Lai Châu (VNA) - Les ethnies minoritaires possèdent un trésor culturel inestimable qui contribue à enrichir et diversifier la culture nationale. Ces dernières années, la province de Lai Châu (Nord) a appliqué une série de mesures pour préserver la culture traditionnelle de l’ethnie Công.
 
Lors de la fête Ngô de l’ethnie Công, dans la province de Lai Châu. Photo : VNA


L’ethnie minoritaire Công est constituée d’à peine plus de 2.000 personnes réparties essentiellement dans deux communes : Nâm Khao et Kan Hô (district de Muong Tè, province de Lai Châu). Malgré une population réduite, elle transmet de génération en génération une culture tout à fait unique.

Ces dernières années, grâce aux préoccupations du Parti, de l’État, des autorités locales, la vie matérielle et culturelle de l’ethnie Công mais aussi des autres ethnies du district de Muong Tè a évolué dans le bon sens.

À la recherche du passé...

Outre l’assistance matérielle, le district de Muong Tè a axé sa priorité sur la préservation et la valorisation des traits culturels particuliers des Công. De nombreux ouvrages de recherche sur les patrimoines culturels, l’art folklorique des ethnies minoritaires peu représentées - comme celle dont traite cet article mais aussi les Si La, La Hu - ont été publiés.

Ainsi, chez les Công, beaucoup d’us et coutumes, d’airs folkloriques, de fêtes traditionnelles ont été restitués, contribuant à préserver, valoriser et diversifier la culture des ethnies établies dans le district de Muong Tè.

Exemple dans les communes de Nâm Khao et de Kan Hô, où deux fêtes traditionnelles ont été restaurées : la cérémonie de prière pour le hameau et la fête Ngô (maïs). La première n’est pas seulement un acte spirituel, c’est aussi l’une des activités culturelles communautaires essentielles pour la cohésion sociale du groupe.

La cérémonie de prière pour le hameau est effectuée chaque année durant le 4emois lunaire, avant le lancement d’une nouvelle campagne agricole. Un rite indispensable. On invoque les Génies de l’Eau et de la Forêt pour des récoltes abondantes et pour que les habitants du hameau ne soit pas victimes d’un accident.
 
Ces dernières années, les conditions de vie de l’ethnie Công ont évolué dans le bon sens. Photo : VNA
 
La seconde, la fête Ngô, est organisée chaque année le premier jour du 6e mois lunaire. Des offrandes - fabriquées à base de maïs et de produits forestiers - sont adressées au Ciel, à la Terre et aux divinités pour les remercier de la protection qu’ils prodiguent aux locaux. Lors de ces fêtes, les Công se réunissent dans et autour de la maison commune pour se prêter à des numéros artistiques et participer aux jeux traditionnels.   

... pour mieux appréhender l’avenir

À ce propos, de nombreuses troupes artistiques ont été montées pour la préservation des airs folkloriques et/ou des danses traditionnelles, qui se produisent lors de ce type d’événements ou des échanges entre les hameaux. Les communes de Nâm Khao et Kan Hô en comptent quatre à ce jour.

La restauration des traits culturels traditionnels de l’ethnie Công a obtenu des résultats plutôt convaincants. Afin d’aller plus avant, Tông Van Duong, vice-président du Comité populaire du district de Muong Tè, affirme que le district continuera d’investir, de restaurer et de préserver ces patrimoines historiques et culturels. L’idée est de privilégier la reconstitution des ouvrages culturels importants et de former un contingent de cadres chargés de la culture.

Il s’agira également de réserver, simultanément, un budget aux activités culturelles ainsi qu’aux recherches scientifiques - notamment archéologiques - pour en apprendre plus sur le passé des ethnies établies dans ce district, dont des traces datant de 5.000-6.000 ans ont été découvertes lors de fouilles récentes. 

Les Công en bref
 
Les Công sont l’une des cinq ethnies les plus démunies du pays. Ils vivent essentiellement dans les provinces de Lai Châu et Diên Biên (Nord). Habitant dans des maisons sur pilotis, ils pratiquent essentiellement de l’agriculture sur brûlis. La cueillette joue un rôle très important dans leur vie et ils excellent dans la fabrication des nattes en rotin teintées en rouge et des objets en bambou. Les Công s’habillent comme les Thai. Certaines familles conservent encore des vêtements traditionnels confectionnés. Les cheveux noués en chignon au-dessus de la tête est le signe distinctif d’une femme Công mariée. Ils pratiquent le culte des ancêtres – CVN/VNA.