L’absentéisme du personnel soignant pose en effet problème notamment pour les malades traités à long terme. Photo : Ta Chuyên/VNA/CVN

Hanoi (VNA) - Chaque année, les hôpitaux centraux vietnamiens accueillent des centaines de milliers de patients. Cependant, les situations de surcharge dans les hôpitaux du Vietnam, de plus en plus récurrentes, deviennent alarmantes, et s’ensuit inévitablement un manque de personnel soignant.

À l’heure actuelle, l’état de surcharge est de plus en plus alarmant dans les hôpitaux centraux. La surpopulation dans les chambres, couplée aux visites familiales et des proches parfois invasives, compliquent dès lors le travail des intervenants médicaux.

Patiente à l’hôpital de Bach Mai à Hanoï, Mme Mân, touchée par le diabète dénonce : «Je dois partager mon lit avec deux autres patientes. Dans la chambre, malades, parents ou encore proches, médecins et infirmières ou stagiaires se pressent les uns contre les autres, générant une atmosphère suffocante. C’est insupportable !».

«Je suis atteinte du diabète de grossesse et je dois être hospitalisée afin d’éviter un risque de naissance prématurée. Sauf pour les cas urgents où le patient a le droit à un seul lit comme moi, je vois souvent deux et parfois même trois malades sur les lits, dont certaines sont des femmes enceintes. La situation s’aggrave encore plus pendant le week-end», a partagé une femme enceinte du même hôpital.

«Lorsque ma famille vient me rendre visite, tout le monde doit s’entasser et s’assoir par terre. C’est très inconfortable et insalubre», a déclaré un autre malade.

Durant la nuit, la plupart des visiteurs des patients doivent se presser pour s’assurer d’avoir un espace pour dormir dans les couloirs de l’hôpital. La surcharge dans les chambres, couplée aux visites familiales parfois invasives, compliquent dès lors le travail des infirmiers.

L’absentéisme du personnel soignant pose en effet problème notamment pour les malades traités à long terme qui ont besoin d’une surveillance constante et de l’aide des infirmiers de l’établissement. Les proches des patients doivent donc se relayer pour les actes élémentaires. Néanmoins, la plupart des familles ne peuvent pas toujours veiller sur eux en raison de leurs horaires de travail.

Aides-soignants professionnelles très nécessaires
 

Une formation pour des infirmières. Photo : CTV/CVN


Afin de régler ce problème, dans certains hôpitaux, des équipes de soignants non médicaux proposent d’apporter un soutien pour venir en aide aux malades. Ils sont prêts à apporter si nécessaire des soins pour n’importe quel patient pour un prix raisonnable. Seulement, ils ne respectent pas nécessairement les règles de l'art médical.

Ainsi, les familles font appel à des aides-soignants non professionnels comme Mme Nguyên Thi Bât. La charge pour chaque patient est d’environ 300.000 dôngs par jour. Depuis ses 7 ans de services bienveillants, elle a sans arrêt veillé sur des personnes atteintes de maladies bénignes. Quant aux patients touchés par les maladies graves et traités à long terme dans les hôpitaux, elle les assiste inlassablement pendant les examens médicaux, les repas ou encore l’hygiène corporelle et les massages. Chaque jour, outre la responsabilité des soins, injections, le changement des bandages ou encore les gestes d’urgence, ces aides-soignants accompagnent les malades pendant leur traitement.

La qualité des soins des proches ou des soignants comme Mme Bât n’est pas toujours sûre à cause du manque de formation dans le secteur médical. Par ailleurs, les frais de soins des patients apportés par l’hôpital sont généralement très élevés. De plus, une meilleure formation dans le savoir-faire des aides-soignants permettraient un traitement plus fiable et donc de réduire les risques de décès causés par les infections urinaires, les infections post-opératoire, ou encore la pneumonie chez les patients. Les risques de transmission des maladies diminueraient également.

À ce jour, les grandes universités médicales et les instituts médicaux forment les équipes d’aides-soignants professionnelles. Une intensification des efforts de recrutement et de la formation de ces équipes par les hôpitaux nationaux permettrait ainsi de résoudre les problèmes de surcharge, de délivrer des soins infirmiers professionnels sur les patients et d’éviter aux familles de payer davantage de frais de traitement. -CVN/VNA