La ville de Viêt Trì (province de Phú Tho, Nord) est depuis longtemps connue comme la région d’origine de la nation. C’est en effet là qu’était le cœur de l’ancienne capitale du Van Lang, le premier État du Vietnam.

La ville de Viêt Trì possède un grand nombre de patrimoines culturels matériels et immatériels, encore omniprésents dans ses villages et communes tels que vestiges archéologiques, architecturaux et révolutionnaires, fêtes traditionnelles, arts populaires... Les deux plus remarquables sont le Culte des rois Hùng et le hát xoan (chant printanier) de Phú Tho, reconnus patrimoines culturels immatériels de l’Humanité par l’UNESCO.

En particulier, le site historique du Temple Hùng - lieu de culte des rois fondateurs Hùng le plus important du pays - est devenu une destination spirituelle traduisant le fameux adage du peuple vietnamien : «Quand tu bois de l’eau, pense à la source». « Tout cela a permis d’affirmer les grandes valeurs historiques, culturelles, artistiques et humaines de Viêt Trì dans l’ensemble des patrimoines culturels de la terre de Phú Tho », estime Lê Hông Vân, président du Comité populaire de Viêt Trì.

Conscientes des potentialités de Viêt Trì, ces dernières années, les autorités municipales ont mis l’accent sur la réalisation d’un certain nombre de tâches stratégiques. Il s’agit de faire de Viêt Trì un pôle socio-économique et technoscientifique de la province comme de la moyenne région, une ville de festivités autour du label «Retour aux sources».

En 2012, malgré la conjoncture économique défavorable, la ville a obtenu des résultats satisfaisants dans divers domaines, dont une croissance économique de 7,39%, un revenu per capita a atteint plus de 31,6 millions de dôngs/an.

En plus du développement économique, la ville s’intéresse également à la promotion des activités socioculturelles. De nombreux secteurs ont réalisé des acquis importants, notamment dans l’éducation : généralisation de l’enseignement secondaire (en cours), standardisation du contingent d’enseignants, modernisation des infrastructures scolaires, amélioration de la qualité de l’enseignement et de l’apprentissage. Le niveau de vie de la population ne cesse de croître.

Préserver le chant xoan

Un cours de chant xoan à l’école primaire Tho Son, ville de Viêt Trì.

Après que le hát xoan a été reconnu fin novembre 2011 par l’UNESCO comme «patrimoine culturel immatériel de l’Humanité nécessitant une sauvegarde urgente», la ville a élaboré un programme d’action concret pour préserver ce chant traditionnel. Elle a décerné le titre d’Artistes chanteurs de xoan de Phú Tho à 29 artistes de quatre troupes, les seuls encore capables de transmettre ce chant aux jeunes.

« Viêt Trì a décidé d’axer ses activités de culture de masse sur la conservation ou la relance du hát xoan en tentant de raviver la passion de toute la population pour ce chant traditionnel. Des cours de hát xoan seront même incorporés dans les programmes scolaires de la ville », informe Lê Hông Vân. De plus, la ville a investi dans l’aménagement, la préservation et la restauration des monuments relatifs à ce patrimoine culturel immatériel.

En 2013, la ville de Viêt Trì vise une croissance économique de 7% ou plus, un revenu per capita moyen de 33 millions de dôngs/personne, une valeur d’exportation de 420 millions de dollars. « Le plus important, c’est de faire de Viêt Trì une ville des festivités autour du label de +Retour aux sources+», souligne le président du Comité populaire municipal. Pour cela, il faut promouvoir les valeurs traditionnelles des patrimoines culturels en mariant de façon ingénieuse traditions et modernité en vue d’une harmonie parfaite entre la ville industrielle et la ville festive.

Hát xoan en bref : 

• Le hát xoan ou le hát cửa đình (littéralement «chant à l’entrée de la maison communale») est non seulement une «spécialité» de Phú Tho mais aussi du pays.
• Il existe trois formes de hát xoan : les chants d’adoration des rois Hùng et des esprits gardiens du village ; les chants rituels sollicitant d’abondantes récoltes, une bonne santé et de la chance ; ainsi que les chantes de fête villageoise avec une alternance de voix masculines et féminines pour mimer une cour galante.
• Dans le chant xoan, les rôles sont soigneusement répartis entre les deux sexes : aux hommes les interpellations, aux femmes les réponses... C’est un art scénique tout à fait particulier qui allie le chant et la danse. – VNA