De nombreux investissements vietnamiens à l’étranger sont rentables, générant des bénéfices rapatriés au Vietnam, indique Dô Nhât Hoàng, directeur du Département de l’investissement étranger relevant du ministère du Plan et de l’Investissement.

En 2012, les entreprises vietnamiennes à l’étranger ont transféré au Vietnam environ 430 millions de dollars de bénéfices, tel le Groupe des télécommunications de l’Armée (Viettel) qui a réalisé un profit de 77 millions de dollars, ou encore le Groupe national du pétrole et du gaz du Vietnam (PetroVietnam) qui a rapatrié 360 millions de dollars en 2012.

Premiers sucès de FPT et Hoàng Anh Gia Lai

Le groupe FPT a créé son Centre d’exportation de logiciels en Inde et aux États-Unis. Il est présent dans 11 pays et territoires. En 2012, FPT a réalisé un chiffre d’affaires de 90 millions de dollars à l’étranger et, selon les prévisions, ses bénéfices représenteront 30% de tous ceux du groupe.

Hoàng Anh Gia Lai a réalisé ses premiers bénéfices avec ses deux projets du Laos, une sucrerie et une centrale thermique situées dans la province d’Attopeu. Ce groupe a également lancé deux autres projets dans ce pays, une usine d’éthanol d’une capacité annuelle de 30.000 tonnes et une autre d’engrais, de 50.000 tonnes de produits par an.

Selon Dô Nhât Hoàng, directeur du Département de l’investissement étranger, l’activité des entreprises vietnamiennes à l’étranger contribue au développement socioéconomique du Vietnam sur le court comme sur le long terme. L’investissement dans la création de centrales électriques au Laos et au Cambodge participera directement à assurer la sécurité énergétique du Vietnam.

En général, les projets autorisés sont ceux qui permettent un renforcement de l’intégration du pays à l’économie mondiale en l’impliquant dans la chaîne mondiale de production et de distribution. Autant dire que la poursuite de tels investissements est plus que nécessaire pour le pays, affirme Dô Nhât Hoàng. Les projets d’investissement à l’étranger ont par ailleurs contribué à créer des milliers d’emplois pour les Vietnamiens, ainsi que des centaines de milliers d’autres pour les populations locales.

Durant le premier trimestre 2013, 22 projets d’investissement à l’étranger d’entreprises vietnamiennes représentant 720,7 millions de dollars ont reçu une licence. Cinq autres projets ont augmenté leur investissement initial de 1,9 mil-liard de dollars, notamment le joint-venture Rusvietpetro du PetroVietnam , qui a vu ses fonds portés à 1,4 milliard de dollars. Ce sont donc 2,65 milliards de dollars qui ont été investis à l’étranger ce premier trimestre. Les entreprises vietnamiennes ont investi dans 12 pays et territoires du monde, en Russie d’abord avec 1,4 mil-liard de dollars (52,7%), puis au Laos (20,1%) et au Myanmar (11,3%)...

Fin mars 2013, les entreprises vietnamiennes comptaient 742 projets d’investissement à l’étranger cumulant 15,5 mil-liards de dollars de capitaux enregistrés. Ces projets se concentrent dans l’exploitation de produits minéraux (99 projets pour 4,6 milliards de dollars), suivis de l’agriculture et de la sylviculture (1,9 milliard), puis de la production d’électricité (1,8 milliard). Les entreprises vietnamiennes sont présentes dans une soixantaine de pays et territoires, notamment au Laos, au Cambodge, en Russie et au Venezuela. Les capitaux décaissés ont atteint 3,8 milliards de dollars, dont environ 2,9 milliards dans le secteur du pétrole.

Viettel dans sept pays

Viettel devrait obtenir cette année des autorisations d’investissement dans la téléphonie mobile de deux ou trois pays. Son objectif d’ici 2015 est de s’implanter dans 10 à 15 pays. 


Unitel, coentreprise de la compagnie Viettel au Laos, a décroché le prix «Meilleure compagnie des télécommunications dans les marchés émergents», lors du concours mondial des télécommunications 2012.  Photo: Hoàng Chuong/VNA


En 2012, Viettel s’est vu accorder des licences d’investissement au Cameroun et au Timor-Leste. Il investit donc désormais dans sept pays, les cinq autres étant le Cambodge, le Laos, Haïti, le Mozambique et le Pérou, pour un total d’environ 110 millions d’abonnés. Ses réseaux Metfone au Cambodge, Unitel au Laos, Natcom en Haïti et Movitel au Mozambique ont plus de 60 millions de clients. Le groupe poursuit sa stratégie de développement de ses activités à l’étranger, dans le but de porter le nombre de ses clients à 400 - 500 millions d’ici 2015.

Selon Lê Dang Dung, directeur général adjoint de Viettel, l’Afrique est un marché stratégique. Après le Mozambique où son réseau Movitel a dégagé de premiers bénéfices six mois seulement après son ouverture, il en développe un autre en Tanzanie suite au rachat de 65% des titres de la société Epocha & Golden Ocean Tanzania Limited (Egotel), et prépare par ailleurs son implantation au Mali. Le groupe vise aussi le Myanmar, le Bangladesh, Cuba, le Venezuela, le Paraguay et même la RPD de Corée.

Nguyên Manh Hung, directeur général adjoint de Viettel, indique que le chiffre d’affaires du service de téléphonie mobile de son groupe à l’étranger en 2012 s’est établi à 734 millions de dollars, ce qui représente une croissance annuelle de 41%, et des bénéfices de 77 millions de dollars rapatriés au Vietnam, soit quatre fois plus qu’en 2011. Depuis son premier projet au Cambodge en 2006, Viettel a investi au total 175 millions de dollars et dégagé des bénéfices de 120 millions de dollars.

Pour se faire une belle place à l’étranger

Les marchés qui l’intéressent sont les pays en voie de développement. Un responsable de Viettel a expliqué cette stratégie par la difficulté d’accès aux marchés développés qui sont déjà dominés par de grands opérateurs dans un milieu fortement concurrentiel. Toutefois, son implantation sur des marchés moins développés représente autant d’intérêt que de défis. « Si l’on optimise les coûts d’investissement et si l’on travaille plus que les autres, on peut se faire une belle place dans les pays en voie de développement », a-t-il expliqué.

Viettel sera présent dans 10 à 15 pays d’ici 2015 dans le but de réaliser un chiffre d’affaires de 2 milliards de dollars. En 2010, l’étranger ne représentait que 7% du chiffre d’affaires du groupe, contre 9% en 2011 puis 11% en 2012, et une estimation de 15% pour cette année. L’investissement à l’étranger est une stratégie, un moyen d’assurer une croissance et un développement durable de Viettel, estime Duong Van Tinh, son directeur général adjoint. En ce qui concerne ses affaires à l’étranger, Viettel se concentre surtout dans les télécommunications, son point fort, mais compte aussi exploiter d’autres segments comme la fourniture d’équipements terminaux, de contenus numériques, ou encore les réseaux de télévision par câble. - VNA