Chaque année, parmi les 400.000 jeunes diplômés, 170.000 ne trouvent pas d’emploi. Ce chiffre pose la question de la qualité de la formation universitaire. Face à cette situation, certaines universités tentent un renouvellement de leur formation.

D’après le rapport du ministère du Travail, des Invalides de guerre et des Affaires sociales, au premier trimestre de 2015, 178.000 diplômés sont au chômage. Un chiffre qui connaît une augmentation de 9,9% par rapport à la même période de l’année précédente et qui révèle la nécessité de renouvellement de la formation universitaire, alors incompatible avec la demande des entreprises.

Manque de ressources étatiques

Dans un contexte économique difficile, les entreprises accueillent généralement plus de travailleurs expérimentés au détriment des jeunes diplômés. Elles s’avèrent réticentes face aux coûts engendrés par leur formation. Il est de plus difficile d’intégrer une entreprise sans y avoir de relation. Autant de difficultés qui entravent l’accès à l’emploi des jeunes diplômés.

De nombreux jeunes pâtissent de plus d’un manque de "soft skills", des compétences qui ne sont pas directement liées à leur domaine d’étude. S’ils ont de bons résultats à l’université, beaucoup échouent malgré tout lors de leurs entretiens d’embauche. La plupart manque de compétences en terme de communication, de travail en équipe ou de pratique de l’anglais.

Doan Mâu Diêp, vice-ministre du Travail, des Invalides de guerre et des Affaires sociales souligne que chaque année, des milliers de jeunes diplômés se retrouvent au chômage, ne satisfaisant pas les exigences des entreprises. Cette situation est due à la mauvaise qualité de la formation dont la pratique est souvent délaissée au profit de la théorie. Les programmes universitaires ne sont pas adaptés à la demande des entreprises.

Selon le ministère de l’Éducation et la Formation, les ressources ne sont pas encore mobilisées efficacement dans le développement de la formation universitaire. Le budget étriqué provenant de l’État n’est pas suffisant pour encourager les universités à améliorer la qualité de l’apprentissage.

Pham Minh Hac, ancien ministre de l’Éducation et de la Formation, estime que la tendance à la popularisation et à la commercialisation domine notre société. De nombreuses universités ont été créées ces dernières années mais la qualité de l’enseignement n’est pas toujours au rendez-vous.

Un partenariat officiel avec les entreprises

Le projet de renouvellement de la formation de l’Université Lac Hông (province de Dông Nai, Sud) obtient des résultats encourageants. Elle se focalise sur la demande du marché et des entreprises. Les étudiants y reçoivent de nombreux cours de pratique et non pas seulement de théorie. Les professeurs se concentrent sur l’acquisition de soft skills, indispensables aux travailleurs. Des conférences sur la recherche scientifique y sont organisées et de nouveaux thèmes sont explorés par les étudiants. Les résultats de leurs recherches sont appliqués à la résolution de problèmes concrets rencontrés par les entreprises nationales et internationales.

Le projet de renouvellement de la formation de l’Université Lac Hông (province de Dông Nai, Sud) obtient des résultats encourageants. Photo: VNA
L’université a coopéré efficacement avec plus de 700 entreprises pour le renouvellement du programme de formation. Les contenus considérés comme inutiles et obsolètes ont été supprimés et remplacés par des nouveaux thèmes nécessaires. Le groupe LH-NVN de l’Université Lac Hông a alors remporté le concours ABU Robocon (Concours de création de robots d’Asie-Pacifique) organisé en 2014, en Inde. Un signe de réussite pour l’établissement. 96% des étudiants sortis de cette université ont trouvé un emploi.

Les universités connaissent de nombreux obstacles dans la mise en place de ce nouveau modèle et notamment l’indifférence de la plupart des entreprises. Selon Nguyên Thi Tinh, directrice de l’Université pédagogique de Thai Nguyên (Nord), il existe des problèmes dans l’application du Programme de formation universitaire orienté vers l’application et la profession. Selon elle, un document officiel des ministères sur la coordination entre les universités et les entreprises est nécessaire.

Nguyên Tiên Dung, directeur de l’Université de Trà Vinh (Sud) espère que la relation entre les universités et les entreprises sera reconnue par la loi. D’après lui, les entreprises qui coopèrent avec les universités devraient bénéficier d’une franchise de taxes.          

Les nouvelles opportunités d’emploi

À la fin de 2015, la Communauté économique de l’ASEAN (AEC) doit voir le jour, menant à la création d’un marché unique. Cet événement offrira de nouvelles opportunités d’emploi pour les travailleurs vietnamiens de certains secteurs (comptables, architectes, dentistes, médecins, infirmières) et notamment pour les diplômés ayant un haut niveau d’anglais. Les universités doivent alors valoriser l’acquisition des compétences générales et une approche internationale du monde du travail. - VNA