vaccins pour ouvrir la route du PEV». C’était 1985 et 1986 quand il était directeur adjoint du premier centre de production de vaccins au Vietnam (maintenant Centre pour la recherche et la production de vaccins et de produits biologiques de la santé publique). Il a également été vice-président du Programme national de vaccination et président de la vaccination élargie dans la zone nord. Il aurait été incapable de remplir la mission confiée par la nation s'il n'avait pas été un homme de coeur et enthousiaste.

A cette époque, le Vietnam a eu beaucoup de difficultés et manquait de moyens matériels. «Dans les zones reculées, les gens manquaient de tout, même d’aiguilles, d'alcool et de coton. Nous avons dû aller dans chaque bateau pour vacciner les pêcheurs. Nous avons dû transporter les vaccins en calèche », a-t-il expliqué.