Hanoi (VNA) - Le projet d’«Envoi de jeunes diplômés dans 64 districts démunis pour assumer le poste de vice-président du Comité populaire du ressort communal» apporte une vraie plus-value à ces régions. Les volontaires sont affectés en fonction de leurs compétences et des besoins.

Armés d’une solide volonté de faire avancer les choses, les jeunes diplômés sont de grands acteursdu développement socio-économique local. Photo :Archives/CVN

 Du sang neuf et des compétences pour accélérer le travail contre la pauvreté. C’est là le principal objectif du projet d’«Envoi de jeunes diplômés dans 64 districts démunis pour assumer le poste de vice-président du Comité populaire du ressort communal», lancé en 2011 et en vigueur jusqu’en 2016. Depuis son instauration, 580 jeunes diplômés se sont portés volontaires, mission pour laquelle ils sont rémunérés.

Une expérience enrichissante

Selon le ministère de l’Intérieur, le bilan provisoire après plus de trois ans est bon. La plupart des jeunes diplômés ont en effet répondu à ce que l’on attendait d’eux. Armés d’une solide volonté de faire avancer les choses, ils sont de grands acteurs du développement socio-économique local. Ils ont proposé ou participé à des projets visant à changer les méthodes d’élevage, de culture, à mettre un terme aux us et coutumes arriérés notamment dans l’organisation des noces ou des fêtes, ainsi qu’à mieux protéger l’environnement.

Exemple dans la province de Nghê An (Centre), qui accueille 26 jeunes diplômés pour assumer la vice-présidence d’autant de communes réparties dans les districts démunis de Quê Phong, Tuong Duong et Ky Son.

Sitôt en poste, tous sont allés sur le terrain pour étudier les méthodes de production en place, les us et coutumes des populations avant de proposer aux autorités locales des solutions efficaces pour le développement socio-économique.

Hà Minh Tuân est le vice-président du Comité populaire de la commune de Châu Kim, district de Quê Phong. Il est à l’initiative du plan de structuration agricole pour les terres mal exploitées de la localité. La proposition adoptée, le Comité populaire de la commune a planté à titre expérimental de la canne à sucre et des légumes. Seules deux familles étaient concernées, avec 1,5 ha de cannes à sucre et une parcelle de culture intensive de légumes sur des terres laissées en friche. À ce jour, la canne à sucre couvre 19,5 ha, avec à la clef un revenu assez élevé - et surtout stable - pour les agriculteurs. Une réussite qui a valu à Hà Minh Tuân d’être élu membre du Comité exécutif de l’organisation du Parti de la commune.

À sa prise de fonctions, la jeune Bùi Thi Lâp, vice-présidente de la commune de Bum Nua, district de Muong Tè, province montagneuse de Lai Châu (Nord), ne connaissait rien de la langue et des us et coutumes des ethnies minoritaires. Pas suffisant pour la faire renoncer. Trois ans plus tard, elle peut communiquer sans difficulté avec les locaux et connaît leurs pratiques. Elle les a aidés à développer la  production et à se débarrasser de leurs coutumes d’un autre temps. Elle aussi a été élue au Comité exécutif de l’organisation du Parti, à Bum Nua, et espère briguer le poste de vice-présidente du Conseil populaire de la commune. 

Et les exemples sont légion. Ce qui fait dire à Trân Khanh Thuc, chef du Bureau de la formation et du perfectionnement des jeunes du Service de l’intérieur de la province de Nghê An, que «ce projet est une option juste et conforme du Parti afin de renforcer le contingent de jeunes cadres et d’aider les localités démunies à achever dans les meilleurs délais le programme d’éradication de la pauvreté, conformément à la résolution du gouvernement sur la question».

Des jeunes volontaires de l’École polytechnique de Hô Chi Minh-Ville construisent une route rurale dans la commune de Dai Diên, district de Thanh Phu, dans la mégalopole du Sud. Photo : Thu Hiên/VNA/CVN

Les résultats encourageants de ces diplômés ne leur garantissent cependant pas un poste après la fin du projet, en 2016. Trân Diêp Trùng Duong, originaire de la province de Thua Thiên Huê (Centre), est vice-président de commune de Quê Son, province de Nghê An depuis 2010. Il souhaite rester travailler ici sur le long terme une fois le projet terminé.

Des lendemains incertains

Mais tout n’est pas si simple. Le Service de l’intérieur de la province de Nghê An s’inquiète de l’avenir professionnel de ces jeunes s’ils ne sont pas embauchés sur place d’ici la fin du projet. C’est pourquoi, le gouvernement doit publier des politiques concrètes afin de favoriser le recrutement des jeunes volontaires ayant effectué leur mission pendant trois ans ou plus à l’issue de ce projet. Il est nécessaire de leur trouver un poste conforme à celui qu’ils occupent aujourd’hui, à condition, bien sûr, qu’ils souhaitent prolonger l’expérience dans leur localité d’affectation.

De son côté, Nguyên Minh Tang, directeur du Service de l’intérieur de la province de Lai Châu, estime que le ministère de l’Intérieur devrait élaborer des politiques spécifiques afin d’assurer les intérêts des jeunes diplômés avant de les soumettre au gouvernement.  

Vi Van Dung, chef-adjoint du Bureau de l’intérieur du district de Quê Phong (Nghê An) informe que le district accueille cinq jeunes diplômés. Eux aussi sont de grands contributeurs au développement socio-économique de la localité. Cependant, Quê Phong ne peut, à ce jour, leur garantir un emploi une fois le projet arrivé à échéance, de nombreux jeunes locaux ayant eux-mêmes des difficultés à trouver du travail au sortir de l’école.

Et de conclure : «Le gouvernement doit publier des politiques spécifiques pour privilégier le recrutement après 2016 de ces jeunes diplômés qui ont et auront acquis, lors de leur mission, une expérience irremplaçable». -CVN/VNA