lundi 21 août 2017 - 11:46:16

Sous la plume de Vo Quôc Ven, le photoréalisme augmenté

Imprimer

Vo Quôc Ven n’est pas un artiste comme les autres. Étudiant à Hô Chi Minh-Ville, ce portraitiste hors pair n’a pourtant suivi aucune formation en beaux-arts. Ses œuvres, essentiellement sur les célébrités, sont saluées par les professionnels.

Le dessinateur Vo Quôc Ven, alias Ken Ken.

Bien assis sur sa chaise, quelques crayons sur la table et une feuille de papier canson de format A4 dans la main gauche, le smartphone posé devant lui, le jeune homme tapote l’écran de sa main droite  et la photo de la mannequine Pham Huong, sourire élatant, chevelure longue et ondulée, apparaît sur le téléphone. Après avoir fixé son portable sur un support, il commence son travail : dessiner le portrait de cette jeune fille élue Miss Univers Vietnam 2015. S’il reste bien concentré et que rien ni personne ne le dérange, le portrait au crayon noir pourrait être achevé en quatre heures. 

Une passion nourrie depuis l’enfance

Vo Quôc Ven, 22 ans, est étudiant en dernière année à la Faculté de décoration intérieure de l’École des technologies de Hô Chi Minh-Ville. Sa passion pour le dessin ne date pas d’hier, il y consacre des heures entières depuis ses trois ans. Mais l’école demande aussi du temps, si bien qu’il ne commence à s’investir sérieusement dans le dessin que baccalauréat en poche et après avoir réussi le concours d’entrée à l’université.

Un portrait agrémenté d’aquarelles plus vrai que nature.

En quatre ans passés à la fac, Vo Quôc Ven a réalisé majoritairement trois types de dessins : 500 portraits au crayon noir, au stylo à bille et à l’aquarelle de Leningrad, mais aussi une trentaine d’ouvrages faits avec de la poudre de café et pas mal d’œuvres consistant à compléter une photo coupée en deux verticalement. Avec à chaque fois le même flot de compliments une fois présentés à ses amis ou postés sur son compte Facebook, y compris des professionnels.  

«Occupé par mes études universitaires, je n’ai suivi aucune formation en beaux-arts mais je dessine comme je vis, quand je pense que c’est le meilleur moment pour le faire», confie l’étudiant au sourire dévastateur. Parmi les types d’art auxquels il s’essaie, Vo Quôc Ven - qui signe souvent de son pseudo Ken Ken sur ses œuvres - avoue que la complétion d’une photo est pour lui le plus enthousiasmant. Le jeune homme raconte minutieusement les démarches de ce qui constitue un sacré challenge.


Dessin du footballeur anglais de Liverpool, Steven Gerrard, réalisé sur une feuille de format A0.

«Normalement, j’ai besoin d’une photo-portrait au format A4 que je place devant moi. Avec un crayon noir ou un stylo à bille, je vais dessiner sur une feuille de même format la moitié du visage, verticalement. Le dessin terminé, je le fais glisser au dessus de la photo. Le but est que les deux moitiés se combinent parfaitement et qu’aucune différence, ou plutôt incohérence, ne soit perceptible, jusque dans les moindres détails».  

Une concentration hors du commun

Pour Vo Quôc Ven, la réussite d’un portrait dépend essentiellement de deux éléments : les yeux et la bouche, qui déterminent l’expression du visage et du regard. Il est donc logique que ce soit sur ces détails que l’artiste consacre le plus de temps. À ses débuts, une seule œuvre lui demandait une, voire deux journées entières, avec en moyenne cinq ou six brouillons jetés directement dans la corbeille. «Ce type d’art exige une grande précision. Le dessinateur doit faire preuve d’une concentration de tous les instants», dit-il.

Mais, aujourd’hui, l’expérience emmagasinée permet à Ven de parachever une œuvre en cinq ou six heures seulement. Niveau matériel, il reste fidèle aux crayons noirs, aux stylos à bille et à l'aquarelle de Léningrad. Son indéniable talent lui permet même aujourd’hui de financer ses études, ce qui ne l’empêche pas de refuser des commandes ! «Réaliser des portraits demande du temps et de la patience. Je ne dessine que lorsque j’en sens l’envie», confie-t-il.


L’expression du regard est déterminante pour la réussite ou non d’un portrait.

Outre les portraits, Quôc Ven explore depuis peu la voie des dessins 3D, de plus en plus populaires au niveau mondial. Car d’après lui, la maîtrise de la perspective permet d’entrer dans une nouvelle dimension artistique. À l’aide d’une simple feuille et d’un crayon, il peut donner l’impression que ses oeuvres sortent littéralement de la page, prêtes à bondir sur ceux qui les contemplent. Affaire à suivre... -CVN/VNA

 

Vos commentaires sur cet article ...
Autres