La pagode de Côn Son fut construite au pied du mont éponyme au début du XIIIe siècle. Photo : CVN
 

Hanoi (VNA) - La pagode de Côn Son a été érigée dans le district de Chi Linh, province de Hai Duong (Nord), une contrée liée à de nombreux héros et intellectuels. Témoin de l’histoire féodale, ce site permet de découvrir diverses infrastructures historiques. Visite guidée.

La pagode de Côn Son, surnommée «Thiên Tu Phuc Tu» (littéralement la pagode sous la bénédiction du Ciel), se trouve à 70 km à l’est de Hanoi dans la commune de Công Hoà, chef-lieu de Chi Linh. Elle a été construite sous la dynastie des Trân (1225-1400) au pied du mont éponyme, lui-même entouré par deux collines : Ky Lân et Ngu Nhac.

Trois courants culturels, le bouddhisme, le confucianisme et le taoïsme, y coexistent et se sont développés ensemble durant des siècles. Ils ont laissé des traces sur chaque ouvrage, chaque ornement, notamment sur les stèles en pierre et autres statues. En 1329, l’édifice religieux a fait l’objet d’une grande restauration sous l’égide du bonze vénérable Pháp Loan, deuxième fondateur de la secte de Truc Lâm. Son successeur, Huyên Quang, hérita de sa mission et fit de Côn Son l’un des trois grands centres du courant bouddhiste Truc Lâm.

Un des trois centres zen Truc Lâm

La pagode adopte le style architectural royal, reconnaissable avec son bassin en demi-lune derrière le porche d’entrée à triple arcades. Ce dernier  a deux niveaux, et il est marqué par le style emblématique des Lê-postérieurs (1428-1527) avec des vignettes florales multiples. Un chemin dallé, bordé de pins pluriséculaires et de litchis verdoyants, conduit vers le sanctuaire principal où trônent des statues de Bouddha, certaines atteignant trois mètres de haut. Un peu derrière se trouve la maison commémorative dédiée aux trois fondateurs du courant zen Truc Lâm : le roi Trân Nhân Tông, les bonzes Phap Loan et Huyên Quang. Plusieurs héros vietnamiens y sont également honorés, dont Trân Nguyên Dan (1325-1390) et Nguyên Trai (1380-1442). Dans la cour, un impressionnant frangipanier âgé de 600 ans apporte une ombre bienfaitrice.

La pagode adopte le style architectural royal, reconnaissable avec son bassin en demi-lune derrière le porche d’entrée à triple arcades. Photo : CVN


À côté de cette pagode, les visiteurs peuvent découvrir le puit Ngoc, sur le versant du mont Ky Lân. Le mont Côn Son se mérite, puisqu’il faut gravir les 600 marches menant à son sommet, sur lequel a été aménagée une plate-forme surmontée d’un grand bloc de pierre nommé «l’échiquier des fées». À côté du bloc, les visiteurs pourront admirer un panorama splendide depuis un pavillon à deux étages et à huit toits. De plus, à côté du ruisseau Côn Son, on pourra y voir une table de pierre connue pour avoir servi de lieu de repos et de méditation au héros Nguyên Trai.

La pagode de Côn Son constitue l’un des trois centres de la secte zen Truc Lâm, fondée par le roi Trân Nhân Tông au XIIIe siècle. Les deux autres sont Yên Tu (ville de Uông Bi, province de Quang Ninh au Nord) et Quynh Lâm (district de Dông Triêu, province de Quang Ninh). «Côn Son, Yên Tu et Quynh Lâm sont les trois sièges du fameux courant Truc Lâm. Son troisième fondateur, le bonze Huyên Quang, a géré le premier nommé où il vécut toute sa vie. Il est décédé le 23e jour du premier mois lunaire en 1334. L’anniversaire de sa mort a donné date à la fête printanière de Côn Son», indique Lê Duy Manh, chef adjoint du comité de gestion du complexe de Côn Son - Kiêp Bac.

La fameuse stèle «Thanh Hu Dông» reconnue en 2015 comme «trésor national». Photo : CVN


Patrimoine national depuis 1962

Reconnue en 1962 patrimoine national, cette pagode symbolise la confluence du bouddhisme, du confucianisme et du taoïsme. Un inestimable trésor culturel, architectural et sculptural, emblématique de ces trois religions. On y retrouve quatre stèles de pierre datant du XIIIe siècle, dont la fameuse «Thanh Hu Dông» reconnue en 2015 comme «trésor national», un cadeau du roi Trân Duê Tông (1372-1377) au mandarin Trân Nguyên Dan.

L’édifice abrite un énorme patrimoine sculptural qui met à l’honneur les quatre animaux sacrés : le dragon, la licorne, la tortue et le phénix, ainsi que les quatre plantes sacrées : le pin, le chrysanthème, le bambou et l’abricotier. On retrouve aussi des espèces animales du quotidien : le crabe, le poisson, et le cerf. Mais tous ces animaux se courbent devant le Bouddha auquel ils rendent hommage.

La pagode de Côn Son célèbre ses fêtes deux fois par an. La fête du printemps se déroule entre le 16e et le 23e jour du 1er mois lunaire, coïncidant avec l’anniversaire de la mort du bonze Huyên Quang. De riches activités sont au rendez-vous : procession d’eau, rituels en l’honneur du Ciel et de la Terre au mont Ngu Nhac, compétition de lutte, jeux folkloriques, chants alternés…

La fête de l’automne, qui se tient entre le 16e et le 20e jour du 8e mois lunaire, rend hommage à Nguyên Trai, «homme de culture du monde». Au programme : rituels «hâu dông», un culte réservé originellement aux Déesses-Mères, fête militaire sur la rivière Luc Dâu, ou encore lampions sur la rivière.-CVN/VNA