jeudi 17 août 2017 - 17:04:33

Un projet pour augmenter la taille des Vietnamiens

Imprimer

En matière de taille, les Vietnamiens sont largement en dessous de la moyenne régionale asiatique. Le Projet 641 vise à remédier à cette situation. Objectif affiché : gagner 3,5 cm d’ici à 2030.

D’un budget prévisionnel de 6.000 milliards de dôngs, le projet général de développement de la taille des Vietnamiens, période 2011- 2030, appelé aussi Projet 641, est en cours de déploiement dans l’ensemble du pays, sous la houlette du Département général de l’éducation physique et des sports (DGEPS). Objectif : faire grandir les Vietnamiens de 3,5 cm d’ici à 2030. Plus concrètement : atteindre 168,5 cm pour les hommes et 157,5 cm pour les femmes.

À présent, la taille moyenne des Vietnamiens est de 165 cm (pour 52,2 kg) chez les hommes, et de 154 cm (46 kg) chez les femmes, soit 10 cm de moins que celle des Sud-Coréens, et 8 cm que celle des Japonais. En comparaison avec d’autres pays asiatiques comme la Chine, la Thaïlande, Singapour ou la Malaisie, les Vietnamiens sont à la traîne. «Une situation imputable au régime alimentaire et à une pratique insuffisante des activités physiques et sportives, notamment à l'école», considère le Prof.-Docteur Duong Nghiêp Chi, ex-chef adjoint du DGEPS, un des auteurs du Projet 641.

Renforcer l’éducation physique à l’école

Pour le vice-Prof.-Docteur Lê Bach Mai, directeur adjoint de l’Institut national de la nutrition, des travaux de recherche dans le monde ont montré que le développement de la taille dépend à 20% seulement de l’hérédité et à 80% des conditions de vie : alimentation, activité physique, éléments environnemental et psychologique. «Si l’on considère le corps humain comme un véhicule, le régime alimentaire et l’activité physique sont les deux roues dirigeant son évolution», considère-t-il. Et de déplorer que ces trois dernières décennies, la taille moyenne des jeunes Vietnamiens n’a cru que de 3 cm, c’est-à-dire de seulement 1 cm par décennie.

Hormis le régime alimentaire, les Vietnamiens souffrent encore d’une seconde «carence», et pas des moindres, celle de l’activité physique. À l’école par exemple, la pratique de l’éduction physique laisse à désirer. Il y a un manque certain d’infrastructures, notamment dans les régions montagneuses et reculées, à quoi s’ajoute une certaine désaffection des élèves et des parents vis-à-vis de cette matière.

Cette situation a été discutée lors d’une récente réunion des députés. Selon le vice-Prof.-Docteur Vu Duc Thu, ex-directeur du Département de l’éduction physique, relevant du ministère de l’Éducation et de la Formation, «afin de développer la stature des Vietnamiens, il est urgent de renouveler et revaloriser l’éducation physique et sportive à l’école pour donner aux élèves les bases d’une vie saine et d’une bonne santé».

La plupart des députés ont estimé que le déploiement du Projet 641 pourrait régler pour une part cette situation déplorable. Néanmoins, la première étape quinquennale du projet va se terminer, sans qu’aucun crédit budgétaire n’ait été versé.

En attente de fonds privés

Le Projet 641, ratifié en avril 2011 par le gouvernement, a été mis sur les rails début 2012 dans l’ensemble du pays. Un projet de longue haleine (achèvement prévu en 2030) comprenant quatre programmes principaux, renforcés par une série de plans détaillés.

Le Projet 641 et ses quatre programmes :

+ Programme 1 : Faire des recherches sur les éléments principaux capables d’agir sur le développement de la force physique et de la taille des Vietnamiens. Établir des critères et des standards.

+ Programme 2 : Prodiguer des soins en matière de nutrition en faveur des femmes enceintes, des nouveau-nés, des enfants et des jeunes de moins de 18 ans.

+ Programme 3 : Intensifier auprès des jeunes de 3 à 18 ans les mesures pour développer la force physique et la taille. Concrètement : augmenter la quantité et la qualité des cours d’éducation physique à l’école.

+ Programme 4 : Rehausser les connaissances des Vietnamiens en la matière et les inciter à participer volontairement au projet.

Néanmoins, la question du budget constitue un problème épineux. «J’ai été étonnée d’apprendre que le ministère des Finances n’a pas encore adopté les crédits. Le ministre des Finances sera interpellé prochainement sur ce problème», a assuré la député Bùi Thi An, membre de la Commission des sciences, des technologies et de l’environnement de l’Assemblée nationale.

Selon Lâm Van Thanh, chef adjoint du DGEPS, directeur du Comité de pilotage du Projet 641, des 6.000 milliards de dôngs du projet, l’État ne pourra fournir que 500 milliards. Le reste devra être mobilisé, au fur et à mesure, auprès des entreprises, des organisations de masse et des individus. Fin 2014, une tranche de mobilisation de fonds a été déclenchée à Hanoi, sous l’égide du vice-Premier ministre Vu Duc Dam. Résultats dans les mois à venir. -CVN/VNA

Vos commentaires sur cet article ...
Autres