Le Sakura fleurit sur la terre historique de Muong Phang, dans la province de Diên Biên. À part le Japon, peu d’autres pays comme le Vietnam sont parvenus à cultiver ce cerisier ornemental, symbole de beauté éphémère au Japon.

En arrivant dans la province de Diên Biên (Nord), les touristes ont toujours en tête le nom de la forêt de Muong Phang, où fût installé le poste de commandement de l’Armée populaire du Vietnam lors de la fameuse bataille de Diên Biên Phu. Mais peu d’entre eux savent que sur un îlot du lac Pa Khoang, se trouve un jardin de cerisiers Sakura, symbole des relations d’amitié entre le Vietnam et le Japon.
L’îlot des cerisiers

Selon Pham Duc Hiên, directeur du Service provincial de l’agriculture et du développement rural, «si beaucoup de personnes savent que le cerisier du Japon est cultivé à Hanoi, à Dà Lat (province de Lâm Dông, hauts plateaux du Centre ) et à Sa Pa ( province de Lào Cai, Nord ), rares sont ceux qui connaissent Muong Phang en tant que terre à Sakura». 

Une touriste japonaise prend des photos de cerisiers en fleur à Muong Phang. Photo: VNA

Pour accéder à l’îlot des cerisiers, il faut faire près de 20 km sur la route reliant Diên Biên Phu au lac Pa Khoang, puis prendre un canot pendant dix minutes. De la rive, on voit à quelques centaines de mètres une colline rose. Ce sont près de 500 arbres en fleurs qui sont plantés là, certains hauts de 6 ou 7 m. Ils sont de la variété Higan Sakura, symbole de beauté éphémère au Japon. La vie est considérée comme belle et courte, un peu comme une fleur de cerisier...

De tous les visiteurs qui ont débarqué sur cet îlot, les plus enthousiastes ont été sans contexte les experts japonais participant à divers projets d’assistance au développement de la province de Diên Biên. Hiro Miyazono, expert de la JICA Tokyo et chef de la délégation d’évaluation à mi-mandat du projet Susform-Now, a déclaré : «Au milieu de ce jardin de cerisiers, je me suis senti comme chez moi. Des 50 pays étrangers où j’ai travaillé, seuls trois, les États-Unis, le Kenya et le Vietnam, cultivent des Sakura. Ceux du Kenya, reproduits par les experts japonais, donnent peu de fleurs. La variété de Muong Phang a été importée et cultivée par un Vietnamien. Un symbole des relations d’amitié florissantes entre les deux peuples et les deux pays».

Tout a commencé par dix semences

C’est Trân Lê, 66 ans, directeur de la Compagnie par actions des technologies agricoles et sylvicoles de Muong Phang, qui est le propriétaire de ce jardin.

Un partenaire japonais exporta-teur de produits agricoles lui a offert un jour dix graines. L’homme d’affaires vietnamien a alors décidé de les planter à Muong Phang. De ces dix semences, il a obtenu neuf plants. Il en a offert cinq à son partenaire japonais, conservant les quatre autres sur l’îlot. Trois années après, ces cerisiers ont commencé à donner des fruits et, en semant les graines, il est parvenu au nombre remarquable de près de 500 pieds.