Autant de catastrophes qui affectent fortement la culture vivrière et la vie des habitants et qui soulèvent cette grande question : comment agir contre le changement climatique ? Le contre-la-montre est lancé.

De violents orages de grêle ont frappé il y a peu les provinces du Nord. Le Sud, le Centre et les Hauts plateaux sont eux confrontés à d’autres problèmes, pas moins préoccupants avec la sécheresse, l’invasion et infiltration de l’eau salée dans les terres. Les provinces montagneuses du Nord et du Centre ont récemment essuyé de violents orages de grêle mêlés de fortes rafales de vent, lesquels ont ont provoqué d’importants dégâts.

Dans la nuit du 26 au 27 mars, un violent orage de grêle s’est abattu sur la province de Lao Cai, faisant 30 blessés. Cet épisode météo a endommagé plus de 11.000 maisons et des milliers d’hectares de cultures vivrières et de vergers. Les dégâts sont estimés à 70 milliards de dôngs. «Observer des grêlons d'un diamètre de 1 cm à 2 cm en moyenne - et de 10 à 14 cm pour les plus gros - s’abattre pendant une vingtaine de minutes est un phénomène rare», a affirmé Lê Thanh Hai, directeur adjoint du Centre national de météorologie et d'hydrologie.

Les modifications du climat ont aussi un impact considérable sur les provinces du Sud, du Centre et des hauts plateaux. Le niveau des lacs de retenue au Centre atteint en moyenne seulement 20% du niveau maximal. Des milliers d’hectares de rizières dans les province de Soc Trang, Tien Giang, Ben Tre… risquent d’être détruits en raison de la sécheresse, mais aussi de l’invasion de l’eau salée qui s’infiltre dans les sols et de plus en plus loin du littoral. Et il est aujourd’hui difficile d’apprécier les risques dans la mesure où cette canicule devrait se poursuivre jusqu’à fin avril.

Dans le delta du Mékong, les catastrophes naturelles menacent la vie quotidienne et la sécurité alimentaire. Si le niveau de la mer s’élève d’un mètre, 70% de la superficie des rizières sera rendue incultivable, soit environ deux millions d’hectares, et de vastes zones resteront immergées.

Des solutions, et vite !

La lutte contre le changement climatique était à l’ordre du jour d’une réunion organisée par le ministère vietnamien des Ressources naturelles et de l'Environnement, en collaboration avec la Commission de propagande et d'éducation du CC du PCV. Objectif : établir un projet de solutions contre ce phénomène. 



Les habitants dans la province de Phu Yên (Centre) déplorent une grave sécheresse.

D’après le vice-président du Comité populaire de la ville de Hanoi, Vu Hông Khanh, et le chef du bureau du changement climatique de la province de Cân Tho, le docteur Ky Quang, les populations rurales ne sont pas bien au fait des dangers du changement climatique. Pourqu’ils puissent s'adapter à cette situation, il faut les informer clairement des menaces qui pèsent sur leur vie.

Toutefois, «la politique d'adaptation au changement climatique doit être en adéquation avec les habitudes des habitants locaux. L’application des politiques et la restructuration de l’agriculture doivent se baser sur les caractéristiques géographiques de chaque région», a précisé le président adjoint de l’ l'Association de protection de la nature et de l'environnement, le Pr. docteur Dang Huy Huynh.

D’après le vice-ministre des Ressources naturelles et de l'Environnement, le gouvernement encourage également les investissements dans l'environnement, les projets de développement durable, et appelle les pays partenaires à apporter des soutiens techniques et financiers dans la résilience au changement climatique.

Les experts estiment que le Vietnam doit accorder la priorité au développement de l’agriculture et de l'alimentation en eau potable dans les zones rurales pour éviter la surexploitation des ressources naturelles (eau, forêt...), et publier des politiques de sécurité alimentaire durable prioritaires destinées aux populations défavorisées. – VNA