Berlin (Allemagne), 22 janvier (VNA) - À Berlin, en Allemagne, l’école de vietnamien Sao Mai a deux missions : aider les enfants Viêt kiêu (Vietnamiens résidant à l’étranger) à parler et écrire vietnamien, ainsi que préserver la culture et les coutumes de leur pays d’origine. Reportage.
 
Célébration des 10 ans de l’école de vietnamien Sao Mai, le 12 septembre 2016. Photo : CTV/CVN
«Tant qu’il y a du vietnamien, il y a du Vietnam !». C’est la conception de beaucoup de parents Viêt kiêu en Allemagne. Leur plus grand souhait ? Voir leurs enfants pouvoir lire, parler et écrire couramment vietnamien. Raison pour laquelle le mouvement d’apprentissage de cette langue se développe de plus en plus dans les villes et provinces où la diaspora vietnamienne est fortement représentée.

Préservation de la langue vietnamienne

Fondée en 2006, l’école Sao Mai a contribué à l’essor du vietnamien à l’étranger. Son nombre d’élèves ne cesse d’augmenter.

«Au début, nous n’avions qu’une classe comptant quelques élèves. Mais aujourd’hui, nous en maintenons régulièrement quatre, avec une soixantaine d’élèves», se félicite Nguyên Thi Hoàng Liên, la directrice.

Son établissement accepte tous les enfants et adolescents de 6 à 16 ans d’origine vietnamienne qui souhaitent apprendre le vietnamien. Les cours ont lieu le week-end. Les enseignants utilisent les méthodes élaborées par eux-mêmes, en consultant les manuels scolaires publiés au Vietnam ou les manuels expérimentaux comme Tiêng Viêt vui (Le vietnamien en s’amusant) et Quê Viêt (Campagne Viêt), pour être davantage en conformité avec les capacités des élèves.

«Grâce aux efforts des enseignants, à l’enthousiasme des parents d’élèves ainsi que des élèves, et notamment au soutien du Centre commercial Thai Binh Duong, notre école a enseigné le vietnamien à des centaines d’élèves, contribuant à entretenir la maîtrise de notre langue chez les enfants de Vietnamiens des 2e et 3egénérations en Allemagne», souligne Nguyên Thi Hoàng Liên.

Un parent d’élève confirme : «Peu de temps après ses débuts ici, le niveau de vietnamien de mon enfant s’est nettement amélioré. Nous sommes très contents de voir les enseignants être parvenus à créer chez lui le souhait de comprendre la terre de ses ancêtres».

La culture en outil d’apprentissage
 
La danse permet aux enfants d’apprendre le vietnamien en s’amusant et de mieux ressentir les liens avec la culture de leur pays d’origine. Photo : CTV/CVN
Parallèlement à l’enseignement de la langue vietnamienne, l’école donne également des cours de danse et de chanson. Une forme d’apprentissage ludique grâce à laquelle les élèves peuvent présenter des numéros artistiques dans le cadre des activités communautaires, contribuant ainsi à faire rayonner la culture vietnamienne parmi les amis allemands.

«C’est aussi un moyen pour les Vietnamiens des 2e et 3e générations  nés en Allemagne de mieux comprendre leur origine, la valeur et la beauté de la culture de leur pays d’origine», partage Nguyên Thanh Tâm, enseignante de l’école Sao Mai. Et de poursuivre : «Notre objectif est de renforcer le sentiment d’attachement familial et de réveiller la fibre patriotique chez les jeunes à travers les chansons, poèmes et contes. Tous les membres de notre classe sont aux anges de représenter les danses apprises lors d’activités de la communauté vietnamienne en Allemagne ou autres grands événements dans le pays de résidence».

Si ces représentations contribuent à la promotion de la beauté culturelle traditionnelle du Vietnam en Allemagne, la musique et la danse sont les fondements du développement de l’«âme vietnamienne» à l’étranger.

Nguyên Thanh Tâm fait savoir aussi que lors du Têt traditionnel, les enseignants leur présentent certains us et coutumes comme les li xi (petites étrennes glissées dans des enveloppes rouges offertes aux enfants pour leur souhaiter du bonheur), la présentation des vœux aux aînés, la décoration de la maison avec une paire de sentences parallèles, ainsi que les plats typiques comme banh chung (gâteaux de riz gluant farci et viande de porc et de haricots verts poivrés), oignons salés et fermentés, etc. Ils coopèrent aussi avec leurs collègues d’autres écoles pour étudier diverses expériences en matière d’enseignement. – CVN/VNA