Le colloque «Communauté de l’ASEAN - opportunités, défis, solidarité et coopération» a débuté le 19 octobre à Hanoi. Photo: VNA

À la fin de cette année, la Communauté de l’ASEAN verra le jour. Elle repose sur les trois piliers : politique et sécurité, économie, et culture et société, en considérant le peuple comme son centre.

Le colloque «Communauté de l’ASEAN - opportunités, défis, solidarité et coopération» a lieu les 19 et 20 octobre à Hanoi. Il est organisé par le Fonds de paix et de développement du Vietnam en partenariat de la Caisse Rosa Luxemburg Stiftung.

«La Communauté de l’ASEAN va concrétiser ses objectifs en se considérant d’abord comme une communauté de partenariat politique, économique et social, avec pour centre le peuple», a souligné dans son discours d’ouverture Trinh Ngoc Thai, vice-président du Fonds de paix et de développement du Vietnam.

Selon lui, avec un PIB de près de 3.000 milliards de dollars et une population de plus de 600 millions de personnes, l’ASEAN est la 7e économie du monde, et figure à la troisième place mondiale en termes de ressources humaines. «Ses perspectives sont particulièrement prometteuses», a-t-il analysé.

L’ASEAN, 3e économie d’Asie

Liliane Danso-Dahmen, directrice de la Caisse Rosa Luxemburg Stiftung pour l’Asie du Sud-Est, a partagé pour sa part que son organisation met en œuvre des projets de partenariat avec l’ASEAN comme avec ses membres. «Nous avons organisé de nombreux colloques concernant l’incidence de l’intégration au sein de l’ASEAN sur le développement socioéconomique de chacun de ses membres», a-t-elle précisé.

Les participants à ce colloque discutent essentiellement de la naissance de la Communauté économique de l’ASEAN (AEC en anglais). C’est plus précisément l’AEC qu’ils évoquent, suivant divers points de vue comme l’intégration de cette dernière au monde, l’intégration des secteurs agricoles de ses membres au sein de l’ASEAN, le commerce, l’investissement et les entreprises avec l’AEC, et les ressources humaines dans le cadre de l’ASEAN.

Anne Mae, membre du Secrétariat de l’ASEAN, a présenté les caractéristiques générales de l’AEC. Elle a indiqué qu’entre 2007 et 2014, l’ASEAN a réalisé un PIB de 2.570 milliards de dollars, soit le 3e rang d’Asie et le 7e du monde. Son commerce extérieur s’est élevé à 2.500 milliards de dollars en 2014, contre 1.600 milliards en 2007. Ses partenaires majeurs en commerce sont la Chine, l’Union européenne (UE), les États-Unis et le Japon. Ses membres sont des sites privilégiés pour de nombreux investisseurs du monde entier, en recevant en 2014 près de 136 milliards de dollars d’investissement direct étranger, contre 85 milliards en 2007.

Vo Tong Xuân, recteur de l’Université de Nam Cân Tho (delta du Mékong), a exposé la situation réelle, les défis, les politiques privilégiées et les opportunités de l’agriculture vietnamienne après la naissance de la Communauté de l’ASEAN. Selon lui, l’agriculture nationale devrait être prête à une telle intégration, surtout avec l’entrée du Partenariat transpacifique. «Pour une parfaite intégration, l’application des hautes technologies, ainsi que la pratique de partenariats entre les agriculteurs, l’État, les scientifiques et les entreprises, seront indispensables», a-t-il néanmoins souligné.

À cette occasion, Carsten Schatz, un spécialiste de l’UE, a exposé les avantages et les défis que pose une telle intégration suivant l’expérience de l’union, ainsi que les enseignements d’ONG.

Ce colloque a pour objet d’approfondir les opportunités et les défis résultant de la naissance de la Communauté de l’ASEAN afin de proposer des mesures concrètes. À cette occasion, les participants échangent les expériences de leurs pays en matière d’intégration régionale et internationale. -CVN/VNA