Le Truyên Kiêu a été traduit en plus de 20 langues et près de 40 versions. Photo: VNA

 

Hanoi, 27 novembre (VNA) - Dans cette conjoncture d'intégration internationale de manière profonde et totale, le Truyên Kiêu (Conte de Kiêu), chef-d'œuvre de Nguyên Du, a franchi les frontières nationales pour devenir réputé dans le monde. A travers les traductions et les ouvrages de recherche, l'œuvre posthume du grand poète Nguyên Du passionne des lecteurs de tous les continents.

La première traduction du Truyên Kiêu en français a été réalisée en 1884-1885 par Abel des Michel. Actuellement, l'ouvrage du grand poète et homme de culture du monde Nguyên Du a été traduit dans presque toutes les langues et est connu partout dans le monde. On ne peut pas dénombrer le nombre de générations d'érudits et de poètes qui ont cherché à étudier et à surmonter la barrière linguistique pour transmettre dans une autre langue ce poème imprégné de l'esprit et des valeurs culturelles orientales.

"Kim Vân Kieu ou le jeu des dieux", une adaptation en français du Truyên Kiêu, est présenté en mai 2015 au Centre culturel du Vietnam en France, à Paris, par la conteuse célèbre Isabelle Genlis. Photo: VNA 

 Selon les statistiques, le Truyên Kiêu a été traduit en plus de 20 langues et près de 40 versions : français, anglais, japonais, chinois, russe, coréen, hongrois, polonais, finlandais, arabe, allemand, bulgare, roumain, espagnol, mongol, laotien,  thaïlandais, etc. Plusieurs ouvrages d'étude sur le contenu et  la prosodie artistique du Truyên Kiêu ont été publiés. Aux États-Unis, en France et en Russie, le Truyên Kiêu a été traduit en plusieurs versions. Notamment, il en existe 13 versions différentes en français.

L'apparition de cette œuvre et de son auteur dans le Dictionnaire des œuvres de tous les temps et de tous les pays de la Société d'édition des dictionnaires et encyclopédies, publié à Paris en 1953, est une démonstration vivante du respect des Français envers le Truyên Kiêu.

Outre des versions en français réalisées par les érudits vietnamiens ou des Viêt Kiêu (Vietnamiens d'autres-mer), certaines ont été réalisées par des poètes français. Dès le début du 20e siècle, en effectuant la translittération, le poète français René Crayssac a conçu le poème "Kim et Kiêu" avec sa propre émotion. Il considérait le Truyên Kiêu de Nguyên Du comme l'un des chefs-d'œuvre de l'Humanité, toutes époques confondues.

Le "Truyên Kiêu" est traduit en coréen par le professeur Ahn Kyong Hwan. Photo: VNA

  ​Aux Etats-Unis, la traduction et l'étude du Truyên Kiêu ont commencé bien avant la citation de certains de ses vers par l'ex-président américain Bill Clinton (en novembre 2000) et le vice-président américain Joe Biden (en juillet 2015). En 1973, le docteur Huynh Sang Thong, professeur à l'Université de Yale, a traduit le Truyên Kiêu en anglais. Trois autres éditions ont été traduites par Lê Xuân Thuy, Lê Cao Phan et Michael Counsell. Par ailleurs, le professeur Mariam, de l'Université de Californie, a publié plusieurs articles et études sur le Truyên Kiêu.

En Russie, le Truyên Kiêu a été présenté et étudié par plusieurs chercheurs tels quel N. Niculin, Tcachiov, Steinberg…En Allemagne, Irene et son mari Franz Faber ont consacré sept ans (1956-1963) à la traduction du Truyên Kiêu du français à l'allemand.

Au Japon, lors de la 2e guerre mondiale, Komatsu Kiyoshi, qui a traduit le Truyên Kiêu du français au japonais, l'a comparé avec Genji Monogatari, un chef-d'œuvre de la littérature japonaise, en disant : "cette œuvre est  un poème romantique manifestant l'esprit et la culture d'An Nam (ancien nom du Vietnam)".

Les chercheurs vietnamiens et sud-coréens au colloque international "Nguyên Du et Truyên Kiêu" organisé en octobre 2014 à Gwangju. Photo: VNA

  Pour leur part, les lecteurs sud-coréens ont tellement apprécié le Truyên Kiêu qu'ils ont appelé "le Chant de la fidèle Chunhyang", une œuvre de  la littérature classique sud-coréenne parlant également d'une belle jeune femme talentueuse qui préserva bien son personnalisme face à des épreuves. En Chine, plusieurs chercheurs ont considéré le Truyên Kiêu comme l'œuvre littéraire vietnamienne la plus importante jamais écrite et Nguyên Du comme un poète exceptionnel.

Par ailleurs, le Truyên Kiêu est particulièrement attaché à la vie spirituelle des Vietnamiens résidant à l'étranger. Selon le docteur Bountheng Souksavatd, de l'Académie nationale des sciences sociales du Laos, le Truyên Kiêu vit toujours dans l'âme des Vietnamiens de la diaspora. Peu d'œuvres littéraires les touchent autant, a-t-il ajouté.

 

La couverture d'une version du "Truyên Kiêu" en russe. Photo: VNA

 

Nguyên Du a été le premier homme de lettres vietnamien reconnu comme homme de culture du monde. A ce jour, le Truyên Kiêu est aussi l'œuvre littéraire vietnamienne la plus lue et la plus partagée dans le monde. Les admirateurs et chercheurs de Nguyên Du et du Truyên Kiêu ne sont jamais aussi nombreux. Ce qui prouve que ce grand poète et son chef-d'œuvre ont nouvelle vie à l'extérieur des frontières de leur pays natal.

En 1965, l'Organisation mondiale pour la paix a recommandé l'organisation d'activités de célébration du 200e anniversaire de la naissance de Nguyên Du, aux côté de 8 autres célébrités dont Dante (Italie) et Lomonosov (Russie). Cette année, les activités de célébration de son 250e anniversaire au Vietnam et dans plusieurs pays constituent une occasion pour affirmer son influence et ses contributions, ainsi que pour faire propager les valeurs immortelles du Truyên Kiêu comme de la culture vietnamienne à l'international. –VNA