Hanoi, 5 février (VNA) – Le ministère de la Santé a appelé jeudi 4 février à une vigilance accrue face à la propagation du virus Zika dans le monde, recommandant aux habitants de différer d’éventuels voyages dans les régions touchées par cet agent infectieux.

La ministre de la Santé Nguyên Thi Kim Tiên contrôle l’application des mesures de prévention contre le virus Zika à l'aéroport international Tân Son Nhât. Photo: VNA

Le Vienam n’a détecté aucun cas de contamination jusqu’à présent, mais les risque de propagation du virus Zika sont grands, a mis en garde la ministre de la Santé Nguyên Thi Kim Tiên qui est venue contrôler l’application des mesures de prévention contre le virus Zika à Hô Chi Minh-Ville.

Transmis par piqûres de moustiques du genre Aedes aegypti et de moustiques tigres, et responsable potentiel de graves malformations du fœtus, le virus est réapparu pour la première fois au Brésil en mai 2015 et circule désormais dans 23 pays du continent américain, et les Caraïbes.

Le virus Zika constitue « une urgence de santé publique de portée mondiale», a décrété lundi 1er février l’Organisation mondiale de la santé (OMS), une qualification officielle qui devrait accélérer la recherche scientifique et l’action internationale contre le virus qui va continuer à s’étendre dans les prochaines semaines.

En raison du flux de passagers, estimé à environ 700 personnes par mois, en provenance d’Amérique du Sud en transit par l’aéroport international Tân Son Nhât, les risques d’apparition du virus Zika s’avèrent latents dans les provinces et villes méridionales, a estimé la ministre Nguyên Thi Kim Tiên.

Si une telle menace se précise, selon la responsable, les risques de propagation de la maladie dans la communauté seraient très grands dans le Sud où étaient signalés durant ces dernières années 80% des cas de dengue, maladie due à un virus transmis par les moustiques de la famille des Aedes.

La multiplication des déplacements des personnes et le transport des marchandises, notamment à l’occasion du Nouvel An lunaire, a aussi fortement compliqué la tâche des services de contrôle sanitaire.

A l’aéroport international Tân Son Nhât, des panneaux ont été installés au terminal d’arrivée, des caméras thermiques ont été activées pour détecter la présence de fièvre chez les passagers en provenance des régions affectées. Des employés du Centre de quarantaine municipal ont fumigé jeudi soir les zones de l’aéroport.

NDes moustiques Aedes aegypti, vecteurs du virus Zika, observés à l'Institut de sciences biomédicales, à Sao Paulo, au Brésil, début janvier 2016. Photo: AP
Comme près de 80 % des personnes infectées par le virus Zika ne présentent aucun symptôme, la prévention et la lutte contre la maladie devraient s’effectuer rigoureusement à trois niveaux : contrôle aux portes-frontières, contrôle de l’infection pour les soins aux cas suspects et contrôle et contrôle ciblé de la maladie, a indiqué le maître de recherches-Docteur Phan Trong Lân, directeur de l’Institut Pasteur de Hô Chi Minh-Ville.

Il n’existe pas, pour l’heure, de traitement curatif ni de vaccin contre cette maladie. Les seuls traitements consistent à réduire les douleurs par la prise d’antalgiques. Le Brésil a cependant annoncé, samedi 16 janvier, un test pour diagnostiquer en même temps les virus de Zika, du chikungunya et de la dengue. Il sera appliqué en priorité aux femmes enceintes.

La meilleure prévention contre ces insectes et leurs gîtes larvaires consiste à se protéger contre les piqûres en portant des vêtements couvrants et des répulsifs (le moustique tigre pique surtout en début et en fin de journée), en installant des moustiquaires et en évitant de laisser des lieux de ponte, c’est-à-dire tout récipient contenant de l’eau stagnante : vases, matériel de jardin, pneus, flaques d’eau, piscines à l’abandon, etc. – VNA