mardi 22 août 2017 - 06:57:16

Mer Orientale: pas de place à la malhonnêteté sémantique

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L’installation par la Chine de sa plate-forme de forage Haiyang Shiyou-981 à l’intérieur du plateau continental vietnamien interpelle les juristes vietnamiens et étrangers. Analyse de la Voix du Vietnam.

Plusieurs experts en droit international ont avancé des arguments et produit des preuves juridiques démontrant le caractère transgressif des agissements chinois. Selon eux, la Chine a faussement interprété de manière intentionnelle la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982. Elle a agi avec une particulière mauvaise foi en transformant des zones non-contentieuses en zones litigieuses aux seules fins de s’approprier toute la Mer Orientale.

L’article 57 de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982 stipule que la largeur de la zone économique exclusive d’un pays côtier ne doit pas dépasser 200 milles marins. Le plateau continental peut être défini de quatre façons différentes mais sa largeur est systématiquement d’au moins 200 milles marins. La plate-forme chinoise Haiyang Shiyou-981 a été installée à 119 milles marins de l’île vietnamienne de Ly Son, soit incontestablement à l’intérieur du plateau continental et de la zone économique exclusive du Vietnam.

Des preuves flagrantes d’une violation sérieuse 


Photo : internet

La violation de la souveraineté vietnamienne par la Chine est donc manifeste tant au niveau juridique qu’historique. Les Chinois allèguent qu’ils ont installé leur plate-forme dans la zone maritime de Xisha. Or, il faut savoir que Xisha est le nom que les Chinois dont donné à l’archipel de Hoang Sa (Paracels) du Vietnam dont ils se sont emparés par la force, en 1974, en violant la Charte de l’ONU.

La docteure Nguyen Thi Lan Anh de l’Académie diplomatique du Vietnam, explique: « Nous savons tous qu’après 1945, suite à la Seconde guerre mondiale, la Charte de l’ONU a été élaborée dans l’objectif de maintenir la paix et la stabilité dans le monde. Ce document stipule que le maintien de la paix et le règlement pacifique des différends sont des obligations pour les pays membres qui sont même tenus de ne pas menacer de recourir à la force. En 1974, la Chine, qui était déjà membre de l’ONU, a gravement violé la Charte de l’ONU, ce qui ne peut, en aucun cas, lui donner une souveraineté légitime sur Hoang Sa.» 


Truong Sa et Hoàng Sa appartiennent au Vietnam

Le Vietnam a maintes fois affirmé ne pas reconnaître la souveraineté de la Chine sur les archipels de Hoang Sa (Paracels) et de Truong Sa (Spratleys), position qui a été suivie par la communauté internationale. C’est pourquoi, l’argument de la Chine selon lequel sa plate-forme est installée dans sa zone maritime n’a aucune valeur juridique.

Mais la Chine n’a pas seulement violé les droits souverains et de juridiction du Vietnam. Elle a encore compromis la liberté de navigation en menaçant la paix et la sécurité dans la région. Le 5 mai dernier, le Département d’Océanographie chinois a publié une interdiction de navigation dans un rayon de trois milles marins à partir de l’emplacement de la plate-forme Haiyang Shiyou-981 .

Là encore, cette décision va à l’encontre de la Convention sur le droit de la mer de 1982, affirme Nguyen Thi Lan Anh: « En déployant bateaux et avions de chasse en Mer Orientale, la Chine a porté préjudice à la liberté de navigation du Vietnam mais aussi de tous les pays au monde. Lorsque les bateaux de la police maritime vietnamienne étaient à 7-10 milles marins de la plate-forme chinoise, ils ont été intimidés et attaqués par des navires chinois, y compris militaires. N’importe quel autre bateau traversant cette zone risque de s’exposer à la même réaction brutale. La Mer Orientale est une zone d’échanges importante du monde. Et si tous les bateaux qui naviguent par là sont entravés de cette façon, il s’agit alors d’une violation de la liberté de navigation, un droit prévu par l’article 58 de la Convention sur le droit de la mer de 1982.»