Hanoi (VNA) - La Fête printanière de la calligraphie 2017 s’est ouverte samedi 21 janvier à Hanoï, au domaine du lac Van du Temple de la Littérature. Dans 50 pavillons en bambou bien décorés, une centaine de calligraphes montrent leur savoir-faire.
 
Cérémonie d'ouverture de la Fête printanière de la calligraphie, samedi 21 janvier au Temple de la Littérature à Hanoï. Photo: CVN
Comme chaque année à l’occasion du Nouvel An lunaire, pour honorer cet art qu’est la calligraphie de même que la tradition de demander aux vieux lettrés des idéogrammes, le Service de la culture et des sports de Hanoï organise la Fête printanière de la calligraphie. Cette année, l’événement se tient du 21 janvier (24ejour du 12e mois lunaire de l’Année du Singe) au 11 février (15e jour du premier mois lunaire de l’Année du Coq).

Une belle calligraphie pour réenchanter l’avenir

Une centaine de calligraphes - venus des 14 clubs de  calligraphie de Hanoï et de provinces voisines - sont installés par binôme dans chaque pavillon. Parmi eux,  des octogénaires et nonagénaires chevronnés dont Cung Khac Luoc, Nguyên Thê Anh, Nguyên Thê Luc, Nguyên Nhu Phach, Nguyên Minh Châu.

«Cette année, outre les calligraphes qui avaient participé aux deux éditions précédentes, nous en avons admis dix nouveaux, sélectionnés lors de concours en 2016», a informé Lê Xuân Kiêu, directeur du Centre des activités culturelles et scientifiques de Van Miêu - Quôc Tu Giam, membre du comité d’organisation.
  
Les gens y affluent pour demander aux lettrés des calligraphies dans l’idée de s’attirer la bonne fortune.
Devant le pavillon du calligraphe Cung Khac Luoc, Mme Liên, 40 ans, domiciliée dans l’arrondissement de Dông Da, s’enthousiasme : «C’est la 2e année que je viens à cette fête. Je voudrais demander au calligraphe les idéogrammes Thọ (Longévité) pour mes parents, Trí (Intelligence) pour mes petits-enfants et Phúc (Bonheur) pour toute ma famille».

Pas mal de jeunes calligraphes sont présents. Ils viennent d’horizons divers mais ont tous en commun une passion pour cet art. À côté des pavillons, sont exposées 30 œuvres en han (idéogrammes chinois), nôm (idéogrammes sino-vietnamiens) et quôc ngu (vietnamien romanisé). Des créations de différents clubs hanoïens. Elles illustrent de belles pensées et des vers de poèmes. À cette occasion, le comité d’organisation a remis des prix aux meilleures œuvres. 
 
Des œuvres en han (idéogrammes chinois) et nôm (idéogrammes sino-vietnamiens) exposées à la Fête. Photo: CVN

Préserver une belle et noble tradition

Chaque année, cette Fête printanière de la calligraphie de Hanoï attire un public nombreux. Chacun espère repartir avec une belle calligraphie qui donnera un coup de pouce à son destin dans un domaine qui lui tient particulièrement à cœur (amour, travail, études, santé etc). Elle offre aussi un espace artistique où les calligraphes peuvent se rencontrer et échanger.

C’est aussi l’occasion de présenter une belle et noble tradition vietnamienne tombée en désuétude durant des décennies, celle de venir demander de jolis idéogrammes aux lettrés à l’occasion du Têt. Les calligraphes, version moderne des lettrés d’autrefois, sont, dans une certaine mesure, des humanistes qui offrent des présents sous formes d’harmonieux tracés.
 
Un calligraphe à l’œuvre. Photo: CVN
Selon le calligraphe Nguyên Ngoc Tâm, les caractères Tâm (Cœur), Phúc (Bonheur), Đức (Vertu), Trí (Intelligence), Nhẫn (Patience), Thọ (Longévité) sont les préférés. «Beaucoup d’écoliers et d’étudiants me demandent les caractères Trí et Đức pour avoir du succès dans leurs études. Quand je suis au travail, ils m’observent attentivement», confie-t-il.     

La calligraphe exige une connaissance parfaite de son matériel. Aucune retouche n’est possible. D’où l’importance de la préparation psychologique et même des effets de mise en scène qui l’accompagnent parfois. C’est la vigueur du coup de pinceau qui compte. Bien plus qu’une technique de peinture, c’est le perfectionnement moral et culturel que le calligraphe cherche à atteindre. – CVN/VNA