Hanoi (VNA) - Les activités d’élargissement des îles et la militarisation de la Mer Orientale par la Chine ont récemment suscité l’inquiétude de la communauté internationale dont les pays du Sud-Est asiatique.

Depuis la création de sa communauté, l’Association des nations de l’Asie du Sud Est (ASEAN) a pris plus fortement conscience de son rôle dans le règlement du contentieux en mer Orientale. Ce dossier ne concerne plus seulement les pays réclamant leur souveraineté mais tous ceux ayant des intérêts dans cette zone maritime vitale. L’ASEAN semble ne plus hésiter à  introduire ce sujet dans les discussions.
 
L’ASEAN plus solidaire

Le conflit territorial a constitué un sujet majeur lors du sommet Etats-Unis - ASEAN de février 2016, mais la déclaration commune ne nommait pas pas directement la Mer Orientale. Les deux parties ont appelé au respect de la souveraineté de chaque pays et du droit international. Certains experts avaient estimé que ne pas avoir mentionné nommément la Chine dans la déclaration témoignait de l’absence d’unité au sein de l’ASEAN.    

Photo: VNA

Or, une semaine plus tard, lors de la Conférence restreinte des ministres des Affaires étrangères de l’ASEAN, le 27 février à Vientiane au Laos, les ministres aséaniens ont fait une déclaration plus forte.

Lors de cette rencontre, ils ont abordé les modalités pour résoudre les litiges en mer Orientale, affirmant qu’ils devaient être réglés pacifiquement en privilégiant les mécanismes diplomatiques et juridiques et en évitant de recourir à la force ou d’y menacer.

Le Van Cuong, ancien directeur de l’Institut d’études stratégiques (ministère de la Sécurité publique) estime que cette prise de position est une avancée de l’ASEAN.

«Nous pensons qu’il s’agit d’une réaction positive. Les 10 pays membres de l’ASEAN partagent le même sort. L’ASEAN occupe une place importante sur le plan économique et dans le contexte  actuel, elle doit renforcer son rôle et sa stature au niveau régional et international», dit-il.

Dans un communiqué de presse, l’ASEAN s’est aussi déclaré préoccupée par les évolutions compliquées en Mer Orientale, dont l’élargissement de grande envergure et l’accroissement des activités portent atteinte à la paix, à la sécurité et à la stabilité dans la région et a  appelé à la non militarisation et à la retenue.

Nguyen Vu Tung, de l’Institut de la Mer Orientale, estime: «La description de la situation en Mer Orientale devient plus franche. Cela traduit l’escalade de la tension dans cette zone. Les agissements de la Chine vont à l’encontre du droit international dont la Convention des nations unies sur le droit de la mer de 1982 et des déclarations politiques bilatérales et multilatérales. Les pays de l’ASEAN considèrent ces agissements comme indignes d’une grande puissance, ils détériorent les relations de bon voisinage et altèrent la confiance des pays du monde.»

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L’organisation d’un débat ouvert sur le dossier de la Mer Orientale appuyé par un communiqué de presse témoigne de la volonté du Laos, président de l’ASEAN en 2016, dans le règlement de cette question.

Le vice-Premier ministre et ministre laotien des Affaires étrangères Thongloun Sisoulith avait  indiqué qu’en tant que président tournant de l’ASEAN, son pays oeuvrerait avec les pays membres de l’ASEAN à resserrer la coopération entre la Chine et l’ASEAN dans l’objectif de poursuivre la mise en oeuvre de la Déclaration sur la conduite des parties en Mer Orientale et d’accélérer l’élaboration d’un code de conduite en Mer Orientale.

En sa qualité de coordinateur des relations ASEAN-Chine en 2016, Singapour s’est aussi engagé à soutenir la création du Code de conduite en mer Orientale pour réduire les tensions et éviter les conflits.

S’unir et valoriser le rôle central de l’ASEAN

Les activités de militarisation successives déployées en mer Orientale attisent les tensions et menacent la stabilité régionale et internationale. Alors que doit faire l’ASEAN pour tenter de contrôler et de résoudre cet épineux dossier ? Il semble plus que jamais que la solidarité et l’unité entre les pays membres doivent être portées au premier rang pour permettre à l’association de jouer un rôle significatif dans le développement de la région et le traitement des défis mondiaux. – VOV/VNA