Hanoi (VNA) – Benjamine d’une famille de chanteurs de cai luong (théâtre classique rénové) dans la province méridionale de Binh Duong (Sud), My Kim rêvait de devenir chanteuse. Elle figure aujourd’hui parmi les rares danseuses de feu professionnelle au Vietnam. «Le métier de danseuse de feu m’a choisi, et non l’inverse», a-t-elle expliqué.
 
Malgré les dangers inhérents à ce métier, la jeune My Kim a choisi de devenir danseuse de feu professionnelle. Photo : CTV/CVN

Enfant, My Kim avait déjà une fascination pour le feu. À l’âge de 9 ans, lors d’une tournée de son père, elle a rencontré son premier enseignant, l’artiste Nguyên Hoàng Thanh, qui lui a demandé : «Tu joues souvent avec un briquet, veux-tu apprendre à danser avec le feu ?». Elle a répondu «oui» presqu’immédiatement. Chaque été, elle a appris cet art auprès de cet enseignant. «Au début, j’avais peur de me brûler. Et puis j’ai fini par apprivoiser le feu».

À ce moment-là, ce n’était qu’une passion, un loisir. Un jour, un ami de ses parents, après avoir regardé la jeune fille danser, leur a proposé de la mettre face à un public. My Kim a connu ses premières expériences scéniques à Hô Chi Minh-Ville et dans des provinces du delta du Mékong. Au fil des années, elle s’est fait un nom et a commencé à être assez bien rémunérée. Une juste récompense pour les difficultés et le danger qui menace.

«Dans dix numéros, on se brûle au moins trois fois. Les danseuses qui arrêtent un certain temps ont souvent des accidents lors de la reprise», a fait savoir My Kim. «Avaler du feu est la technique la plus difficile et la plus dangereuse. Car, on doit garder le feu dans la bouche pendant quelques secondes, 10 au maximum. Mais une fois, je l’ai gardé 30 secondes du fait de contraintes extérieures. J’ai été obligée de manger de la bouillie et du lait pendant une semaine !».
 
My Kim souffle le chaud et le froid, la salle s’enflamme. Photo : CTV/CVN
 
Vu les interprétations spectaculaires, certaines personnes sont incrédules, et croient en un trucage. «Certains pensent que j’utilise un faux feu ou que je suis atteinte d’une maladie spéciale», a confié My Kim qui reçoit de nombreuses invitations à se produire lors d’événements festifs.

Outre les dangers inhérents à ce métier, provoqués par le contact fréquent avec le feu, l’essence, la fumée, les danseuses de feu doivent subir des préjugés sexistes parce qu’elles portent des tenues provocantes. «Mais c’est obligatoire car beaucoup de techniques ne sont réalisables qu’en étant vêtu ainsi», a confié My Kim.

Les danseuses de feu professionnelles sont environ cinq au Vietnam, toutes dans le Sud du pays - surtout à Hô Chi Minh-Ville. Malgré des difficultés et les préjugés tenaces, My Kim adore son métier et ne compte pas s’arrêter de sitôt. «J’aime faire ce que les autres n’arrivent pas à faire. Et puis l’encouragement de ma famille est une force qui me pousse à continuer», a-t-elle conclu. – CVN/VNA