Bac Giang (VNA) - Thô Hà était autrefois l’un des trois centres de céramique les plus réputés du delta du fleuve Rouge, avec Phù Lang (Bac Ninh) et Bat Tràng (Hanoï). Malheureusement, ce métier traditionnel y a bel et bien disparu. 

La porte du village de Thô Hà. Photo: VNA

Situé à une cinquantaine de kilomètres de Hanoï, le village de Thô Hà, province de Bac Giang trône au bord de la rivière Câu. Il est considéré comme une «terre sacrée où sont nés de grands hommes» et un témoin de la culture vietnamienne du delta du fleuve Rouge.

Une période dorée

Thô Hà était autrefois réputé dans tout le Nord pour ses urnes funéraires ainsi que d’autres céramiques non émaillées de couleur marron clair ou gris foncé, notamment jarres, vases ou brûle-parfums. Les traces de son glorieux passé de village de poterie restent gravés sur les toits, les murs, la porte du village, la maison communale et sur les chemins, pavés de morceaux de faïence.

Dans ce terroir riche en grès et argile, le métier de céramiste est né au XIIe siècle. Au XVIIe siècle, le célèbre érudit Lê Quy Dôn, de passage dans la localité, rédigea un écrit dans lequel il nota que «Thô Hà possède un métier de poterie et de faïence prospère et rentable». Son commerce était florissant, ce qui a permis à ses habitants de construire le plus grand temple de la région.

Malheureusement, Thô Hà, comme bien d’autres villages artisanaux, n’a pas résisté au virage de la modernité et a perdu son métier ancestral. Les clients se sont détournés des produits traditionnels au profit de céramiques modernes, plus durables et moins coûteuses. Aujourd’hui, Thô Hà est spécialisé dans la fabrication de pâtes et de galettes de riz, dont on peut suivre l’entier processus en visitant le village.

Pourtant, son architecture ancienne, l’hospitalité de ses habitants et sa gastronomie font de Thô Hà une destination intéressante, aussi bien pour les touristes que pour les chercheurs et artistes. -CVN/VNA