Hanoi (VNA) - Cinquante-cinq ans se sont écoulés, jour pour jour, depuis le premier épandage de produits chimiques toxiques par l’armée américaine, les plaies du Vietnam ne sont pas toutes fermées et les victimes crient toujours justice.

Entre 1961 et 1971, une pluie chimique s’est abattue sur quelque 26.000 hameaux et villages sur plus de 3 millions d’hectares d’espaces naturels - l’opération Ranch Hand (ouvrier agricole) décidée par les Etats-Unis pour détruire caches végétales et ressources vivrières des soldats vietnamiens.

L'agent orange en accusation au colloque international sur les effets nuisibles de l’agent orange/dioxine du 8 au 9 août à Hanoi. Photo: VGP
Symbole de cette mort lente tombée du ciel, environ 80 millions de litres de produits chimiques, dont 61% était de l’agent orange, un puissant herbicide ainsi surnommé pour la couleur des barils qui servaient à son transport.

Ce défoliant qui contient près de 400 kilos de dioxine, l’un des produits toxiques les plus puissants, détruit des plantes mais aussi la vie et la santé des habitants, en perturbant les fonctions hormonales, immunitaires et reproductives de ceux qui s’y exposent.

Selon l’Association des victimes de l’agent orange/dioxine du Vietnam (VAVA), plus de 150.000 victimes de la deuxième génération d’après-guerre, 35.000 de la troisième génération, 2.000 de la quatrième génération, le pays compte plus de 4,8 millions d’habitants directement exposés au défoliant, dont 3 millions en subissent encore les séquelles.

Des centaines de milliers d’entre eux sont décédés dans la douleur. D’autres continuent de combattre tant bien que mal leurs maladies, souvent incurables. De nombreuses femmes ne pourront jamais jouir du bonheur d’être épouses ou mères. De nombreux enfants sont nés malformés ou condamnés à une vie végétale.

Ces derniers temps, le gouvernement vietnamien a promulgué plusieurs plans d’action nationaux pour lutter contre les conséquences de l’agent orange. Des études ont été menées pour rechercher les meilleures techniques pour traiter les zones contaminées.

Le gouvernement vietnamien révise en permanence ses politiques en faveur des victimes de l’agent orange. Il mobilise sans relâche toutes les ressources disponibles pour soutenir ces victimes dans l’éducation et leur apporter les soins nécessaires.

Diverses activités pour célébrer le 55e anniversaire du désastre de l'agent orange/dioxine au Vietnam et de la Journée des victimes vietnamiennes. Photo: VNA

Chaque année, le budget de l’Etat accorde 10.000 milliards de dôngs d’allocations mensuelles aux victimes de l’agent orange. Le gouvernement investit aussi dans les soins à leur apporter tout en les aidant à faire des études, à développer leurs affaires dans la production ou le commerce.

Les efforts importants du gouvernement et du peuple vietnamiens, et les contributions de la communauté internationale permettent de remédier aux séquelles de l’agent orange au Vietnam et d’aider les victimes à améliorer leur vie.

Un appel à la solidarité et à l’action pour aider les victimes contaminées par cette substance hautement toxique a été lancé lors d’un colloque international sur les effets nuisibles de l’agent orange/dioxine terminé le 9 août à Hanoi.

Une trentaine d’interventions prononcées ont souligné l’extrême difficulté du Vietnam à réparer les effets de l’agent orange/dioxine. L’assistance a invité les pays, les organisations au Vietnam et à l’étranger à conjuguer leurs efforts pour régler les conséquences de la dioxine.

Appelant à rendre justice aux victimes, les scientifiques​ et activistes ont demandé au gouvernement américain et aux firmes chimiques américaines à reconnaître les effets de la dioxine et à indemniser les victimes pour les souffrances endurées par elles-mêmes et par leurs familles.

Le Vietnam et les Etats-Unis ont élaboré un plan de désintoxication de l’environnement. Dans l’immédiat, les efforts seront concentrés sur les aéroports de Dà Nang et de Biên Hoa. Selon les prévisions, le travail de désintoxication de l’aéroport de Da Nang devrait prendre fin en 2017, a fait savoir le président de la VAVA, Nguyên Van Rinh.

Le gouvernement envisage aussi d’examiner d’autres régions contaminées par l’agent orange. Nous sommes persuadés que les gouvernements vietnamien et américain travailleront de concert pour traiter les effets nuisibles de ce défoliant, a-t-il ajouté. – VNA